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Artiste

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modigliani

Dans l’Art Vivant, Maurice de Vlaminck parle de Modigliani, qui fut son ami. « Modigliani était un aristocrate. Son oeuvre entier en est le plus puissant témoignage. Ses toiles sont toutes empreintes d’une grande distinction. La grossièreté, la banalité, la vulgarité en sont exclues ». Et il trace, alors, ce portrait moral : 

J’ai bien connu Modigliani. Je l’ai vu ayant faim, je l’ai vu ivre, je l’ai vu riche de quelque argent, jamais je n’ai vu Modigliani manquer de grandeur ni de générosité. Jamais je n’ai surpris chez lui le moindre sentiment bas. Je l’ai vu irascible, irrité d’être obligé de constater que la puissance de l’argent, qu’il méprisait tant, dominait parfois sa volonté et sa fierté. 

A l’heure actuelle où tout est fardé, maquillé, à cette heure où l’on croit surpasser la vie, où tout est surtaxe, superculasse, surenchère et surréalisme, certains mots perdent leur vrai sens. Je ne sais plus employer les mots Art, Artiste. 

Aujourd’hui, Artiste remplace avantageusement le mot Bourgeois. Il va de la caserne des pompiers au marchand de cocaïne, passe chez la modiste, chez le coiffeur et le quincaillier, fait un tour dans les grands magasins : Art ménager, Art culinaire, Arts décoratifs, Art capillaire, etc., etc. 

Mais supposons un instant que ce mot ne soit plus inverti, reprenne sa couleur, son sens, son sexe… 

Modigliani était un grand artiste.

Concurrence déloyale

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moules-frites

L’art ne nourrit pas toujours son homme, il faut parfois que le commerce y aide un peu. C’est sans doute l’avis d’un brave marchand de tableaux de la place du Tertre.

Désirant profiter de l’affluence du peuple amené par la fête de Montmartre, le marchand de toiles avait eu l’idée de s’installer sur le trottoir et de vendre des sacs de frites.

Peinture à l’huile.

Frites à l’huile. Cornet, 1 franc.

Les deux annonces superposées se regardaient en chiens de faïence, mais les clients n’en avaient cure qui faisaient queue, en proie à une douce attirance. Or, chose curieuse, (trois fois hélas, pauvres rapins !), ce furent les pommes qui se vendirent, mais les navets restèrent pour compte.

En vérité, ne trouvez-vous pas qu’il y a des légumes pires que les gens et dont
les procédés ne devraient pas être tolérés par la nature, fût-elle morte ?

« Comoedia. »Paris, 31 juillet 1922.
Illustration : photo truquée (un chouïa).

 

Peintres modernes

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Auguste-Herbin

C’était en 1913, au vernissage du Salon des Indépendants qui avait lieu sous les baraquements du Cours-la-Reine. C’était la première grande manifestation de la peinture cubiste.

Verhaeren y était venu. Accompagné d’un critique d’art il regardait avec un peu d’effarement, mais aussi avec bienveillance, les œuvres des peintres modernes. Soudain quelqu’un signala la présence du poète Guillaume Apollinaire qui expliquait à une dame l’art orphique.

—  Je voudrais bien voir Apollinaire, sollicita Verhaeren.

La chose était aisée. On le lui montra. Verhaeren pendant un instant considéra le jeune poète, il était fort intéressé par sa vue. L’expression de son visage témoignait d’une réelle sympathie. A ce moment Guillaume Apollinaire déclarait à un groupe de visiteurs sceptiques :

Mais, si vous n’y comprenez rien, tant pis pour vous. Vous comprendrez plus tard. Le cubisme s’affirmera. Pourquoi voulez-vous que la peinture n’évolue pas comme le reste, comme la poésie même ? Tenez, voilà un poète qui passe et qui célèbre dans ses poèmes la beauté des cheminées des usines.

C’est curieux ce qu’il dit là, murmura Verhaeren.

« Comoedia. »  Paris, 1927.
Illustration: Auguste Herbin.

Engastrimysme

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amoureux

Le mot  engastrimysme (ou ventriloquie) exprime une manière de parler dans laquelle la voix paraît sortir de l’estomac ou du ventre, bien que réellement les sons soient articulés dans la bouche et dans le pharynx ou le gosier.

Tout le mécanisme de l’engastrimysme  « consiste, d’après Richerand, dans une expiration lente et graduée (filée en quelque sorte), expiration qui est toujours précédée d’une forte aspiration, au moyen de laquelle le ventriloque introduit dans ses poumons une grande masse d’air, dont il ménage ensuite la sortie. » L’abbé de la Chapelle, qui a composé un ouvrage ex professo sur cette matière, nous apprend qu’un nommé Saint-Gilles, marchand épicier à Saint-Germain-en-Laye, s’était, de son temps, rendu fort célèbre dans l’art engastrimytique. Voici une anecdote curieuse qu’il rapporte au sujet de ce ventriloque fameux :

Un jeune homme marié depuis trois ans vivait dans le meilleur accord avec sa femme, lorsqu’une étrangère vint lui inspirer une passion criminelle. On essaya vainement de ramener ce jeune homme à son devoir. Il s’abandonnait à tous les excès, outrageant à la fois et l’hymen et les bonnes mœurs dans sa nouvelle liaison.

Saint-Gilles se charge de le convertir. Il l’attire dans un lieu solitaire, et là il lui fait entendre ce discours solennel :

« Jeune homme, tu as mis hier une prostituée dans ses meubles. Tes parents sollicitent contre toi une lettre de cachet : si tu ne rentres promptement dans ton devoir, tu périras dans une prison, et après ta mort tu seras livré aux flammes éternelles. »

Le coupable, effrayé, chercha longtemps et inutilement d’où pouvait partir cette voix. Persuadé qu’elle tenait du prodige, il alla se jeter aux pieds de sa femme, et y abjura son erreur.

« Physiologie catholique et philosophique. » Pierre Jean Corneille Debreyne. Paris, 1872.

Anecdote sur Angelica Kauffman

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Angelica-Kauffmann...

M. Rabbe, dans son excellente notice insérée dans la Galerie des Contemporaines, a apprécié avec son talent ordinaire cette femme célèbre, qui, dès l’âge de douze ans, maniait heureusement le pinceau, et qui parvint à prendre place parmi les plus grands et les plus illustres artistes.

Il a dépeint ses premiers pas dans la peinture, ses progrès, ses succès, puis les douleurs de sa vie privée, l’affreux malheur qui la mit dans les bras d’un misérable aventurier au moment où elle croyait épouser un homme d’un rang illustre. Enfin, il a jugé son genre, son talent et ses œuvre avec ce sentiment exquis des arts qui le caractérise. Cependant il a oublié de raconter une anecdote de la vie d’Angelica, peu importante sans doute en elle-même, mais qui prouve pourtant qu’il y avait en elle un peu moins d’idéalité, et un peu plus de cette coquetterie commune à toutes les femmes, et surtout à celles qui, comme Angelica , sont favorisées des dons de la nature.

C’est dans des mémoires très intéressants sur le sculpteur Joseph Nollekens, publiés en Angleterre, que nous trouvons, cette anecdote.

Tout le monde connaît, dit l’auteur de cet ouvrage, la manière dont Angelica Kauffman fut trompée par un valet qui l’épousa sous le nom de comte de Horn ; sa douleur fit grand bruit. Cependant, on sympathisa beaucoup moins à ses peines, quand on connût en Angleterre son extrême coquetterie. En voici une preuve, Nollekens avait été témoin lui-même du fait :

Avant son mariage, et pendant qu’elle était à Rome, Angelica aimait passionnément à se montrer, à étaler ses charmes et à se faire adorer par une foule d’admirateurs. Un jour, dans cette intention , elle se plaça dans une des loges les plus apparentes du théâtre Argentina ; elle était accompagnée par Nathaniel Danc et un autre artiste, qui, tous les deux, comme bien d’autres, étaient amoureux fous d’elle.

Comme elle était assise entre ses deux adorateurs, elle sentit un bras de chacun d’eux presser amoureusement sa taille. Alors, croisant ses bras et s’appuyant sur le devant de la loge, elle prit une main à chacun d’eux, et la serrant, elle les laissa convaincus tous les deux qu’ils étaient payés de retour.

Le bon Nollekens, en contant cette anecdote, s’en étonnait beaucoup ; sa susceptibilité anglaise ne pouvait comprendre ce manège de coquetterie. Qu’eût-il dit s’il avait vu nos Saphos et nos Angelica actuelles, le plus souvent aussi remarquables par ce défaut que par leur talent ?

« Diogène : feuille historique, philosophique et littéraire. »  Paris, 1828.

L’art est la science du beau

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James Abbott McNeill Whistler

On a maintes fois reproché au fameux peintre Whistler le flou de son tableau où les formes flottantes des personnages et les intentions vagues de l’artiste sont parfois difficiles à interpréter.

Un soir, le peintre dînant chez son ami Henry Irving, le célèbre acteur anglais, se mit à disserter savamment sur deux de ses tableaux accrochés aux murs de la salle à manger. Après une assez longue conférence Whistler, regardant de plus près une des toiles, s’écria tout à coup :

Irving ! Irving… regardez donc ce que vous avez fait…

Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Irving sans s’émouvoir.

Ce qu’il y a, tonna l’artiste rendu furieux. Mais vous voyez bien, malheureux, que ces tableaux ont été pendus à l’envers : le haut en bas. Je suppose qu’ils sont ainsi depuis longtemps… et vous ne vous en êtes pas aperçu !…

tableau

Ah, mon cher Whistler ! répliqua l’acteur, il ne faut pas m’en vouloir, mais plutôt m’excuser, puisque vous-même, cher maître, vous l’auteur… vous avez mis une heure à vous en apercevoir.

« Revue française. » Paris, 1903.

Je m’essaye moi aussi à la photographie artistique (y’a pas de raison, hein !)

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Ma première œuvre

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 » Drap satin de coton, tissage uni, tout juste sorti du lave-linge …  » Gavroche

Je suis très fier de moi !

tresheureux