assassinat

Art d’accommoder les restes

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noackConnaissiez-vous la choucroute à la bavaroise, nouvelle recette culinaire inventée par une rêveuse allemande, jalouse probablement de la veuve Mausole, qui, comme chacun sait, fit de son estomac le cercueil de son défunt. 

Gretchen Grübenher, une habitante d’un petit village de Bavière, ayant trouvé que son mari avait un caractère difficile, l’a tué. Après avoir coupé son corps en morceaux, en a pieusement enseveli les restes dans un tonneau de choucroute. 

Lorsque la justice s’est transportée au domicile de Gretchen, et qu’après avoir longtemps cherché le cadavre de Benedeck (la victime), l’a trouvé dans un piteux état… Gretchen Grübenher s’est alors élancée vers l’un des juges : 

 Il s’est suicidé. Je suis innocente ! s’est-elle écriée

Mais, après une courte délibération, les juges ayant trouvé la chose invraisemblable, ont fait mettre Gretchen Grübenher en état d’arrestation. 

Le tonneau de choucroute sera déposé au greffe comme pièce de conviction. 

D’après « L’Avant-scène. » Bordeaux, 21/06/1868.
Illustration : Noack.

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Les trois léonards

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Il y avait une fois trois léonards qui ne savaient pas un mot de français.

Ils entreprirent un voyage, et l’aîné dit aux autres :

 Sur notre route nous aurons occasion de l’apprendre. 

Cela dit, ils partirent et passèrent par une ville, où ils virent des enfants qui revenaient de l’école. En passant par un groupe d’élèves, ils entendirent l’un d’eux qui disait : 

Trois léonards.

Alors ils se dirent « Maintenant nous savons du français »,  et ces deux mots-là furent pour l’aîné des trois. Quelques instants après, ils virent deux enfants qui entraient dans une épicerie, et l’un d’eux dit :

Pour deux sous de figues.
— Ah! voilà mes mots à moi ! dit le cadet.

Après qu’on eut pesé les figues, comme la balance restait très bien en équilibre, l’autre enfant dit : 

Comme c’est juste !
— Voilà mes mots, dit alors le plus petit des Léonards.

A quatre lieues plus loin, ils rencontrèrent au bord de la route un homme qu’on venait d’assassiner. les gendarmes survenant au même instant leur demandèrent :

Qu’est-ce qui a tué cet homme-là ?
— Trois léonards, dit le plus grand.
— Pourquoi ? demande de nouveau le gendarme.
— Pour deux sous de figues, dit le cadet.
— C’est bien, vous irez en prison.
— Comme c’est juste! dit le plus petit.

Et les gendarmes emmenèrent les trois hommes en prison, les mains liées derrière le dos.

« Société des traditions populaires. »  Paris, 1908.
Illustration : Jean Emile Laboureur.

Les pérégrinations d’une carte d’invitation

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Lorsque le général Launitz, le préfet de Saint-Pétersbourg, fut assassiné, voici quelques mois, on découvrit que la carte d’invitation qui servit au meurtrier était celle… du premier ministre, M. Stolypine.

M. Stolypine n’avait pas utilisé sa carte qui était tombée entre les mains d’un agent de la sûreté spécialement « affecté à sa personne ». Cet agent l’avait offerte au meurtrier.

Il y a des auteurs qui ont écrit pour les enfants l’histoire d’une pièce de deux sous. On pourrait faire un conte tragique avec l’histoire de cette carte d’invitation.

« Ma revue. Hebdomadaire. »   Paris, 1907.

Le douzième juré

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tribunal.

Selon l’ancienne coutume anglaise, un accusé ne pouvait être condamné que sur l’accord unanime des membres du jury. Un fait affirmé par nombre d’auteurs témoigne hautement en faveur de cette loi.

Un anglais était accusé d’avoir assassiné un de ses voisins. Des témoins séduits ou abusés le chargeaient de cet assassinat. Le crime était, évident aux yeux de onze jurés sur douze. Le douzième s’obstinant à dire que l’accusé était innocent, lui sauva la vie.

Or le douzième juré, comme cela fut reconnu plus tard, était lui-même l’assassin.

« Musée des familles. »  Paris, 1897.

Le président Carnot et la pluie

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Ce fut M. Carnot qui consacra le principe des voyages présidentiels; cela, d’ailleurs, lui coûta la vie. M. Carnot fit de très nombreuses excursions dans les grandes villes de France; or, phénomène ou plutôt coïncidence véritablement bizarre, toutes les fois qu’il se déplaçait, on était sûr que la pluie se mettait à tomber sur tout le parcours, si bien que, pendant une période de sécheresse très grande, un journaliste proposa, comme remède, de faire faire à M. Carnot le tour de la France. Inutile d’ajouter que cette proposition n’eut qu’un succès d’hilarité.

M. Carnot était la simplicité et la correction mêmes. II n’aimait pas les pompes officielles dont la solennité frise si souvent le ridicule. Il se montrait fort accessible à tous. On sait avec quelle facilité l’assassin Caserio put, le 24 juin 1894, à Lyon, s’approcher de sa voiture et le frapper au ventre d’un terrible coup de poignard. 

Des témoins racontent l’atroce agonie de Sadi Carnot, qu’une toile désormais célèbre a définitivement fixée pour l’histoire. Ce qu’a souffert l’infortuné président jusqu’à l’instant où il a perdu connaissance est impossible à décrire. Dans l’antichambre, on entendait les cris épouvantables que lui arrachait la douleur : et cependant, il eut encore la force de serrer les mains des habiles chirurgiens, qui, malgré leur science et leur dévouement admirables, ne purent le sauver.

Son éphémère successeur, Jean Casimir-Perier, n’eut pas le temps de se livrer à aucun déplacement officiel.

« Magazine universel. » Paris, 1903.

Adultère et dynamite

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dynamite

Dans la petite commune de Celadz, près de Breslau, la femme d’un mineur entretenait des relations avec un jeune homme. Elle trouva que son mari la gênait.

La misérable plaça une cartouche de dynamite sous le lit de son époux et, après s’être assurée que l’homme dormait profondément, elle la fit éclater.

L’effet de l’explosion fut terrible. La tête, le tronc, les bras et les jambes furent littéralement mis en morceaux. La femme et sont amant ont été arrêtés.

« Les Faits-divers illustrés. »  Paris, 1905.

Le chien de William Terriss

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William Terriss 20/02/1847 – 16/12/1897
William Terriss

On raconte, à propos de l’assassinat de l’acteur anglais William Terriss  (20/02/1847-16/12/1897), une histoire bien curieuse.

L’acteur Terris avait un petit chien dont l’attachement jaloux pour son maître fournissait nombre d’anecdotes surprenantes aux familiers de la maison. Aucune d’elles n’aura été plus saisissante que la dernière, et la voici, telle que la rapporte un témoin fortuit.

A l’heure, à l’instant précis où William Terriss était assassiné très loin de sa demeure, le petit chien favori de la victime a bondi tout à coup et, subitement furieux, le poil hérissé, il a aboyé avec tant de violence contre un agresseur invisible que les membres de la famille, très impressionnés, ont pu le calmer difficilement. Pourtant, aucun étranger n’était là… personne à la porte !

« L’Écho du merveilleux. »  Gaston Méry, Paris, 1898.