Autriche

Vampires

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On appelait vampires les cadavres qui se conservaient intacts dans la tombe, et qui en sortaient, disait-on, la nuit, pour aller sucer le sang des personnes endormies. Lorsque, par hasard, on ouvrait leurs tombes, on trouvait les vampires parfaitement conservés, le visage frais, mais souillé du sang qu’ils avaient bu.

La croyance au vampirisme était généralement répandue dans la Hongrie , la Pologne, l’Autriche, la Servie et la Moravie. Il suffisait d’ un mauvais plaisant, ou plutôt d’un malfaiteur sortant la nuit, d’ un cimetière, pour porter la terreur dans la contrée. Tout le monde avait vu l’affreux vampire Il était fait de telle et telle façon. Il ouvrait une large bouche et montrait ses dents redoutables, etc. etc. Chacun fermait sa porte et se barricadait pour ne pas devenir la victime du vampire.

En 1726, on ouvrit la tombe d’un vieux vampire nommé Arnold, qui suçait le sang de tout le voisinage. On le trouva dans sa bière, l’œil éveillé, le teint enluminé et l’air gaillard. Le bailli de l’ endroit, homme expert en vampirisme, lui fit enfoncer un pieu dans le cœur, et trancher la tête. Ensuite on brûla le cadavre. Après quoi il ne suça plus personne.

Ce fait est attesté par deux juges du tribunal de Belgrade qui assistèrent à l’exécution, et par un officier de l’empereur, comme témoins oculaires.

Auguste Debay. « Histoire des sciences occultes depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. » Paris, 1860.
Illustration : Edvard Munch.

Un « illustre »père

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« Aujourd’hui 20 mars 1811, raconte le Journal officiel, à neuf heures vingt minutes du matin, l’espoir de la France a été rempli : un prince est heureusement né à S. M. L’Impératrice; le roi de Rome et sa mère sont en parfaite santé. Toute la nuit qui a précédé l’heureuse délivrance, les églises de Paris étaient remplies d’une foule immense de peuple qui élevait ses vœux au ciel pour le bonheur de LL. MM. Dès que les salves se firent entendre on vit de toutes parts les habitants de Paris se mettre à leurs fenêtres, descendre à leurs portes, remplir les rues et compter les coups de canon avec une vive sollicitude. Ils se communiquaient leurs émotions, et ont laissé enfin éclater une joie unanime, lorsqu’ils ont vu que toutes leurs espérances étaient remplies, et qu’ils avaient un gage de la perpétuité de leur bonheur. »

Vingt et un ans plus tard, mourait en terre autrichienne un pâle jeune homme phtisique, émacié, et sur sa tombe l’on écrivait :

« A l’éternelle mémoire de Joseph-François-Claude, duc de Reichstadt, fils de Napoléon, empereur des Français, et de Marie-Louise, archiduchesse d’Autriche, né à Paris le 20 mars 1811. Salué dans son berceau du nom de roi de Rome. A la fleur de son âge, doué de toutes les qualités de l’esprit et du corps, d’une imposante stature, de nobles et agréables traits, d’une grâce exquise de langage, remarquable par son instruction et son aptitude militaire, il fut attaqué d’une cruelle phtisie, et la mort la plus triste l’enleva dans le château des empereurs, à Schönbrunn près de Vienne, le 27 juillet 1832. »

A schönbrunn, au lieu même où Napoléon avait dicté des lois au monde. Naissance glorieuse suivie d’une mort obscure, la destinée du duc de Reichstadt est pitoyable. A peine âgé de trois ans, il fut chassé de sa patrie par la guerre étrangère et grandit sans secousse, sans émotion, tenu en captivité et soigneusement éloigné de tout ce qui pouvait lui rappeler son illustre origine. Il disait un jour à M. de Metternich :  « Nul ne rentre dans son berceau quand il l’a quitté, jusqu’ici c’est l’unique monument de mon histoire« ; et il ajoutait avec le pressentiment des malades : « Ma tombe et mon berceau seront bien rapprochés l’un de l’autre. »

Alfred Spont. »Les grandes infortunes. » Paris, 1897.

Heureux temps

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C’était en 1809. Napoléon était au château de Schönbrunn près de Vienne. Il venait de battre l’Autriche.

Un jour qu’il passait une revue, le grand maréchal du palais remarqua un jeune homme, tenant un papier à la main, qui cherchait à s’approcher de l’empereur. Il éveilla les soupçons. On l’arrêta. Il était porteur de deux poignards.

Il avoua nourrir le projet d’assassiner Napoléon. Ce dernier le fit interroger.

C’était un jeune Allemand qui répondait posément. Il avait la conscience de remplir un devoir. En supprimant l’empereur, il sauvait l’Allemagne.

 Et si on vous laisse libre, lui demanda-t-on, que ferez-vous ?
— Je recommencerai, répondit-il.

Napoléon, fort troublé, fit appeler son ministre Champagny.

Tout cela, lui dit-il, fait supposer une agitation qui peut nous être funeste. Faites des concessions à l’Autriche, je veux que la paix soit signée cette nuit.

Elle le fut.

Heureux temps où la paix se signait en une nuit !

C’est Champagny lui-même qui raconte ce fait dans ses souvenirs.

« La Grande guerre par les grands écrivains. » Messidor, Paris, 1919.