baptême

Vieille superstition

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superstition

Si l’on renverse ou voit renverser une salière à table, il faut, selon la superstition, prendre sur la lame de son couteau quelques grains du sel répandu et les lancer par-dessus l’épaule gauche en prononçant la formule romaine : Sinistrum.

Pourquoi ? Je n’en sais trop rien. Quoi qu’il en soit de cette conjuration, il est incontestable que le sel joue un rôle capital dans les relations humaines. Le sel a toujours été considéré comme substance sacrée. Est-ce une vague réminiscence du berceau du monde, la mer ? Les bulles d’excommunications défendent de donner à l’excommunié l’eau, le feu et, le sel. Le prêtre fait fondre le sel dans de l’eau lustrale et, pour la cérémonie de baptême, on en met une pincée sur la langue du petit chrétien. Quand on rasait une demeure maudite, on semait du sel. La femme de Loth a été changée en statue de sel.

Le pain et le sel sont le symbole de la l’hospitalité, et en même temps un pacte d’amitié. Renverser la salière, c’était refuser l’asile, c’était être l’ennemi.

Autrefois, on avait coutume, dans quelques états, de fournir gratuitement le sel dans les familles qui comptaient plus de douze enfants. En ce temps-là, les produits de la terre suffisaient à nourrir ceux qui la cultivaient, l’argent étant très rare et le sel de première nécessité. Aussi on en avait soin, et les ménagères voyaient la menace d’un malheur quand il s’en répandait à terre.

Le sel emporte donc avec lui une sorte de respect que la superstition exagère, en voyant un présage de mauvais augure dans l’action de le renverser. Aux temps anciens, les esclaves chargés de transporter le sel étaient punis de mort quand ils en répandaient à terre.

« L’Avenir du Cantal. » Aurillac, 1902.

Pas fou !

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Les historiens racontent une assez curieuse anecdote pour donner une idée du faste d’Agostino Chigi.

Au baptême de l’un de ses enfants, il invita Léon X, douze cardinaux et les ambassadeurs étrangers à un splendide repas dans sa villa. On y servit les mets qui passaient alors pour les plus rares et les plus délicats, entre autres « quantité de langues de perroquet apprêtées en cent manières. » C’était sans doute les nids d’hirondelle de ce temps-là. Le service était fait en vaisselle d’or et d’argent magnifique, et d’autant plus précieuse que Raphaël et d’autres maîtres avaient donné les dessins des plats et des vases. 

Pour frapper l’imagination de ses convives, le riche amphitryon, à mesure qu’on desservait, faisait jeter les plats dans le Tibre, qui baignait la salle du festin. La multitude des curieux, qui de l’autre rive voyait tant de trésors lancés dans le fleuve, resta vivement saisie de cette prodigalité et conçut la plus haute idée des richesses du marchand siennois. 

La vérité est qu’Agostino qui connaissait trop bien le prix de l’argent pour le sacrifier ainsi, avait préalablement fait tendre avec beaucoup de précaution au fond de la rivière un filet solide qui recevait et conservait toute la précieuse vaisselle. 

« Figaro : journal non politique. » Paris, 1862.

Cola de communion

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pretre.Extrait d’une lettre adressée par le Révérend R. H. Rice, de l’Eglise libérale de Denvers, à une fabrique de Coca-cola, boisson rafraîchissante : 

Monsieur le directeur,

A cette époque de prohibition, vous avez entendu dire qu’en de nombreuses églises on a remplacé le vin de communion par de l’extrait de grappes non fermenté. Nous sommes fiers d’être les premiers à faire usage du coca-cola.

Dimanche dernier, pendant la communion, une grande bannière portant le nom  Coca-Cola fut déployée.

La pureté. la qualité et le goût excellent de votre breuvage justifient l’usage que nous en faisons, et nous espérons que beaucoup d’autres congrégations suivront notre exemple.

« Mercure de France. »  Paris, 1927.
Illustration : montage personnel.