Bourbons

Le Livre d’or

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massénatLe Livre d’or était, dans plusieurs villes d’Italie, le registre officiel où se trouvait inscrit en lettres d’or le nom des plus illustres familles. Le plus célèbre était celui de Venise. Créé à la suite de la Révolution aristocratique, il devint dès lors dans cette république la source unique du patriciat et du pouvoir.

Le Livre d’or divisait la noblesse vénitienne en quatre catégories. Dans la quatrième étaient rangés les membres étrangers à qui la république donnait le titre de noble. On y comptait plusieurs familles françaises, dont, en première ligne, les Bourbons. 

En 1796, le Sénat vénitien ayant appris que Masséna marchait sur Vérone, dit à  Monsieur (devenu Louis XVIII) de sortir du territoire de la république. Ce prince habitant Vérone demanda que le Livre d’or lui fût apporté pour y rayer le nom de sa famille. 

Ce livre fameux fut détruit dans la guerre d’Italie, en 1797. Il n’en existe plus que la copie. Par extension, on donne le nom de Livre d’or aux ouvrages ou sont inscrits des  noms héroïques ou des faits dont on veut perpétuer le souvenir. 

« Nouveauté : modes, ouvrages, variétés, roman. » Paris, 1935.

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Le souper du sanglier

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varennes

La gloutonnerie des Bourbons éclate chez Louis XVI  d’une manière intempestive. A aucune époque de sa vie, le pauvre homme ne sut modérer ni contenir son appétit.

Quand il se fut déterminé à quitter les Tuileries, le 21 août 1791, il se détourna de son itinéraire pour déjeuner à Etoges, chez son premier valet de chambre, M. de Chamilly. Quand il entra dans Varennes, les troupes du marquis de Bouillé étaient parties depuis deux heures, mais le postillon Drouet et ses hommes l’attendaient. A peine de retour aux Tuileries, il soupa, dévora un poulet comme si rien d’extraordinaire ne s’était passé.

Il mangeait salement et Buffon, ayant assisté une fois à son grand couvert, laissa échapper un mot qui n’est pas du style soutenu, devant les sangliers domestiques élevés par le Jardin des plantes :

 « Eh bien, le roi, dit-il, mange comme ces animaux-là ! »

« Petit bréviaire de la gourmandise. »  Laurent Tailhade. Paris, 1914.  
Illustration : « Arrestation à Varennes. » Jean Louis Prieur.