auberge rouge

L’auberge rouge de Peyrebeille

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Photo DL/Fabrice HÉBRARD

Dans tout l’imaginaire de l’horreur, l’auberge où l’on assassine tient une place d’honneur. C’est une auberge reculée, perdue, que l’on ne peut éviter si l’on ne veut pas coucher dehors dans la nuit glaciale, et dont les hôtes massacrent , pour les détrousser, les malheureux voyageurs isolés.

Elle a existé ici au début du XIXème siècle dans un sévère décor de montagnes désertiques. Le plus étrange est que ses propriétaires, les époux Martin, ont exercé à loisir pendant plus de vingt-cinq ans leur coupable industrie avant d’être découverts en 1831.

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Ils furent décapités en 1833 dans la cour même de leur auberge après un procès retentissant dont les détails firent frissonner la France entière grâce à une presse à sensation à ses débuts. On ignore le nombre exact de leurs victimes, mais une si longue impunité témoigne de leur ruse et du soin avec lequel ils choisissaient leurs proies.

Fait étrange, la fiction avait précédé la réalité: quelques années avant ce macabre procès, un mélo qui fit courir le Tout-Paris pour applaudir Frédérick Lemaître, l’Auberge des Adrets, développait un thème à peu près analogue !

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La visite des lieux est impressionnante: ses propriétaires actuels ont su restituer une atmosphère très suggestive et, quand les curieux grimpent le sombre escalier où la domestique Rochette, âme damnée des épous Martin, guettait les clients pour les assomer, ils s’y croiraient. On a dit que l’on n’hésitait pas ici à servir les victimes en pot-au-feu aux clients suivants.

« A la découverte de la France mystérieuse. »  Sélection du Reader’s Digest, 2001.

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