apothicaire

Où Molière trouve le nom de Fleurant

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malade-imaginaire

Quand Molière fit son Malade imaginaire, il ne trouvait pas de nom pour le « lévrier de la Faculté », qu’il voulait mettre en scène.

Un jour, rencontrant un garçon apothicaire armé du plus noble ustensile de sa profession, il lui demanda sur qui « il allait tirer ». L’apothicaire lui répond qu’il va « seringuer de la beauté » à une comédienne. 

— Comment vous nommez-vous ? lui demanda Molière.
— Fleurant, répond le « Postillon d’Hippocrate ».

Molière, enchanté d’avoir trouvé un nom qu’il cherchait vainement depuis plusieurs jours, ne peut résister au désir de lui en témoigner sa reconnaissance : il l’embrasse. Peu après, ce garçon apothicaire, grâce à l’indiscrétion de Molière,devint maître et fit fortune. Le ridicule de son nom avait fait son bonheur.

A propos de cette pièce, signalons un petit détail qui est peu connu :

A la première représentation, Béralde disait au clystériseur :  — Allez, monsieur, on voit bien que vous n’avez coutume de parler qu’à des c…

Un murmure désapprobateur s’éleva du parterre. A la seconde représentation, on applaudit cette variante :

— Allez, monsieur, on voit bien que vous n’êtes pas accoutumé de parler à des visages.

Louis Loire. »La vie littéraire. »Paris, 1876.
Illustration : peinture de Charles Robert Leslie.

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L’orateur pharmacien

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Le cardinal de Richelieu, tourmenté de la colique, et son apothicaire étant malade, celui-ci envoya son premier garçon pour administrer au cardinal le remède dont il avait besoin, en lui recommandant surtout de ne pas oublier de parler toujours d’éminence.

Ce compagnon trouvant de la difficulté à introduire la canule: 

S’il plaisait à votre Eminence, dit-il au ministre, de l’introduire elle-même, je risquerais moins de la blesser, attendu que votre Eminence à deux éminentissimes éminences qui empêchent l’entrée du canon dans son lieu.

Allez, mon ami, dit le cardinal en éclatant de rire, allez dire à votre maître que vous êtes aussi mauvais orateur que mauvais opérateur.

« Almanach facétieux. »  Hilaire Le Gai, Passard, Paris, 1851.