Bach

Einstein et le petit violoniste 

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Le monde musical allemand est dans l’enthousiasme. Un jeune garçon de douze ans, Jehudi Menuhin, s’est révélé prodigieux violoniste.  

Ce wunderkind a exécuté dernièrement à Berlin trois concertos des trois grands B (Bach, Beethoven et Brahms) avec une telle maîtrise que le public lui a fait une immense ovation. L’orchestre était dirigé par Bruno Walter, un des plus célèbres Kapellmeister d’Allemagne.

Albert Einstein, qui était dans la salle, tint à féliciter le petit virtuose : 

« Mon cher petit, lui dit-il, les larmes aux yeux, voilà bien, des années que je n’ai pas éprouvé une émotion semblable à celle que vous m’avez donnée aujourd’hui. » 

A l’Opéra de Dresde, Jehudi Menuhin a remporté un succès aussi vif qu’à Berlin. Nous aurons bientôt, paraît-il le plaisir de l’entendre à Paris. Cet enfant est nè à San-Francisco. Ses parents, qui l’accompagnent en Europe, sont des israélites de modeste origine qui ont émigré de Palestine aux Etats Unis. Comme on leur demandait de qui leur fils pouvait bien avoir hérité ce génie musical, ils répondirent que son grand-père était un rabbi de la secte des Hassidistes, et que sa ferveur religieuse était peut-être à l’origine de cette précocité, musicale du petit-fils.

« L’Européen. » Paris, 1929.

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La Madelon

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La récente promotion de la légion d’honneur compte parmi tant de noms celui de M. Camille Robert, professeur et compositeur de musique. Depuis trente-huit ans, Camille Robert fait partie de l’orchestre de l’Elysée dont il est chef depuis 1927.

Mais son plus grand titre de gloire, c’est d’avoir composé la « Madelon ». Bien des légendes ont couru sur cette chanson, qui nous était très familière dans notre pays. Voici sa vraie histoire :

Camille Robert avait déjà composé pas mal de chansons et même des marches militaires, quand un jour il reçut la visite de l’acteur et comique troupier Bach (charles-Joseph Pasquier) , bien connu maintenant par le cinéma, et de Bousquet éditeur de musique. Ils voulaient un air très entraînant et très gai pour une chanson de soldat honnête et qui puisse être chantée partout.

L’air fut vite composé et au mois de mars 1914, à Paris, Bach créait la  « Madelon », qui, dans la suite, devait rencontrer un énorme succès.

Faut-il le dire, la « Madelon » n’a pas enrichi son auteur, mais il n’en est point navré.

 
« Le conteur vaudois : journal de la Suisse romande. »  1933.
Illustration : Camille Robert, compositeur de la Madelon, chef d’orchestre de l’Elysée. Agence Mondial. 1933.