anglais

Meat eaters

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Le grand « statistiqueur », M. le baron Charles Dupin, fait servir sa méthode aux calculs les plus singuliers.

Nous finirons par savoir, au juste combien, durant l’espace d’une minute, il se mange de bouchées dans l’univers connu. Voici déjà qu’il est arithmétiquement prouvé qu’un Anglais mange 143 livres de viande par année, tandis qu’un Parisien n’en mange que 86 livres : d’où l’on devrait conclure qu’un Anglais est à un Parisien ce que 143 est à 86.

Il faut vérifier maintenant si la digestion se fait mieux à Londres qu’à Paris.

« Le Gastronome : journal universel du goût. » Paris, 1830.

Toast

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toast

Au fond du cœur de tous les Normands, il y a le souvenir de l’Anglais, dont ils ont conservé plus d’un usage, entre autres la coutume du toast, un des triomphes de M. Pouyer-Quertier, un Normand aussi, comme on sait. 

Un érudit de la société nous raconta l’origine de la coutume naturalisée chez nous et l’étymologie du mot. Les Anglais, pour porter la santé de quelqu’un, mettent dans le pot de bière un toast (pain grillé) qui reste au dernier buveur, lequel prononce le speech. A ce propos il rappela la galante anecdote suivante :

Un jour qu’Anne de Boleyn prenait un bain devant les seigneurs de sa suite, ce qui était légèrement shocking, pour une Anglaise, même belle, ceux-ci, pour lui faire leur cour, puisèrent à plein verre dans sa baignoire et burent à sa santé. Un seul gentilhomme, neveu de Buckingham, n’imita pas ses compagnons. On lui en demanda la raison :

— C’est que je me réserve le toast ! dit-il. 

Florian Pharaon.  » Le Figaro. » Paris, 1880. 

Humour britannique

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Bernard Shaw, ce dramaturge anglais dont les pièces sont toutes vouées à des succès durables, est un végétarien accompli. Il ne mange jamais de viande et fait sa pitance quotidienne de plats de légumes plus ou moins appétissants.

Un jour, il était attablé devant un énorme plat d’épinards, d’aspect plutôt peu engageant, quand H.G. Wells le visita. Le romancier anglais se mit à regarder avec curiosité  Bernard Shaw, puis s’enquit :

— Dites donc, Bernard, ce plat d’épinards, est-ce que vous allez le manger ou est-ce que vous l’avez déjà mangé une fois ?

« L’Homme libre. » Paris, 1924.

Barbarie

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orgue

Les Anglais ont du bon. Ils ont d’abord leur rosbif  et leur plum-pudding, qui est excellent. Beaucoup ont encore ce qu’on appelle une bonne tête. Mais, ce que je trouve de meilleur en eux, c’est leur entente du confortable, leur haine de tout ce qui peut nuire aux charmes de l’existence, et la guerre qu’ils ont déclarée à l’orgue de Barbarie, à l’épinette, la serinette et autres vielles désorganisées.

Jouer de l’orgue à Londres est un délit passible de la police correctionnelle et qui rentre dans la catégorie des coups et blessures à l’oreille pouvant occasionner la mort, mais sans intention de la donner. Cette interprétation est, du reste, tout à fait conforme à la dénomination de cet instrument, justement qualifié de Barbarie.

Il n’y a pas huit jours, un malheureux joueur d’orgue s’était installé devant la boutique d’un marchand de je ne sais quel street. En vain M. Bischoff (c’est le nom de l’épicier) essaya-t-il d’acheter son; silence en lui donnant plusieurs pièces de deux sous, que les Anglais s’obstinent à appeler des pences.

L’organiste ne s’y laissa pas pincer et continua de plus belle.

Mais allez-vous-en donc ! s’écriait M. Bischoff.
— Je suis très bien ici, je ne bougerai pas !
— Mais j’ai les oreilles écorchées !
— Il vous en restera toujours suffisamment.
— Je saurai bien vous forcer à déguerpir !
— Bah !
— Ah ! vous avez l’air de me railler ! C’en est trop ! je cours chercher la garde.

Le marchand était enflammé de colère (on ne s’appelle pas Bischoff pour rien); il s’empresse de requérir la force publique, qui, en Angleterre comme en France, est représentée par quatre hommes et un caporal. L’organiste, nanti encore de l’instrument du crime, fut conduit dans un sombre cachot, et de là au tribunal, où il a été sévèrement condamné.

A la bonne heure ! voilà de la bonne justice. Etonnez-vous ensuite si les Anglais prospèrent à l’envi et engraissent à plaisir : ils sont à l’abri des orgues de Barbarie, mon ami !

« L’Entr’acte versaillais. »  Versailles, 1864.
Illustration : marmailles974.com

Le Vengeur

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le-vengeur-jean-jacques-francois-taurel

Au début des guerres de la Révolution, un vieux navire faisait encore partie de la marine française. Ce vaisseau avait été offert au roi, dans les premières années du XVIIIe siècle, par une riche châtelaine bretonne, qui voulait ainsi venger la mort de son fiancé, officier de marine, tué par les Anglais.

En 1791, ce navire était rattaché à une escadre chargée d’escorter un convoi de blé qui venait d’Amérique. Les Français rencontrèrent les Anglais et un combat s’engagea au large de Brest. De même qu’un corps débile peut renfermer une âme indomptable, la carcasse pourrie du Vengeur, animée par l’esprit héroïque et la foi ardente de ses défenseurs, résista à outrance : mais le navire succomba malgré sa courageuse défense et s’abîma dans les flots aux cris de « Vive la République ! » poussés par une grande partie de l’équipage qui n’avait pas quitté le bord.

Ce fut aussi aux cris de « Vive la République ! » que des vaisseaux ennemis furent capturés par des escadrons français. Ce fait d’armes invraisemblable fut accompli par les hussards de Pichegru qui s’emparèrent pendant le rude hiver de 1792, de la flotte hollandaise prise dans les glaces du Zuyderzée.

« Maman les petits bateaux. » Texte & dessins par André Hellé. Paris, 1928.
Peinture attribuée à Jean-Jacques-François Taurel.

Naissance de Sherlock Holmes

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Arthur-Conan-Doyle

Il y a bien longtemps, au printemps 1888, le médecin militaire anglais Arthur Conan Doyle, blessé à la jambe et dans l’obligation de prendre une retraite prématurée, s’installait à son compte.

Mais la clientèle n’affluant pas, il se mit à écrire des romans policiers pour augmenter ses maigres revenus. C’est ainsi que naquit le fameux détective Sherlock Holmes, dont les aventures ont été publiées dans toutes les langues. Conan Doyle n’était pas peu fier de sa réussite. Un jour, parlant à un haut fonctionnaire de Scotland Yard, il lui dit :

Sans ma blessure, je n’aurais jamais écrit et le plus grand détective du siècle n’aurait pas vu le jour. 
— Oh ! répondit l’autre, cela n’aurait pas fait baisser d’une unité la statistique de la  criminalité. Tandis que si moi, je m’étais improvisé médecin…
— Cela n’aurait pas diminué dans des proportions considérables la statistique de la mortalité, coupa Conan Doyle.

Et nos deux Anglais, comprenant l’humour, n’en restèrent pas moins bons amis.

« Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous. » Paris/Clermond-Ferrant, 1938.
Illustration : Sir Arthur Conan-Doyle, with his pipe, in around 1912. Photograph: E.O. Hoppe/E.O. Hopp /Corbis.

Old Bill

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 perroquet

Il vient d’arriver aux braves Londoniens habitués du Jardin Zoologique de l’endroit une bien tragique mésaventure.

Depuis cent ans, ils avaient un perroquet favori qu’ils visitaient de père en fils avec fidélité. Il s’appelait Old Bill, il faisait des plaisanteries, on lui faisait des plaisanteries, et, de temps en temps, les journaux parlaient de lui.

Tout allait donc bien, et ce vieux garçon d’Old Bill coulait des jours paisibles… quand, il y a quinze jours, à peine, voilà-t-il pas qu’Old Bill, pond un œuf !

Old Bill n’était pas un garçon. Old Bill était une femme, avait-il trompé son monde, pendant un siècle !

Et les Anglais sont consternés.

« Le Journal hebdomadaire. »  Paris, 1927.