anthropophagie

Si l’estomac vous en dit

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repas-japonSi vous souffrez par trop de la pénurie de viande, un bon conseil : faites-vous naturaliser Anglais et dégustez sans hésiter votre prochain. 

C’est l’agence Reuter elle-même qui, par le truchement de l’AFP, nous donne la recette dans l’instructive dépêche que voici : 

« Le lieutenant japonais Tachilzi Tacaki, qui avait été condamné à mort pour anthropophagie, a vu sa peine commuée en cinq années de prison, le code criminel anglais ne considérant pas le cannibalisme comme un crime. » 

Evidemment, on peut comprendre que la juridiction anglaise n’ait pas prévu cela. Mais alors, pourquoi cinq ans de prison ? Peut-être pour marché noir de viande sans tickets ?

« Regards. » Paris, 1946.

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Le culte des morts chez les sauvages des temps  anciens et modernes

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hindous-culte-des-mortsLes Bretons, les Hibernois (Irlandais aujourd’hui) quoique élevés dans la religion des druides, mangeaient leurs morts.

Les habitants du Pont, les Massagètes, les Derbyces faisaient comme eux. Ces derniers, habitants de la Scythie asiatique, adoraient, on le sait, le soleil. Ils égorgeaient leurs septuagénaires, et dans leurs familles on mangeait les parents qui succombaient à une mort subite ou violente. Les Hircaniens n’enterraient les femmes que parce qu’ils les croyaient indignes d’avoir leur ventre mâle comme sépulture. Au Venezuela, en Amérique, on faisait rôtir les morts : puis on les découpait, on les pilait, et quand ils étaient réduits en bouillie, on les délayait dans du vin que l’on buvait religieusement.

Les Capanoguas d’aujourd’hui font également rôtir leurs morts, puis ils les mangent, dans la persuasion qu’ils ne sauraient mieux les honorer. Dans les îles Baléares, les habitants mettaient les corps en morceaux et les renfermaient ensuite dans une cruche qu’ils enterraient. Les Parthes, les Mèdes, les Barcéens, les Taxiles, les Hériens, tous les peuples de l’Asie, conquis par Alexandre le Grand, transportaient leurs morts au milieu des champs, des bois, des forêts, et ils les abandonnaient aux bêtes sauvages et aux oiseaux de proie. Ils attachaient aussi à des branches d’arbres les parents arrivés à une vieillesse décrépite et les laissaient expirer sans secours.

« Almanach de France et du Musée des familles. » Paris, 1885.  

Anthropophages parisiens

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On se rappelle toutes les horreurs que mangèrent les Parisiens durant le siège de 1870-1871 : certains en devenaient enragés.

Victor Hugo, lui, prenait la chose avec plus de philosophie. Et comme, un soir, dans un restaurant célèbre, après avoir mangé du cheval, un des dîneurs déclarait qu’il vaudrait mieux manger de la chair humaine, le grand poète annonça qu’il était tout prêt à faire partie d’une société où l’anthropophagie serait de règle.

Et pour le prouver il écrivit joyeusement un quatrain :

Je lègue à Paris, non ma cendre
Mais mon bifteck, morceau de roi.
Femmes, si vous mangez de moi,
Vous verrez comme je suis tendre.

«  Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire. »  Paris, 1904.

Anthropophagie et statistique

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Un ami des bêtes, qui fut aussi un écrivain remarquable, Toussenel, a écrit dans un de ses livres :

« La seule guerre légitime est celle où l’on se mange. »

Quoi qu’il en soit de cet axiome, un peu paradoxal tout de même… la faim est loin d’être le mobile principal des mangeurs de chair humaine, si nous en croyons l’enquête faite à ce propos par une revue digne de foi.

En effet 20% des tribus anthropophages mangent leurs morts pour les honorer. C’est le cas des anciens Thibétains qui ne croyaient pas pouvoir donner à leurs défunts un tombeau plus digne d’eux que le corps de leurs propres enfants.

19% des anthropophages mangent les guerriers fameux par leur courage, dans l’espoir de réincarner en eux l’âme héroïque du mort.

19% des cannibales mangent leur semblable par haine, pour se venger de leurs ennemis.

18% font de même par besoin pour apaiser leur faim, et 10% pour divers motifs religieux.

Enfin les 14% restant sont cannibales par goût, par gourmandise. Ce sont les gourmets et les incorrigibles de cette peu intéressante famille. C’est un de ceux-ci, un chef polynésien, qui disait à un voyageur avec un claquement de langue significatif :

La chair du blanc a le goût de banane mûre…

« Anecdote française. »  Paris 1903.

Le cannibalisme dans les îles allemandes de l’Océanie

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Lorsque les Allemands ont voulu fonder un empire colonial dans la Mélanésie, ils ont décidé que la Nouvelle-Irlande et la Nouvelle-Bretagne s’appelleraient désormais le Nouveau-Mecklembourg et la Nouvelle-Poméranie. Ces deux îles et leurs dépendances ont reçu le nom d’archipel Bismarck, et comme si cet hommage, rendu à la gloire du chancelier, ne suffisait pas, le nom de mont Bismarck a été donné au pic le plus élevé du Kaiser’s Willhem Land, c’est-à-dire de la portion assignée à l’Allemagne dans le partage de la Nouvelle-Guinée.

Les noms ont changé, mais les moeurs des insulaires ne se sont pas adoucies sous l’influence d’une domination européenne. Il semble même que le cannibalisme, expulsé du reste de la terre, se soit réfugié à l’ombre du drapeau allemand. Le témoignage d’un voyageur anglais, qui a récemment visité ces dépendances lointaines de l’empire des Hohenzollern, ne laisse malheureusement aucun doute sur les scènes abominables qui se renouvellent à de courts intervalles, dans une contrée soumise à un gouvernement civilisé.

Après avoir doublé la pointe méridionale de la Nouvelle-Poméranie, M. Alan Burgoyne et ses compagnons de voyage passèrent près de l’île Adèle, dont le nom est peu connu en Europe, mais éveille de lugubres souvenirs parmi les navigateurs qui s’aventurent dans le voisinage des côtes de la Nouvelle-Guinée. Herbertshöhe est la capitale du cannibalisme. Les quarante Européens qui vivent dans cette future métropole de la Mélanésie allemande, sont obligés de se tenir sur une continuelle défensive. Ils ne peuvent sortir de l’enceinte fortifiée, qui protège leurs demeures, sans se mettre en danger de mort. Une centaine de Boukas, recrutés dans d’autres îles de l’Océanie et armés de fusils Mauser, montent la garde autour de cette forteresse de commerçants et de fonctionnaires. Deux mitrailleuses, pivotant sur des plate-formes de bois, sont toujours prêtes à repousser les assaillants.

Il est recommandé aux voyageurs qui visitent cette ville inhospitalière de ne pas se laisser prendre aux démonstrations d’amitié que leur prodigueront les indigènes. Un cannibale doit être traité comme une bête féroce. Il ne faut jamais le laisser approcher par derrière, car ses instincts sanguinaires peuvent à chaque instant reprendre le dessus. Les fonctionnaires, cantonnés dans une enceinte fortifiée, peuvent, à la rigueur, ne pas trop exposer leur vie, à la condition de se résigner à une captivité à peu près absolue, mais les planteurs ont beau palissader les abords de leurs demeures, ils ne peuvent s’absenter un instant sans courir le risque de trouver en rentrant chez eux les plus épouvantables surprises.

Les anthropophages de l’archipel Bismarck tuent leurs victimes avant d’en faire leur nourriture; leurs voisins, les insulaires de l’archipel des Épices, préfèrent les dévorer vivantes. Il y a deux ans, un bâtiment de commerce, qui s’était engagé dans le détroit de Pitt, non loin du groupe d’îles hollandaises, le plus rapproché de l’extrémité ouest de la Nouvelle-Guinée, envoya une douzaine d’hommes sur la côte voisine pour faire des provisions de bois et d’eau.

A peine les matelots européens eurent-ils débarqué sur le rivage que les indigènes les entourèrent, et, après les avoir liés à des arbres, se mirent à tailler à vif, dans leur corps, des morceaux de chair, qu’ils dévorèrent aussitôt, toute palpitante. Puis ils eurent soin d’enduire d’une couche de poix les blessures, afin d’arrêter l’effusion du sang. Le lendemain et les jours suivants, le supplice de ces malheureux, dépecés et mangés tout vifs, recommença et ces scènes abominables cessèrent au moment où l’épuisement et la douleur eurent mis fin à la vie des victimes. Le reste de l’équipage assistait impuissant à cet épouvantable martyre, car il n’y avait à bord aucune arme à feu.

« A travers le monde. » Hachette, Paris, 1905.

Nous veillons sur vous

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Les Tlascalans, peuplade de l’ancien Mexique, qui étaient réputés les plus vaillants et les plus habiles guerriers du pays, s’étaient portés au-devant de Fernand Cortès qui marchait vers Mexico. Les Espagnols, fort peu nombreux, durent en maintes occasions compter avec ces ennemis, qui les arrêtèrent assez longuement.

Malgré la force avec laquelle les Tlascalans combattaient les Espagnols, remarque un historien de la conquête du Mexique, ils se conduisaient envers eux avec une sorte de générosité. Sachant que ces étrangers manquaient de vivres, et imaginant sans doute que les Européens n’avaient quitté leur pays que parce qu’ils n’y trouvaient pas assez de subsistances (ce qui, d’après eux, devait être le seul motif plausible d’invasion et de guerre), il envoyaient à leur camp de grandes quantités de volailles et de maïs, en leur faisant dire qu’ils eussent à se bien nourrir, parce qu’ils dédaignaient d’attaquer des ennemis affaiblis par la faim.

En outre, comme la coutume était établie chez eux d’immoler les prisonniers de guerre aux dieux du pays et de manger leurs corps, ils ajoutaient qu’ils croiraient manquer à leurs divinités en leur offrant des victimes affamées, et qu’ils craignaient que, devenus trop maigres, ils ne fussent plus bons à être servis dans les festins qui suivaient les sacrifices.

« Curiosités historiques et littéraires« .  C. Delagrave,Paris, 1897.