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Le pari

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berge-tamise.

Un marinier remontait la Tamise dans une frêle embarcation. Un coup de vent survient et la chavire. Le pauvre homme s’efforce de regagner la rive.

La foule s’amasse sur le quai (on est aussi curieux à Londres qu’aux bords de la Seine), et tout aussitôt des paris s’organisent.

Il sait nager !
Il ne sait pas nager !
Il se noiera !
Il ne se noiera pas !
Dix livres qu’il se noie !
Dix livres que non !

Deux bateliers, témoins de l’accident, sautent dans leurs barques, et viennent de l’autre rive au secours du malheureux. Encore quelques coups d’aviron, et ils vont l’arracher au danger.

Mais, à ce moment, un cri général part de la rive opposée :

— Il y a un pari !…

A ces mots sacramentels, les bateliers s’éloignent aussitôt, l’homme se noie, le pari est gagné, et la foule se dissipe en grognant de joie d’y avoir assisté.

« Dictionnaire encyclopédique. »  Victor Fournel. paris, 1872.