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L’écouteuse de trépassés

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Dans cette région qui s’étend de La Roche-Bernard à Vannes, les paysans de la lande et les pêcheurs de la grève gardent aux défunts un souvenir d’autant plus inaltérable que nul d’entre eux ne croit à la mort définitive. 

Il est admis que les trépassés reviennent, qu’ils se promènent dans les maisons et surveillent tous les actes de leurs descendants. Ce culte influe sur les décisions des vivants qui n’osent rien entreprendre sans avoir sollicité l’approbation des ancêtres. Aussi, existe-t-il, dans les hameaux qui entourent Ploërmel, de pieuses pauvresses dont l’exode, de chaumière en ferme, n’est qu’une perpétuelle patenôtre et qui ont conquis un pouvoir redoutable : celui d’écouter et de comprendre les trépassés dans tous les actes importants de la vie.  

Elles sont consultées par les paysans et les pêcheurs et elles servent d’intermédiaires entre les vivants et les morts dont elles font connaître les décisions.

L’une d’entre elles, Corentine Le Clech, écouteuse de trépassés depuis plus de trente ans, qui venait de  doubler le cap de la quatre-vingt-septième année, a été trouvée rigide dans le cimetière d’un village voisin de Ploërmel : elle était morte dans son champ d’expériences,  emportant dans l’au-delà le respect que les habitants de cette région attachent à la fonction de confidente des morts. 

« L’Écho du merveilleux. » Paris, 1913.
Peinture : Georges Belnet.

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Le chasseur noir

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On le voit près du château d’Entre-deux-Monts, commune de Concœur tout vêtu de noir, monté sur un cheval noir, et entouré d’une meute couleur d’ébène. Il chasse toutes les nuits, qu’elles soient claires ou sombres.

Les habitants de Pagny racontent que leurs ancêtres, chaque nuit qui précédait la fête de Noël, entendaient très distinctement, dans la direction du bois de Chassagne, l’amiral Chabot chassant le cerf dans ses forêts. Chacun pouvait parfaitement distinguer le son du cor, la voix des chiens, et même le galop des chevaux. Cette chasse nocturne était une punition divine infligée à l’amiral parce qu’assistant une fois à la messe de minuit dans sa chapelle de Pagny, et ayant appris qu’un cerf venait de passer près de là, il quitta le service divin pour aller le chasser.

Si le même bruit ne se fait plus entendre aujourd’hui à pareille époque, c’est que le temps que devait durer ce châtiment est expiré. Il a eu lieu, dit-on, pendant 140 ans.

Source : Marcel-Hilaire Clément-Janin. « Traditions populaires de la Côte-d’Or. » Dijon, 1884.
Peinture de Gustave Courbet.

La terre de mes ancêtres

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Les Maoris (Nouvelle-Zélande) sont connus pour être très logiques, raisonneurs, batailleurs et chicaniers. En voici un exemple :

Deux Maoris sont en présence d’un juge de paix, l’un est jeune et l’autre vieux. Le plus jeune réclame en ces termes, et avec force gesticulations, un morceau de terrain :

Oui, mon juge, je réclame ce terrain où je suis né, où j’ai été élevé et où mes ancêtres ont été enterrés !

Aussitôt cette harangue terminée, le vieux Maori se lève en disant :

J’ai écouté ce tuturu (rien du tout) avec dégoût et mépris. Quel droit a-t-il à cette terre ? Il n’en a aucun, puisque j’ai vaincu le peuple qui habitait dessus, lorsqu’il était encore enfant, et j’ai fait une grande erreur en le laissant vivre ! Il demande où sont enterrés ses ancêtres ? Je vais le lui dire et le lui montrer. C’est ici (il se tape sur le ventre), c’est ici que ses ancêtres sont enterrés, car je les ai tous mangés ! C’est là mon titre à la propriété de ce terrain.

« La Joie de la maison : journal hebdomadaire. » L. Boulanger. Paris, 1892.