Arganesilla

Duel mortel au théâtre

Publié le Mis à jour le

duel

C’est dans un théâtre espagnol, à Arganesilla de Alba (province de Ciudad Real), que cette scène tragique s’est déroulée.

Depuis longtemps, deux artistes de la troupe, le ténor et le baryton se détestaient, une rivalité amoureuse étant la cause de cette haine réciproque. Or, on sait combien sont ardentes ces haines de théâtre, exaspérées encore par les vanités inhérentes à la profession.

Les deux hommes, estimant d’un commun accord que l’un d’eux était de trop sur la terre, avaient décidé de se battre à mort, mais pour ne pas interrompre le cours de la saison théâtrale, ils avaient convenu d’attendre le soir de la dernière représentation.

Celle-ci avait lieu ces jours derniers où on jouait Carmen, une pièce dont le sujet semblait être le reflet de leur rivalité, et qui paraissait fait tout exprès pour en justifier le dramatique épilogue.

Vint le moment où Escamillo, au 3e acte, est sur le point d’entrer dans la plaza, et qu’il chante à Carmen la phrase célèbre

Si tu m’aimes, Carmen,
Tu pourras tout à l’heure être fière de moi.

Les spectateurs, ébahis, virent tout à coup don José se précipiter sur lui, une navaja à la main. Escamillo tira de sa ceinture une arme semblable.

Le combat fut bref : le ténor frappé au coeur roula mort aux pieds de son rival.

« Le Petit Journal. Le supplément illustré. » Paris, avril 1913.

Publicités