Bouffard

La « bouffarde »

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grande-arméePoilus qui fumez avec tant d’amour votre « bouffarde », envoyez donc en regardant s’envoler la fumée, un souvenir ému et reconnaissant au brave maréchal Canrobert. A propos de «bouffarde», sait-on quelle est l’origine de ce mot ? 

Dans un régiment de la Grande Armée, il y avait un vieux grognard qui s’appelait Bouffard et qui était un enragé fumeur de pipes. A la bataille de Friedland, il eut les deux bras emportés. Le lendemain, un de ses camarades trouva sur le champ de bataille un bras détaché du tronc et qui était affreusement raidi. 

Je le reconnais, s’écria-t-il, c’est le bras de Bouffard : la main tient encore sa pipe si bien culottée. 

La pipe de Bouffard fut recueillie par la compagnie du vieux soldat mort au champ d’honneur et garda son nom. On l’appela « Bouffarde ». Et voilà qui prouve que, pour les poilus d’autrefois comme pour ceux d’aujourd’hui, la pipe était la compagne inséparable, la compagne fidèle jusqu’à la mort. 

« Le Pêle-mêle. » Paris, 1918.
Dessin de Louis Frégier.