Batavia

Grève d’un nouveau genre

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C’est un signe des temps, un curieux « tournant » d’histoire moderne, qu’il faut enregistrer pour la postérité: les pilotes d’une Compagnie d’aviation hollandaise se sont mis en grève la semaine dernière à propos d’une question de salaires. Le fait est nouveau et sans précédent, mais vous le voyez il y a commencement à tout !

Après avoir ramené leurs « zincs » aux aéroports d’Amsterdam et de Rotterdam, les aviateurs-grévistes ont abandonné le travail, refusant de repartir tant, que leurs revendications ne seraient pas écoutées favorablement. Voici comment a éclaté ce singulier conflit :

L’aviateur Van Dyck a été chargé par sa Compagnie d’assurer le 25 septembre prochain le service aérien d’Amsterdam à Batavia, petite balade de 14.000 kilomètres qui fut réalisée pour la première fois par le lieutenant Koppen et le pilote Fryns, du 1er au 10 octobre 1927.

Or Van Dyck, estimant ses appointements insuffisants, a déclaré qu’il ne marchait pas, et au lieu de l’augmenter, on lui a résilié son contrat. Tous ses camarades, mécontents, se sont aussitôt solidarisés avec lui. C’est un rude métier que le leur : il veulent être payés davantage, et, pour l’obtenir, ils n’ont pas hésité a proclamer la grève au manche à balai.

Les patrons furent terriblement embêtés, car s’il est possible de trouver, en temps de grève, des maçons ou des plâtriers disposés à travailler, il est beaucoup plus difficile de se procurer à volonté des as capables de conduire un aérobus jusqu’à Batavia… Heureusement qu’a été inventé l’avion sans pilote, et il fut question d’utiliser quelques-uns de ces étonnants « gyropilotes automatiques ».

Ainsi l’automate substitué a l’homme, semble appelé à bouleverser, dans un avenir peu éloigné, toutes les vieilles conditions de la vie sociale.

« Hebdomadaire de Paris. » Paris, 1930.

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A Batavia, tout l’équipage du capitaine James Cook avait été victime de l’air stagnant et putride…

Il n’est pas étrange que les habitants d’un pareil pays soient familiarisés avec la maladie et la mort. Ils prennent des médecines de précaution presque aussi régulièrement que des repas, et chacun attend le retour des maladies comme nous attendons le retour des saisons.

Nous n’avons pas vu à Batavia un seul visage qui indiquât une santé parfaite On y parle de la mort avec beaucoup d’indifférence, et lorsqu’on annonce à un habitant le décès de quelqu’un de sa connaissance, il répond communément :

« Bon, il ne me devait rien ! »

Ou bien :

« II faut que j’aille me faire payer de ses héritiers. »

L’esclavage à Batavia

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On nous assure continuellement, et de la façon la plus grave, que l’esclavage n’existe plus sous aucune législation civilisée. Aussi savourerez-vous cette petite annonce prise dans un journal de Batavia :

« Livraison au plus bas prix : bons bœufs de trait de Madura; magnifiques bêtes de boucherie de Madura; travailleurs jeunes, sains et bien bâtis de Java-Est, hommes et femmes à 6o gulden (123 francs) franco Belawan; chevaux de selle et de voiture de l’île de Rotti.En nous recommandant à votre bienveillance : H. Leecksma Kzn Soeragaïa. »

Il y a aussi, dans ce pays, des comptoirs fort bien achalandés, si l’on en juge par ce prospectus :

« Nous livrons des travailleurs jeunes, sains et bien bâtis de Madura, de Java, des îles de la Sonde, ainsi que des Chinois. Nous nous chargeons aussi d’exécuter toutes les commandes des bêtes de boucherie et de trait. »

N’oublions pas que Batavia appartient à la Hollande, dont la capitale est La Haye, où se tiennent les assises de la paix, et où semble être fondé d’une façon définitive le tribunal d’arbitrage. Aussi ne doutons-nous pas que le gouvernement de la jeune Reine ait bientôt mis ordre aux fantaisies des esclavagistes de la Sonde.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire. »  Paris, 1905.