baronne

le Bottin des mendiants

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Il y a déjà quelque temps, la police parisienne arrêta un certain Alexandre Pretet, qui avait élevé la mendicité à la hauteur d’une institution. Il prenait, nous a raconté le Tout-Paris du Gaulois, des informations sur toutes les personnes riches et charitables de Paris.

On a trouvé sur lui une liste de noms, lesquels noms étaient invariablement suivis d’une note indiquant une grande connaissance du cœur humain.

Voici un extrait de cette liste :

M. le marquis de Boisgelin, 36, rue Saint-Dominique. – Dire qu’on est de l’Yonne.

M. le général Arnaudeau, sénateur, 53, rue du Four. – Dire qu’on est de la Haute-Vienne.

M. Cornil, sénateur, 19, rue Saint-Guillaume. – Dire qu’on est de l’Allier.

Mme de Tourville, 10, place des Vosges. – Bigote. Ne pas se présenter en personne. Faire une lettre où l’on expliquera sa situation misérable.

Mme la marquise de Talhouët-Roy, 13, faubourg Saint-Honoré. – Lui écrire, mais ne pas aller chez elle.

M. Bernard, directeur de la Belle-Jardinière. – Lui demander seulement des effets.

M. le prince d’Hénin, 18, rue Washington. – Joindre à la demande des certificats.

Mme la baronne Hottinguer, 8, boulevard Malesherbes. – Dire qu’on a beaucoup d’enfants.

« Journal littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891.
Illustration : « La Belle et le Clochard. » Capture You Tube.