assassin

Question étymologique

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hassan-al-sabbah

Le mot assassin vient du mot arabe haschisché, nom d’un breuvage fait avec la poudre des feuilles du chanvre.

Le conquérant persan Hassan ibn al-Sabbah (1054-1124), surnommé le vieux de la montagne, enivrait, dit-on, ses soldats de cette boisson qui engendre un délire furieux. Ils commettaient alors d’atroces cruautés. C’est ainsi que la substance enivrante a fini par donner à ceux qui se rendent coupables d’un meurtre.

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Civilité d’un juge

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western

Voici comment un juge américain, connu dans tout l’Ouest par sa politesse exquise, qui contraste tant avec le sans-gêne habituel des Yankees, a récemment annoncé à un meurtrier sa condamnation à mort :

« Accusé, monsieur D…, levez-vous, je vous prie. C’est là une formalité prescrite par la loi, sans cela, je me ferais un scrupule de vous déranger. Vous êtes inculpé d’un crime qualifié d’assassinat, je crois.

A mon grand regret, le jury vous a déclaré coupable. J’ai malheureusement, tout en réservant mes sentiments personnels, à vous annoncer que vous devez être pendu par le cou jusqu’à ce que vous soyez mort, mort, mort ! Maintenant, je vous prie, rasseyez-vous. Permettez-moi encore une question : à quelle heure vous serait-il le plus convenable d’être pendu ? »

« Le Voleur illustré. » Paris, 1869

Le chapeau de Villain

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raoul-villain

Après le court interrogatoire de forme que lui avait fait subir M. le Président Bondoux, Raoul Villain, l’assassin de M. Jaurès, retourna, en fiacre, du Palais à la Prison de la Santé.

Durant tout le trajet, il se montra maussade. L’interrogatoire l’avait-il fâcheusement impressionné ? Son énergie morale ou ses forces physiques avaient-elles subi une défaillance inquiétante ? Non. Dans ce premier contact avec M. le président Bondoux, l’assassin avait bien pris l’attitude modeste, mais énergique qu’il avait jugée convenable.

Son trouble provenait d’une autre cause infiniment vulgaire : il avait perdu son chapeau. Et il lui fallait rentrer nu-tête à la prison de la Santé, tandis qu’il tenait, sur son bras gauche, son pardessus correctement plié ! Jamais héros cornélien n’eût à subir une mésaventure si piteusement bourgeoise.

Pourvu qu’il n’ait pas, pour comble d’infortune, contracté un ridicule rhume de cerveau !

« Le Cri de Paris. » Paris, 1915.

Le cinématographe provocateur

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new_york

Il est inutile de rappeler le rôle que le cinématographe a joué, en maintes circonstances, comme agent incendiaire, mais voici que les journaux américains l’accusent maintenant d’un tout autre genre de méfaits.

Il parait, en effet, que des entrepreneurs hardis font naître sciemment et à point nommé des scènes de désordre, afin de pouvoir les cinématographier.

C’est ainsi que. lors de l’exécution récente d’un assassin, à New-York, dès que le bourreau eut terminé son œuvre, un groupe d’individus sans aveu attaqua subitement, et sans motif apparent, les agents du shérif.

Une lutte terrible à coups de poings s’ensuivit, et la foule, sans savoir de quoi il s’agissait, ayant pris parti pour les uns ou pour les autres, les scènes de désordre se propagèrent rapidement sur une grande partie de la place, tandis que, dans d’autres coins, le public se contentait de se réjouir férocement de la bagarre.

On a su, depuis, que l’attaque contre les gardes du shérif avait été arrangée d’avance par un fabricant de vues cinématographiques, et que les individus en question avaient été loués et grassement payés par lui.

« La Science française. »  Paris, 1897.
Illustration : Mulberry Street, on the Lower East Side, circa 1900

Le cul-de-jatte

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cul-de-jatte

Favart raconte l’histoire d’un cul-de-jatte mendiant, alors connu de tout Paris (1763).

Cet homme donnait de l’eau bénite le matin à Notre-Dame, ensuite il parcourait la ville et les environs à l’aide de deux petits chevalets, qu’il employait avec beaucoup de force et d’habileté. Le coquin avait une face d’une largeur superbe, il était gros à proportion, et, à en juger par son tronçon, il aurait eu près de six pieds s’il n’eut pas été mutilé. A son embonpoint, sa rougeur, sa vigueur, on pouvait juger qu’il était abondamment nourri. Rien ne lui manquait pour être heureux que d’être honnête homme.

Un jour, sur la route de Saint-Denis, il demande l’aumône à une femme qui passait. Elle lui jette une pièce de douze sous. Il la prie de la lui ramasser, ce qu’il ne peut faire lui-même. Tandis que la brave dame se baisse, il s’approche, lui décharge sur la tête un coup de maillet, et, voyant qu’elle n’est pas morte, lui coupe le cou et la vole.

Cette action est aperçue. On saisit l’assassin, on le mène en prison. Interrogé, il avoue que depuis vingt ans il fait ce métier et que ses victimes sont nombreuses.

Il plaisante d’ailleurs sur sa situation, et dit qu’il ne peut jamais être rompu qu’à moitié, car il défie bien le  bourreau de lui casser les jambes.

« Curiosités historiques et littéraires. »  Eugène Muller, Paris, 1897.

Danger de la miséricorde

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louisXVLouis XV signait une condamnation à mort… Après avoir déployé son auguste paraphe :

Choiseul, dit-il au célèbre ministre qui lui tenait l’écritoire, cet homme a tué vingt personnes. Je lui avais pourtant fait grâce la première fois.

Sire, répondit Choiseul, c’est donc que ce misérable n’a tué qu’un seul homme. Votre Majesté a tué les dix neuf-autres.