bateau

Journaux de bord

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campania-cunard

C’était inévitable, avec la télégraphie sans fil. Nous apprenons que la Compania, navire appartenant à la Compagnie Cunard, publie, chaque matin, un journal qui n’est vendu que vingt-cinq centimes aux passagers, bien qu’il ait été composé et imprimé à bord.

Bien entendu, c’est grâce à la télégraphie sans fil qu’il peut donner des nouvelles du monde entier, lesquelles lui sont transmises par la station de Baldhu, sur la côte ouest de l’Angleterre, de Nantucket, du cap Breton et du cap Codort. Vous devez bien penser qu’il n’y est pas question que de la terre et que les petits cancans du bord doivent y trouver leur place.

Mais que vont devenir les malheureux, qui s’en allaient justement en mer, pour ne plus jamais avoir à entendre parler de quoi que ce soit, se passant sur la terre ?

« Touche-à-tout. » Paris, 1904.

Poissons louches

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charles-napier

Est-il vrai que bien des gens s’abstiennent de manger du poisson depuis le naufrage du Saint-Philibert, et que, pour en  offrir à leur clientèle, les hôteliers de la Loire- Inférieure doivent assurer que les crustacés arrivent du nord de la Bretagne ?

Grand amateur de poisson, M. Duchesne, le regretté académicien, ne s’encombrait point de considérations fâcheuses. Un jour, dans son cabinet de travail de Saint-Servan, il nous contait un grand naufrage, qui avait eu lien au large de Saint-Malo. Puis, malicieux, il concluait :

D’ailleurs, les homards ont été excellents, cette année-là.

« L’Impartial. » Djidjelli, 1931.
Peinture de Charles Napier.

Marins

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Mathurin-Méheut

Il est une classe de notre peuple que l’on ne connaît pas assez, c’est la classe des marins.  Il y a là du cœur, de la générosité, de la foi chrétienne. Le matelot croit en Dieu qui soutient son frêle navire entre le ciel et l’abîme; aussi lui demande-t-il sa bénédiction. On dit que cette classe est peut-être la plus charitable de toutes.

A Boulogne sur-Mer, un pêcheur périt dans un naufrage. Cependant, il est père de famille, il laisse une femme et cinq petits enfants ! Que vont-ils devenir ? La charité des marins y a pourvu. A chaque pêche, chaque bateau donne à la pauvre veuve un de ses plus beaux poissons; elle donne du pain et de l’instruction à ses petits enfants.

J’aime la charité, elle est si bonne et si facile !

« Encyclopédie populaire : journal de tout le monde. »  Paris, 1856.
Illustration :  Mathurin Meheut.

Célérité marseillaise

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galere_construction

On vante beaucoup la célérité de nos constructeurs modernes qui livrent des vaisseaux en dix mois. Que diraient-ils des constructeurs du XVIIe siècle qui bâtissaient des galères en dix heures et demie. La chose advint, paraît-il, à Marseille en octobre 1679, et nous trouvons le fait consigné dans la Gazette de France du 11 novembre de la même année.

Le marquis de Seignelay, secrétaire d’État, était arrivé à l’arsenal de Marseille à six heures du matin. Aussitôt Brodart, intendant général des galères, donna un coup de sifflet, et huit cents ouvriers commencèrent à bâtir une galère. Chaque corps de métier portait un costume différent pour qu’on pût distinguer les diverses catégories d’ouvriers. A six heures et demie, la besogne était entreprise, et à cinq heures du soir la galère était achevée et équipée. Le maréchal duc de Vivonne, le marquis de Seignelay et le chevalier de Noailles montèrent dessus et allèrent jusqu’au château d’If. Voilà de la rapidité qui dépasse nos constructeurs modernes.

N’oublions pas que si le fait s’est passé à Marseille, la Gazette de France qui le relate était le journal officiel du temps.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1892.
Illustration : peinture attribuée à Jean-Baptiste de La Rose l’Ancien.