bacilles

Gourmets

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fromage

Le fromage est une des gloires de la production française. On connaît le fameux sonnet de Saint-Amand sur le Brie. M. E. de Pomiane raffine encore (c’est bien le mot) et assure que, seuls, les pays ultra-civilisés, les nations qui ont eu une renaissance artistique, possèdent une gamme de fromages.

La France a ses Camenbert, ses Brie, ses Roquefort, l’Italie ses Gorgonzola, ses Parmesan, ses Caciocavallo. Et les fromages suisses, anglais, allemands ne peuvent égaler leur gloire… Il est assez curieux de constater la désaffectation actuelle des tables bourgeoises pour le fromage. C’est une erreur psychologique et hygiénique, tout fromage étant une colonie de bacilles digestifs.

Le fromage pourrait se plaindre de l’ingratitude humaine,  d’autant que Brillat-Savarin d’ordinaire si généreux lui décocha cet aphorisme célèbre, assez étrange comme sens et comme signification :

« Un repas sans fromage est une jolie femme qui n’a qu’un œil ».

Malgré sa passion pour le Livarot, on peut se demander quel rapport existe entre le regard divin d’une Aspasie et un conglomérat de ferments lactiques…

« La Femme de France. »  Paris, 1927.
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Mortelles moustaches

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Mesdames, Mesdemoiselles, ne vous laissez plus prendre un baiser par un porteur de moustaches ! Que votre époux ou que votre fiancé fasse tomber sous le rasoir cet ornement dangereux.

La North American Review raconte qu’on vient de faire une expérience concluante en Amérique. Deux jeunes gens, l’un rasé, l’autre la lèvre ornée de moustaches furent invités (charmante invitation) à déposer un timide baiser, à tour de rôle, sur l’épiderme délicat d’une jeune fille, qui voulut bien se dévouer pour cette cause intéressant l’humanité. Une brosse stérilisée recueillit les microbes (quelle horreur !) laissés sur la fraîche joue de la jeune personne et furent enfermés dans un tube de verre.

Alors… Au bout de quatre jours, dit la North American Review, les tubes furent ouverts. Celui qui contenait les résidus provenant du baiser de l’homme aux lèvres rasées était couvert de taches. Chacune d’elles contenait une colonie de germes et de ferments à peu près inoffensifs. Le tube du jeune homme à moustaches regorgeait, au contraire, de bacilles appartenant aux espèces les plus dangereuses. Bacille de la tuberculose, bacille de la diphtérie, germes de la putréfaction, tout s’y trouvait, même un duvet provenant de la jambe d’une araignée. Les résultats de cette expérience étaient si effrayants que personne n’osa les faire connaître à la jeune-fille.

Et la North American Review s’écrie à la fin :

« Si une femme pouvait voir avec un microscope tous les germes mortels qui sont accumulés dans la moustache d’un homme, jamais elle ne se laisserait embrasser par lui. » 

Nous voilà avertis. Qu’en pensez-vous, messieurs ?

« Touche à tout. » Arthème Fayard, Paris, 1908.