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Le langage musical des animaux

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Un missionnaire protestant, M. Ebenezer Hunt, publie dans l’Uganda Monthly Magazine une étude assez singulière, intitulée une Nuit dans le désert, dans laquelle il prétend donner une notation précise, obtenue par lui au moyen du gramophone, des expressions phonétiques des animaux du centre de l’Afrique.

Le révérend Hunt nous apprend ainsi que le lion, dans la période des amours, a un élan mélodique plein d’ardeur et non dépourvu de mélancolie. Il se déclare à sa belle amie, d’une façon qui se rapproche « de celle de Roméo dans l’opéra de Gounod ». L’hippopotame a un timbre de voix perçant, presque un fausset, et émet des espèces de balbutiements essentiellement comiques. La panthère semble incliner vers la mélopée wagnérienne, et les ouistitis, quand ils se poursuivent sur les branches des arbres, donnent l’impression d’un caquetage de commères à la fontaine. Quant au rhinocéros, il est élégiaque, et son « chant » semble rappeler un peu le cor anglais… 

Voilà un chapitre à ajouter, sous bénéfice d’inventaire, aux oeuvres de Buffon et de Lacépède.

« Revue musicale de Lyon. » Lyon, 1906.
Illustration : Walt Disney.

La Maison des Animaux

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Les animaux ont, à présent, leur maison de retraite, tout comme les vieux comédiens. Et c’est le parc d’un château — ni plus ni moins — qui est mis à la disposition des bêtes.

Voilà qui ferait singulièrement se rengorger les faméliques chats de gouttières et les chiens abandonnés, s’ils se doutaient, lorsqu’ils franchiront la grille dans leurs petites voitures d’ambulance, qu’on les installe dans l’ancien domaine d’un marquis, spécialement aménagé pour eux. Rien n’est, pourtant, plus exact. Le château de Bel-Air, qui domine au sud la petite ville de Rueil, fut construit, il y a quelques lustres, dans le goût du dix-huitième siècle, par le marquis de Maubout, aujourd’hui décédé. Son propriétaire actuel, M. Lépinay, est secrétaire général de l’ « Assistance aux Animaux », et il a mis là plus grande partie de son parc à la disposition de la Société pour réaliser une oeuvre de bienfaisance envers les bêtes.

Chiens, chevaux et chats sont installés, les uns et les autres, dans des locaux spacieux aménagés suivant toutes les règles de l’hygiène : cuisine, salle de bains, infirmerie, salle d’opérations, parc pour les ébats des bêtes,  rien n’y manquera pour assurer tout le confort désirable aux petits pensionnaires. Des infirmiers et infirmières en blouse blanche font le service, et des consultations gratuites sont données, certains jours de la semaine, aux personnes qui ont des animaux à faire soigner.

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L’histoire des bêtes recueillies est, parfois, touchante, car elle montre le profond attachement qu’ont les déshérités de la fortune pour leurs fidèles compagnons, donnés, peut-on dire avec Lamartine : 

« Pour aimer encor ceux que n’aime plus personne. » 

Un jour, c’est une brave femme, qui habitait la zone, près de Saint-Ouen, et que son propriétaire allait expulser. Elle était moins inquiète pour elle-même que pour ses chats, car, quoiqu’elle fût dans la misère, elle avait chez elle vingt-huit chats, qu’elle avait recueillis, et elle ne savait où les loger en attendant de chercher un nouveau gîte. Vingt-huit chats du coup ! C’était quelque chose. Cependant, devant le chagrin de cette brave femme, on n’hésita pas à les héberger jusqu’à ce qu’elle eût trouvé un nouveau logement.

Une autre fois, M. Lépinay recevait la visite d’un marchand de légumes de la Varenne-Saint-Hilaire, qui lui amenait son âne, Baptiste. L’homme se faisait âgé, il avait perdu sa femme et obtenu son admission dans un hospice. Qu’allait devenir Baptiste ? Le pauvre vieux déclara en pleurant qu’il ne se séparerait pas de son fidèle serviteur, si le sort de celui-ci n’était pas assuré. A ce moment, la Société n’avait pas le domaine de Bel-Air à sa disposition et elle n’était pas installée dans Paris pour hospitaliser les gros animaux. Toutefois, une exception fut faite en faveur de Baptiste, qui se rendit utile en portant des croûtes. Tranquillisé, le bon vieillard prit alors le chemin de l’hospice.

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Pour encourager la pitié envers nos « frères inférieurs », l’Assistance aux Animaux distribue tous les ans des récompenses aux professeurs et instituteurs qui apprennent à leurs élèves à aimer les bêtes, si utiles pour nous quand on sait les comprendre et se les attacher. Et, désormais, plus heureux que beaucoup d’entre nous, les animaux auront leur maison de campagne.

« Les Annales politiques et littéraire. »Paris, 1910.

Les poussins invisibles

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Voici une observation curieuse faite au laboratoire de Transformisme expérimental de New York :

Trois cents poussins erraient dans une prairie récemment fauchée. Des corneilles les aperçurent et, en moins de deux heures, en tuèrent 23. On les vit courant de-ci de-là, abattant les infortunées petites bêtes. Parmi ces poussins. 40% étaient blancs, 40% étaient noirs, et 20% étaient de plumage rayé. Or, pas un seul poussin rayé ne fut tué. Tandis que 10 blancs et 13 noirs furent abattus par les corneilles. la proportion aurait du donner 9 blancs, 9 noirs et 5 rayés. Il est donc hors de doute que le plumage rayé a protégé les poussins en les rendant moins visibles et, partant, moins susceptibles d’attirer l’attention.

Remarquons en passant que les oiseaux sauvages ont un plumage gris on rayé et que les couleurs blanches et noires sont un résultat de la vie en domestication.

Darwin, qui avait constaté que la perdrix des neiges est blanche en hiver, le coq des bruyères écossais de la couleur de cet arbuste, concluait :

« C’est par des raisons analogues qu’en certains pays on évite d’avoir des pigeons blancs, parce qu’ils sont plus exposés à devenir la proie des rapaces. »

«  L’Aventure : journal hebdomadaire. »  Paris, 1927.
Illustration : Henri Charles Guérard (1846-1897).

Un procès bizarre

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Ces calendriers perpétuels assez répandus maintenant, sur lesquels on voit trois caniches tirant la langue avec laquelle ils indiquent le quantième et la date, ont donné lieu à un procès assez amusant.

Une dame P…, possédant trois caniches qu’elle affectionnait, les fit photographier. Un beau jour, elle aperçut l’effigie de ses trois caniches reproduite sur un calendrier perpétuel.

Colère de Mme P…. à l’idée que des indifférents tireraient chaque matin la langue de ses pauvres toutous. Elle intenta un procès, attaqua l’imprimeur… Mais sa demande fut rejetée par un jugement du tribunal civil de la Seine.

Le tribunal jugea que le respect dû à la personnalité canine n’allait pas jusqu’à interdire de publier l’effigie d’un chien, sans l’autorisation de son maître. Quant aux caniches, il est présumable que la décision du tribunal leur était assez indifférente.

« Le Petit Français illustré. »  A. Colin et Cie, Paris, 1899.
Illustration : montage fait maison.

La télépathie chez les animaux ?

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Un journal turinois publia dernièrement l’information suivante, que le général Ch. Spingardi a bien voulu nous signaler :

Le commandant d’infanterie Hector Zonca, qui comptait dans notre ville un grand nombre d’amis et de connaissances, est tombé valeureusement à la tête de ses soldats au cours de la prise de Gorizia.

La nouvelle n’est parvenue à Turin qu’il y a quelques jours, et a causé un profond regret parmi les collègues de l’officier défunt et les soldats qui furent sous sa dépendance. Mais le cas suivant est l’objet d’un intérêt tout particulier.

Le commandant Zonca, en partant pour la guerre, laissa au quartier, à Turin, son cheval, auquel il était très affectionné. Or, dans les jours de la prise de Gorizia, le cheval, jusqu’alors plein de vivacité, changea soudainement d’humeur et sembla s’affaisser. Le fait souleva la curiosité des soldats du quartier, qui se mirent à observer l’étrange abattement du quadrupède.

Ce cas fit plus de bruit encore lorsqu’on’apprit la mort du commandant; et c’est un continuel va-et-vient de militaires qui vont observer dans l’écurie l’animal qui n’a pas abandonné son attitude abattue, comme s’il était conscient de la fin de son maître.

« Annales des sciences psychiques. » Paris, 1916.
Illustration : dessin cheval boulonnais.

Les petits passagers du Titanic

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En 1912, quand le luxueux paquebot Titanic largua les amarres pour entamer sa première traversée de l’Atlantique, beaucoup de passagers avaient emmené avec eux leurs animaux de compagnie. On comptait au moins neuf chiens à bord pour lesquels les propriétaires avaient payé demi-tarif. Autant dire que seuls des passagers de première classe s’étaient offerts le luxe d’emmener leur chien avec eux.

Le 15 avril, le tragique destin de ce paquebot légendaire voulut qu’il heurta un iceberg et sombra. Dans la mesure où plus de deux mille personnes se disputaient l’accès aux rares canots de sauvetage, on aurait pu penser que le sort des animaux du bord serait apparu comme de peu d’importance. Et pourtant, Miss Margaret Hays de New York prit son louloude Poméranie avec elle dans le canot n°7. Henry Sleeper Harper, de la famille du grand éditeur, emmena son pékinois Sun Yat Sen dans le canot n°3. Un spécialiste du naufrage du Titanic, Marty Crisp, pense qu’un troisième chien aurait survécu à la catastrophe en suggérant qu’Elisabeth Barret Rothschild, la femme du magnat du cuir Martin Rothschild qui lui-même y laissa la vie, embarqua avec son loulou dans le canot n°6. 

Tous les animaux de compagnie qui se trouvaient sur le paquebot n’ont pas eu cette chance, malheureusement. Le magnat de l’immobilier, le colonel John Jacob Astor, réussit à faire évacuer son épouse qui était enceinte mais lui-même, son airedale Kitty et un autre chien ne survécurent pas. Le banquier Robert Williams Daniel fut remonté à bord d’un canot tandis que le paquebot s’enfonçait dans les flots. On repéra son bouledogue entrain de nager mais l’homme et le chien ne furent jamais réunis.

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D’après la légende du Titanic, le paquebot possédait aussi une mascotte qui appartenait au premier  officier: un terre-neuve du nom de Rigel. Un article de journal de l’époque a révélé que Rigel serait parvenu à surnager environ trois heures, espérant que son maître referait surface et, ce faisant, il aurait empêché le canot n°4 de chavirer après avoir été percuté par le Carpathia qui s’était porté au secours des passagers. Mais la question reste ouverte, certaines personnes prétendant que Rigel n’a jamais existé. Dans les eaux glacées, les gens mouraient de froid en moins de dix minutes, aussi aurait-il été impossible qu’un terre-neuve survécût aussi longtemps, malgré sa fourrure et ses aptitudes exceptionnelles dans l’eau. 

« Petite anthologie du chien. » J.A. Wines, Le pré aux clercs.     

Aventures de fauves

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Un avion américain appartenant à une firme cinématographique transportait un lion vivant quand survint la fâcheuse panne. L’aviateur, qui survolait une forêt, dut descendre avec son colis et se poser sur un arbre de dimensions heureusement (du moins, nos bons Américains le racontent ainsi !) respectables.

Il resta deux jours dans cette position critique avec la peur que le lion ne rompît les parois de sa cage. Il chantait pour essayer de le charmer, en se rappelant l’histoire d’Orphée. In petto il déchantait fort. Enfin, il fut sauvé. Mais l’alerte avait été chaude. Le lion n’avait eu aucun mal.

Mais voici mieux. Le Saint-Etienne, paquebot français, transportait en Angleterre un chargement de fauves destinés à des jardins zoologiques de Londres et de Manchester quand une chaudière éclata. Le navire commençait à sombrer et le capitaine avait ordonné de mettre les embarcations de sauvetage à la mer quand survinrent sur le pont des tigres et des gorilles, prétendant sans doute être aussi sauvés.

Du coup, les hommes de l’équipage, épouvantés, se réfugièrent dans la cale, déjà remplie d’eau. Les animaux les suivirent. Les matelots durent alors se défendre à coups de hache et de revolver.

Le navire Duke of Westminster passa alors.

Nous n’en savons pas davantage pour l’heure, la dépêche de Hambourg, relatant le fait, n’en disant pas plus.

Quel romancier d’aventure eût imaginé pareil drame ? Cela dépasse les concepts les plus fantastiques, les cauchemars les plus inouïs.

« Comoedia. » Paris, 1927.

Illustration : Deux petits lions arrivant à Croydon et destinés au Zoo de Londres : [photographie de presse] / Planet