Bourse

Eclipses  de Soleil et d’argent

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Ces dernières années, les fantaisies de la Bourse, palais des voleurs et des banquiers, ont montré aux pauvres épargnants une magnifique éclipse de… leurs économies. 

En juin 1936, on a vu une éclipse de soleil. Phœbus le Soleil s’est caché derrière Phœbé la Lune. Cela se passait- de même » en 1858. Il y avait aussi en ce temps-là des éclipses d’économies.

Ce qui prouve que rien n’a changé sous le Soleil… ni sous la Lune. 

Journal de Limoges, 1937.

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Le cours des râteliers

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Le siège de Sébastopol aura produit un résultat auquel, certes, on ne songeait guère. Le cours des râteliers postiches a fléchi de 50 p. 100 sur les places de Londres et de Paris.

Cette énorme baisse a pour cause l’abondance de la matière première, très offerte depuis que des spéculateurs anglais, à l’affût de toutes les affaires, ont eu l’ingénieuse idée d’envoyer sur le théâtre de la guerre des commis-voyageurs chargés de se livrer à la récolte des dents. Ce n’est point une fantaisie de petit journal, c’est un fait acquis à l’histoire. Nous ajouterons même, à titre de détail intime, que, soit amour-propre national, soit appréciation de connaisseurs, les agents ont, en général, donné la préférence aux dents anglaises, comme à des dents de première catégorie.

D’où il s’ensuit que tel Parisien, par exemple, réduit à recourir aux expédients de la prothèse dentaire, triture, à l’heure qu’il est, son beefsteak avec les molaires d’un Highlander ou d’un Coldstream.

« Le Carillon stéphanois. » Saint-Etienne, 1856.

Le roi de la bourse

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Un journal américain nous donne des détails curieux et caractéristiques sur l’existence d’un certain Jay Gould, le roi de la Bourse de New York.

Il est constamment escorté d’un gigantesque gaillard, pugiliste de profession, qui se charge d’abattre d’un coup ou d’étrangler tout individu suspect. Jay Gould a soin de ne se rendre de son domicile privé à ses bureaux ni dans sa voiture personnelle ni par le chemin de fer aérien. Il prend toujours un cab. Enfin, un corps de garde spécial est posté en face de sa porte. Il lui suffit de toucher un timbre pour que cette force armée accoure à son appel.

Pendant les dernières grèves de l’Ouest, Jay Gould a été quelque temps la victime d’une persécution bizarre. Il ne pouvait pas mettre le pied dans la rue sans y trouver un gamin en train d’écrire au crayon rouge, sur les trottoirs, des opinions peu flatteuses pour sa probité.

« La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1885.

Le petit pâtissier amoureux

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On fait des fours à tout âge surtout quand on est pâtissier et, par-dessus le marché, amoureux.

Le jeune Paul M., âgé de quinze ans, employé dans une maison de pâtisserie du quartier de la Bourse, regagnait son domicile en suivant la rue de Richelieu, lorsqu’en face de la Bibliothèque nationale, un bicycliste qui passait le frôla.

Furieux, Paul M. se mit à lui dire des injures, le menaçant, s’il le rattrapait, de le jeter à bas de sa machine. Le bicycliste, qui était déjà à quelque distance, vira en entendant les provocations du gamin, revint sur lui et, d’une taloche donnée au passage, lui fit tomber son béret sur la chaussée.

Aussitôt, comme si le couvre-chef du petit pâtissier eût été enchanté, il s’en échappa toute une cascade de petits fours, de biscuits, de babas et autres pâtisseries.

Le gardien de la paix de planton devant la porte de la Bibliothèque intervint fit demanda d’où venaient ces gâteaux. Paul M. balbutia, prétendit d’abord que c’était pour ses petits frères et sœurs et finit par avouer qu’il volait son patron depuis onze jours afin de s’acquérir les bonnes graces d’une femme de la rue Dauphine.

Le précoce don Juan a été conduit au commissariat de police, où il a été tancé d’importance. Après quoi il a été remis en liberté, ses parents ayant promis de désintéresser le pâtissier.

« La Lanterne : journal politique quotidien. »  Paris, 1902.
Illustration : « La vie est belle. »  Frank Capra, 1947.

Le visiteur assidu

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En 1776, mourut à Londres un ancien commerçant possesseur d’une fortune de soixante mille livres sterling.

il avait institué pour légataire universel un de ses cousins, qui n’était point négociant, avec cette singulière condition que chaque jour il devrait se rendre à la Bourse, et y resterait depuis deux heures jusqu’à trois. Ni le temps ni ses affaires particulières ne devaient l’empêcher de s’acquitter de ce devoir; il n’en était dispensé qu’en cas de maladie, dûment constatée par un médecin, dont le certificat devait être envoyé au secrétariat de la Bourse. S’il manquait à l’observation de cette clause, il perdrait toute la fortune de son parent, qui reviendrait à de certaines fondations désignées, et partant autorisées à réclamer la possession de l’héritage.

Le testateur avait voulu rendre ainsi une espèce d’hommage à la Bourse, où il avait amassé toute sa fortune; mais il avait créé par là un esclave qui ne se faisait pas faute de manifester son mécontentement. Ce n’était jamais que le dimanche qu’il pouvait s’éloigner de Londres, la Bourse étant fermée ce jour-là. Il devait, les autres jours, arranger sa vie de façon à ne point manquer l’heure de la Bourse.

Habitant à une lieue environ de la Bourse, il y arrivait à l’heure dite en voiture, y passait une heure sans parler à personne, et remontait dans sa voiture. Il va de soi que les fondations intéressées à le prendre en faute le faisaient observer de très près.