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Explosion d’un oeuf d’autruche

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M. Georges Bauer, attaché au Peabody Museum de Yale (Connecticut), vient d’être victime d’un curieux accident. M. Bauer était occupé à examiner des oeufs d’autruche, qu’on avait fait venir de l’Afrique centrale, lorsqu’un de ces oeufs, qu’il essayait de percer, lui a éclaté dans les mains comme une bombe de dynamite et l’a renversé inanimé sur le sol.

L’oeuf s’étant gâté pendant le voyage, il s’était formé à l’intérieur un gaz aussi dangereux que nauséabond, qui a causé l’explosion. Quand il a repris ses sens, M. Bauer a découvert qu’il avait reçu plusieurs blessures plus douloureuses que graves; mais il aurait pu perdre la vue s’il n’avait pris la précaution d’entourer l’oeuf d’une serviette avant d’essayer de le trouer. Inutile d’ajouter que toute la salle était couverte d’éclaboussures d’une odeur infecte, et que M. Bauer a été obligé de se laver la tête avec de violents acides pour se désinfecter les cheveux.

L’oeuf pesait trois livres et une demi-once, et sa coquille était si dure qu’il aurait fallu se servir d’un marteau pour la briser. Les oeufs gâtés d’autruche, voilà un engin auquel n’avaient pas encore songé les nihilistes.

« La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1887.

L’autruche humaine

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autruche-humaineIl y avait en Angleterre un individu qui avait adopté une profession singulière. Il se faisait appeler « l’autruche humaine », et prétendait, lui aussi, pouvoir, sinon digérer, du moins avaler toutes sortes de choses. Il gagnait ainsi sa vie à des exercices dangereux.

Un beau jour, « l’autruche humaine » dut être admise d’urgence à l’hôpital, où elle présentait tous les symptômes d’une obstruction intestinale. Rien, dans les réponses du malade, ne mit le chirurgien sur la piste; personne, à l’hôpital, ne connaissait ses habitudes et ses goûts. Une intervention chirurgicale parut nécessaire, et on ouvrit l’abdomen.

L’intestin apparut, perforé en. plusieurs points, et la cause des perforations apparut aussi sous forme de morceaux de fer, tandis qu’ailleurs un crochet métallique replié sur lui-même et auquel était attachée une lanière de cuir était engagé dans les parois intestinales. Le malheureux avoua alors son étrange métier.

L’autopsie faite après la mort a montré que, sur une longueur de quarante-cinq centimètres, l’intestin était absolument obstrué par un amas de matières étrangères. Voici l’inventaire des objets trouvés : 40 morceaux de bouchons de liège, 30 morceaux de fer-blanc, 9 pièces de dix centimes en cuivre, un anneau de fer, dix ou douze morceaux de tuyaux de pipe, une balle de plomb, un anneau en caoutchouc, 3 morceaux de cuir avec de la ficelle, des fragments de journaux, un morceau de cuir de 25 centimètres de longueur avec un crochet en fer à chaque extrémité, une ficelle avec des bouchons et des morceaux de fer-blanc, et divers menus objets.

in Ma revue. Hebdomadaire illustré.  Paris 1907.

Le caractère des autruches

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Les autruches sont d’un caractère à peu près aimable. Leur élevage, cette industrie si prospère aujourd’hui en quelques colonies, n’est pas sans présenter quelquefois des dangers tout aussi considérables que ceux de l’élevage des bêtes à cornes en liberté.

M. James Andrew, dans une note présentée à la Société Royale de Tasmanie, nous apprend qu’à l’époque de la reproduction, le mâle de l’autruche devient un animal terrible, d’une susceptibilité farouche, toujours prêt à attaquer, et que l’on ne doit approcher qu’avec les plus grandes précautions. A ce moment, il ne souffre la présence d’aucun visiteur, et s’oppose violemment a l’envahissement des terrains qu’il regarde comme son domaine.

C’est à coups de pied qu’il attaque alors les hommes ou les animaux qui l’approchent. Il balance une patte d’avant en arrière jusqu’à ce que son pied, armé d’une griffe formidable, s’élève assez haut; alors il le fait retomber sur sa victime, avec une force terrible, capable de lui rompre les membres s’il l’atteint avec le plat du pied, et de lui causer des blessures encore plus graves s’il l’atteint avec les doigts armés d’ongles puissants.

On a vu des hommes tués net, d’un seul coup de cette arme redoutable, et M. Andrew cite le fait d’un cheval dont l’arrière-train fut rompu par un de ces coups de pied, destiné au cavalier qui le montait.

Un homme attaqué par un de ces animaux furieux chercherait inutilement son salut dans la fuite; en un instant, l’oiseau l’aurait atteint, et on sait ce qui en résulterait. On n’a d’autres ressources que de se laisser tomber étendu sur le sol, et d’y rester en se soumettant, avec toute la résignation possible, aux coups inévitables et cruels qui seront répétés certainement, à intervalles rapprochés, jusqu’au moment où une occasion se présentera de s’échapper, ou jusqu’à celui où un mouvement de l’autruche permettra de lui saisir la tête. En la tenant alors fortement, et inclinée vers le sol, on empêchera l’animal de poursuivre son œuvre meurtrière.

On n’est pas sauvé cependant dans ce cas. M. Andrew a vu, dans ces circonstances, une autruche calculer assez bien son effort pour s’appliquer à elle-même, sur la tête, un coup si violent, qu’elle s’est brisé le crâne.

« La Science française. » Paris, 1890.