Big Boy

L’incompris

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caponeM. Geo London qui est magnifiquement documenté sur les bandits de Chicago, a pu avoir, en août dernier, une entrevue avec Al Capone qu’on surnomme là-bas « Scarface » (le Balafré), le « Big Boy », ou « Big Hearted Al » (Al au grand coeur)…

C’est un garçon très gentil, très estimé a Cicero, la petite ville banlieusarde où il habite bourgeoisement, et où il a de si nombreux et fervents admirateurs que ceux-ci veulent débaptiser la localité pour l’appeler Capone-ville !… Un rien !

Ah ! Paris, c’est une belle ville, a-t-il dit à Geo London. Je voudrais bien avoir le temps d’y aller un jour, mais je suis si occupé !… J’ai autre chose à faire que tuer les gens… J’ai mes business… Seulement on s’imagine que je tue… Parfois même des gens m’écrivent pour me demander de commettre des crimes pour leur compte. Une grande dame anglaise m’a écrit un jour pour m’offrir 20.000 livres sterling si je venais passer le week-end chez elle, et si j’en profitais pour la débarrasser d’un voisin gênant… Ridiculous !

Je ne spécule pas… Je place mon argent dans mes affaires… Et puis j’aide les malheureux. J’aime a faire le bien, et je le fais chaque fois que je le peu (sic). Des hypocrites, ce pays en a vraiment trop… Il y a des politiciens qui ont un masque de respectabilité et qui sont des canailles. Ils crachent sur ceux qu’ils appellent les gangsters, et pourtant ils sont bien heureux de prendre leur argent, pour grossir leur caisse électorale…  

Vertueuse Amérique !… Il n’y a donc pas qu’en Europe qu’on trouve des politiciens corrompus…

« Ric et Rac. » Paris, 1931.