Arras

To be or not to be

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Ignatius Donnelly, qui vient de mourir à Minneapolis, est l’auteur de la théorie célèbre d’après laquelle les drames de Shakespeare seraient l’œuvre de Francis Bacon. 

D’après d’autres chercheurs, le nom de Shakespeare constituerait tout simplement la figure graphique de la prononciation anglaise des deux prénoms français : Jacques-Pierre. Selon cette dernière théorie, le plus grand poète de l’Angleterre descendrait d’un des obscurs compagnons de Guillaume le Conquérant. Ce qui fournit à ce système quelque vraisemblance, c’est que le nom de Robespierre est pareillement formé de deux prénoms : Robert-Pierre, avec l’s qui, placé derrière le premier de ces deux prénoms, représente le génitif anglais, et leur donne la signification de Robert, fils de Pierre. 

Les aïeux de Robespierre auraient, dit-on, d’abord émigré d’Artois ou de Picardie en Angleterre ou en Irlande pour revenir s’établir à Arras. 

« Le Penseur. » Paris, 1901.

Une moitié d’homme

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josias-rantzau

Ce qu’il y a de plus remarquable dans la vie toute pleine de batailles de Josias, comte de Rantzau, maréchal de France, c’est qu’il fut tué pour ainsi dire en détail.

Josias était plus d’à moitié mort depuis longtemps, lorsqu’il mourut tout-à-fait le 4 septembre 1650.

« A ce grand capitaine, dit Bautru, il ne restait plus qu’un de tout ce dont les autres hommes peuvent (ou plutôt doivent) avoir deux. »

Ainsi, il avait laissé un œil à Dôle, une jambe à Arras, un bras à Aire, une oreille à Dixmude. trollface

« Journal des faits anciens. »  Paris, 1833.

Le dessein

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embuscade

Monsieur de Saint-Preuil, gouverneur d’Amiens, proposa un jour une entreprise sur Arras, à Courcelles en cette manière:

J’ai fait choix de vous, comme du plus sage soldat que je connaisse, pour faire un coup qui fera votre fortune: il s’agit de surprendre Arras, et voici comment je l’ai conçu; vous vous déguiserez en paysan, et porterez vendre des fruits sur la place. Après avoir été là, quelque temps, vous chercherez querelle à quelqu’un que vous tuerez sur-le-champ d’un coup de poignard, vous vous laisserez prendre, on vous fera votre procès, et on vous condamnera à être pendu.

Je ne sais si vous savez, la coutume d’Arras est de faire les exécutions hors de la ville, c’est là-dessus que roule mon dessein. Je disposerai une embuscade auprès de la porte, par où l’on vous fera sortir, de laquelle mes gens se rendront maîtres, dès qu’ils verront qu’on sera attaché au spectacle. Je marcherai en même temps pour les soutenir, s’il en est besoin, et pour m’assurer entièrement de la place; après quoi je suis à vous, et je vous délivre. Voilà mon dessein, qu’en dites-vous ?

Il est beau, répliqua Courcelles; mais la chose mérite réflexion.

Eh bien, songez-y, dit Saint-Preuil, et je saurai demain votre résolution.

Le lendemain Courcelles alla le trouver, et lui dit:

Monsieur, j’ai pensé à votre dessein, il est admirable, je suis ravi d’en être; mais je vous prie de trouver bon que je commande l’embuscade, et que vous soyez le patient.

« Chroniques. »  Paris, 1849.

Un OVNI à Arras au Moyen Age ?

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Un magistrat, Jacques du Clercq, conseiller du Duc de Bourgogne Philippe le Bon, parent (frère ou neveu  ?) du célèbre abbé mécène de Saint-Vaast, Jean du Clercq a écrit des chroniques sur son temps, le XVe siècle.

Elles fourmillent de détails historiques sur le règne de Charles VII, d’Agnès Sorel ou sur le procès des Vaudois. Cet écuyer, sieur de Beauvoir en Ternois, né à Douai dans les années 1420, vit en Artois, au moins jusqu’en 1467, date où se termine sa chronique. Sensible aux faits divers de la région d’Arras, il l’agrémente de souvenirs anecdotiques.

C’est ainsi qu’il rapporte qu’il a été le témoin oculaire, avec d’autres Arrageois médusés, d’un événement extraordinaire, étrange et inexpliqué à l’époque mais qui s’avère aujourd’hui être pour certains le passage d’une comète, et pour d’autres celui d’un Ovni ! Le 1er novembre 1461, jour de la Toussaint, apparaît dans le ciel arrageois un objet brillant, ardent comme une barre de fer, long et large comme une demi-lune. Le ciel est clair et alors….la « chose », immobile pendant 15 minutes, soudainement « se met à tire-bouchonner, se tortiller et se trincquiller comme un ressort de montre », (traduction : la chose monte en spirale, se tourne et virevolte). Puis elle disparaît dans le ciel.

La bonne foi de ce conseiller du Duc de Bourgogne qui a décrit « les diableries » des soi-disant hérétiques dans le procès des Vaudois est peut-être sujette à caution. Pourtant de tels événements annonciateurs de catastrophes dans certains esprits crédules, candides et imaginatifs de l’époque et de toutes les époques d’ailleurs sont souvent rapportés dans de nombreuses chroniques ou mémoires. Mgr Jean Lestocquoy, dans son livre Arras au temps jadis, a rapporté ces faits étranges, dans un article intitulé Imaginations, phénomènes, coquecigrues (balivernes) et comètes, publié dans Le Courrier du Pas-de-Calais, « au temps de l’occupation pour distraire un peu les habitants d’Arras de leurs soucis ».

Nelly Dupré

http://www.lavenirdelartois.fr