bohémienne

Prophétie

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josephine

Lorsque la jeune Joséphine quitta la Martinique pour venir en France, une bohémienne, devineresse à l’occasion, lui débita le discours suivant :

« Vous allez en France pour vous marier. Votre mariage ne sera point heureux. Votre mari mourra d’une manière tragique. Vous-même, à cette époque, vous courrez de grands dangers, mais vous en sortirez triomphante. Vous êtes destinée au sort le plus glorieux, et, sans être reine, nous serez plus que reine. » 

La jeune fille ne fit qu’en rire, mais au moment ou M. de Beauharnais se présentait devant la guillotine, elle se rappela cette prédiction.

La confession des huit cents soldats

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amiens

Les journaux ont annoncé que la municipalité d’Amiens a fait renverser la croix de la mission plantée par le missionnaire Guyon. Cette croix rappelle une anecdote assez curieuse qui arriva à Amiens lors de son inauguration.

L’abbé Guyon, non content de s’être exercé sur les dévots de la ville, voulut encore sauver les âmes de la garnison. D’accord avec le colonel du régiment, huit cents soldats se confessèrent, communièrent et dînèrent à l’évêché. Mais l’exhortation de Guyon ayant duré trop longtemps, les mets se refroidirent dans les casseroles, et les huit cents soldats furent atteints de coliques violentes. Ces militaires, pris de vin pour la plupart, se livrèrent à des blasphèmes affreux, attribuant leur mal à une autre cause qu’au vert-de-gris. Grande rumeur dans la ville ! mystification pour l’évêque et pour le préfet !

Guyon seul ne se déconcerte point, et propose de recommencer le lendemain ; mais, au lieu de faire dîner les soldats à l’évêché, il veut qu’on donne à chacun d’eux trois francs pour boire à sa santé. La cour royale d’Amiens s’y opposa, et Guyon partit dans une bonne voiture traînée par le peuple jusqu’à une lieue en dehors de la ville, où l’on attela des chevaux de poste.

bonne-aventure

Ce Guyon si brillant n’est autre chose qu’un fou ; il est presque Lyonnais, puisqu’il est né à Régnier, petit bourg du département de la Loire, à la montagne de Tarare. Du reste, il n’est pas le seul fou qui soit dans sa famille.

Il prêchait, un dimanche, dans l’église de Perreux, autre bourg du même pays ; il en était au plus fort de ses preuves, lorsqu’on vint l’avertir d’un scandale épouvantable, qui avait lieu à la porte de l’église : une femme disait la bonne aventure aux paysans, et chantait des chansons mondaines. Guyon descend de la chaire, furieux, et court se précipiter sur la bohémienne.

C’était sa sœur !

« Archives curieuses. »  Paris, 1831.