art dramatique

A vot’bon coeur

Publié le Mis à jour le

macbeth

Voici un fait qui dépeint, sous des couleurs grotesques, l’état de détresse dans lequel se trouve l’art dramatique en Hongrie.

Une troupe, qui donne en ce moment des représentations à Szigeth, vient de faire afficher le tarif des places, fixé comme il suit :

Premières : à la volonté de nos hauts protecteurs.
Secondes : selon la fortune des spectateurs.
Troisièmes : à la discrétion du public.

On commencera aussitôt que les spectateurs se trouveront en nombre suffisant.

Le spectacle sera terminé dès que le public en aura assez.

« L’Argus. » Paris, 1851.

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Les boiteux

Publié le

Thomas-Faed

Le siècle actuel semble appartenir aux boiteux avec toutes ses gloires. La tragédie que préférait l’Empereur était Hector, de Luce de Lancival. La meilleure comédie du temps était l’ Avocat, par M. Roger; Eh bien ! M. Roger et M. Luce de Lancival, ces deux représentants de l’art dramatique, étaient boiteux.

Lord Byron fut proclamé le premier poète de l’époque; Walter Scott, le premier romancier. Personne ne leur disputa la palme. Ils étaient boiteux l’un et l’autre. En France, pendant que la politique tournait toutes les têtes, les partis se dessinèrent, et chacun se choisit un chef. Les libéraux modérés et constitutionnels se rallièrent sous le drapeau de Benjamin Constant. Il était boiteux. Enfin, les hommes positifs, dédaignant les théories, se rangèrent sous le patronage du premier talent financier de notre époque, M. le baron Louis. Il est boiteux.

Depuis la révolution de juillet, l’opposition avait reconnu pour chef M. de La Fayette. Il est boiteux. Le gouvernement se fit représenter à l’extérieur par M. de Talleyrand, bien plus boiteux encore. Le parti royaliste appela alors à son secours l’illustre Châteaubriand. A peine rentré dans la carrière politique, il se sentit pris de douleurs rhumatismales, et il est boiteux, comme il convient à un illustre du siècle où nous vivons.

« Echo de la frontière. » paris, 1833. 
Illustration : « Sir Walter Scott et ses amis littéraires à Abbotsford. » de Thomas Faed.