aphorisme

Cherchez la femme !

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Edward-G-Robinson-Joan-Bennett

Il n’y a pas de jour où vous  ne lisiez ce mot à la fin du récit de quelque crime plus ou moins célèbre.

Sait-on qui est l’auteur de cet aphorisme policier ? C’est l’ancien lieutenant de police, M. de Sartine. Mais celui qui l’a vraiment rendu populaire c’est Alexandre Dumas père, en le mettant en action dans ses Mohicans de Paris.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »   Paris, 1892. 
Photo : Edward G Robinson et Joan Bennett

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Gourmets

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fromage

Le fromage est une des gloires de la production française. On connaît le fameux sonnet de Saint-Amand sur le Brie. M. E. de Pomiane raffine encore (c’est bien le mot) et assure que, seuls, les pays ultra-civilisés, les nations qui ont eu une renaissance artistique, possèdent une gamme de fromages.

La France a ses Camenbert, ses Brie, ses Roquefort, l’Italie ses Gorgonzola, ses Parmesan, ses Caciocavallo. Et les fromages suisses, anglais, allemands ne peuvent égaler leur gloire… Il est assez curieux de constater la désaffectation actuelle des tables bourgeoises pour le fromage. C’est une erreur psychologique et hygiénique, tout fromage étant une colonie de bacilles digestifs.

Le fromage pourrait se plaindre de l’ingratitude humaine,  d’autant que Brillat-Savarin d’ordinaire si généreux lui décocha cet aphorisme célèbre, assez étrange comme sens et comme signification :

« Un repas sans fromage est une jolie femme qui n’a qu’un œil ».

Malgré sa passion pour le Livarot, on peut se demander quel rapport existe entre le regard divin d’une Aspasie et un conglomérat de ferments lactiques…

« La Femme de France. »  Paris, 1927.

La populace sera bientôt reine !

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mirabeau-rivarol

Le sujet de toutes les discussions, à cette époque, roulait éternellement sur l’abaissement de l’autorité royale, sur les droits du peuple, sur les dilapidations supposées de la cour, sur le besoin d’une stricte et sévère économie, qu’on ne pouvait attendre que d’un gouvernement populaire.

D’encore en encore, Mirabeau, qui avait à la fois la volonté et le don de se faire écouter, en vint à trancher nettement la question en faveur du républicanisme, c’est-à dire, à formuler franchement l’abolition de la royauté, de cette manière si connue et si rebattue depuis lui, que la souveraineté ne pouvant être que dans la volonté générale, le peuple seul était roi. Rivarol, dont les idées et les principes étaient si opposés à ceux de son antagoniste, soutint la thèse opposée avec cette brillante dialectique, cette faconde qu’on lui connaissait; et cette solennelle discussion, qui pouvait rappeler celle de Maxime et de Cinna, en présence d’Auguste, cette lutte enfin du sophisme contre la logique, ramenait sans cesse à la bouche de Mirabeau, son aphorisme favori qui terminait toutes ses périodes… Vous voyez donc bien que le peuple seul doit être roi !

Si, comme on l’assure, il n’y a personne de plus difficile à réveiller qu’un homme qui ne dort pas, de même, y a-t-il personne de plus difficile à convaincre que celui qui est bien décidé à ne pas céder, et qui a ses raisons pour cela. Rivarol, jugeant alors qu’il en avait dit assez pour les auditeurs, et qu’il perdrait son temps vis-à-vis de son adversaire, saisissant, comme à la volée, ce perpétuel refrain de peuple roi, lui répondit vivement :

Eh bien ! soit, comme vous voudrez; mais, je vous avertis que si le peuple est roi, la populace sera bientôt reine !

Ce mot fit fortune, et parut trancher la question, ou plutôt termina la solennité de la discussion. Mirabeau lui-même, s’exécutant de bonne grâce, lui répondit :

Eh ! mon maître, c’est précisément ce que nous voulons.

Ceci se passait avant la réunion des États-Généraux; mais, cinq ou six mois après, les deux mêmes personnages se trouvant encore réunis, Rivarol dit à Mirabeau qui venait d’obtenir on ne sait quel grand succès de la tribune et du dehors, comme cela lui arrivait souvent :

 — C’est bien, Mirabeau, je vous souhaite une heureuse chance; mais rappelez-vous qu’avec le peuple chaque ovation rapproche du supplice, et qu’il n’y a qu’un pas du Capitole à la Roche-Tarpéïenne !

Bravo, mon maître, s’écria le fougueux tribun en tirant son calepin, je vais prendre note de celle-là, et je m’en souviendrai dans l’occasion.

On sait comment il tint parole et en quelle circonstance.

« Annales de la Société d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres d’Indre-et-Loire. »  Tours, 1840.