avortement

Ton corps est à toi

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Montéhus en correctionnelle ?…. Le chansonnier Montéhus ?… Le vrai ? Pas possible ! à qui donc se fier, mon Dieu !.. Et qu’a t-il fait, le pôvre ?…

Pas grand chose: il a écrit un bouquin: Ton corps est à toi. Et l’on dira encore que la littérature est une profession de tout repos ! Pour un pauvre livre, deux cents pages en gros caractères, la correctionnelle ! Brrr !… Le métier devient difficile.

Il est vrai que l’ancien chansonnier, devenu auteur dramatique, a quelque peu piétiné les bégonias de la morale. Oyez plutôt :

L’héroïne de l’histoire, Margot, est amoureuse d’un tuberculeux. Elle lui donne son corps (Ton corps est à toi ! affirme l’auteur ), ce qui n’est pas pour déplaire au pauvre bougre de phtisique qui finit par lui faire un enfant.

Rien de bien méchant jusque là,et le Parquet ne se serait guère intéressé à cette aventure assez banale, si Margot ne s’était avisée de supprimer le produit qui allait naître de ses escapades. L’auteur fait comparaître ensuite Margot devant le jury qui l’acquitte au milieu d’un tonnerre d applaudissements.

Cette idée saugrenue a amené Montéhus  devant la 12ème Chambre pour répondre du délit de provocation à l’avortement.

Remarquez,déclare l’auteur, que mon héroïne a été arrêtée. Je la fais arrêter, oui, Messieurs.
— Mais vous la faites acquitter,rétorque le Président. C’est immoral. ‘
— J’ai eu pitié d’elle…
— Il ne fallait pas….La justice n’admet pas cette sensiblerie…

Me Jean Longuet s’est donné beaucoup de mal pour expliquer au Tribunal que les intentions de son client étaient des plus morales. Il voulait simplement « faire voter
une loi qui permettrait l’avortement dans certains cas ».

L’affaire a été mise en délibéré. Les paris sont ouverts.

« Chantecler. »  Tananarive, 1931.

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La Maison des Mères

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maison-des-meres-herriotIl semble tout de même qu’on se décide à respecter la maternité, en toutes circonstances. Récemment, Edouard Herriot, maire de Lyon, ministre de l’instruction publique, a inauguré une annexe de la Maison des Mères, de Gerland.

On sait que cette maison accueille toute femme enceinte d’où qu’elle vienne, sans lui demander le moindre renseignement d’identité, et l’héberge jusqu’ à son accouchement, qui a lieu en principe à la Charité.

M. Herriot a voulu compléter cette œuvre en créant une nourricerie de vingt-cinq lits et vingt-cinq berceaux. Lorsque le bébé viendra au monde, les mamans pourront maintenant revenir à leur maison pour allaiter l’enfant les premiers mois de son existence. La Maison des Mères a eu pour résultat de réduire l’avortement et l’infanticide et de donner la vie à des bébés pleins de santé.

En supposant même, dit M. Herriot, que la mère n’ait pas eu une conduite irréprochable, il existe un être sacré pour nous, c’est l’enfant. On a accusé récemment encore les démocrates de ne pas s’intéresser à la natalité. Voilà notre réponse. 

Rappelons que M. Herriot a déposé un projet de loi pour demander la création d’une maison des mères par département.

« La Revue limousine : revue régionale. »  Limoges, 1927.