brigandage

Le crime au théâtre 

Publié le

cartouche-theatreLes bandits de grands chemins font de nouveau régner la terreur dans la vie réelle, après avoir (dans ces dernières années) obtenu au théâtre des succès foudroyants. D’estimables sociologues se demandent si ceci n’a pas contribué à cela. 

Déjà au dix-septième siècle, après l’exécution de Cartouche, un éminent jurisconsulte, Jacques Brillon, avait fait ce rapprochement. Voici ce qu’il écrivait, en 1727, dans son Dictionnaire des Arrêts

« Si le premier coupable du plus petit larcin eût été sévèrement puni, les grands voleurs ne le seraient point devenus, et le nombre des « Cartouchiens » ne se fût pas multiplié au point de se rendre redoutables à Paris dans les années 1720 et 1721. Une chose qui m’édifia peu et qui, en effet, fut bientôt empêchée, fut la représentation publique d’une comédie intitulée Cartouche. Tous les spectateurs ne vont pas au théâtre pour rire. Ceux qui veulent s’instruire per fas et nefas vont là puiser des leçons dangereuses pour la filouterie et le brigandage, comme de jeunes femmes pour se raffiner dans l’art de la coquetterie.« 

« Le Figaro. » Paris, 1912.

Publicités

Pendu deux fois

Publié le

brigand;

En Hongrie, le brigandage a repris avec une telle violence que le gouvernement s’est vu obligé de proclamer, dans plusieurs comitats, le « statarium », c’est-à-dire la justice sommaire. Sous ce régime, on est pris, jugé, pendu, le tout dans l’espace d’une demi-heure. On peut rappeler à ce propos la drôlatique histoire magyare du Tzigane pendu et rependu.

Deux paysans, revenant du marché en voiture, passent devant une potence rurale où se balance justement un Tzigane fraîchement exécuté. Les paysans descendent, tâtent le bonhomme, s’aperçoivent qu’il respire encore, le détachent, pour le charger sur leur véhicule, et continuent leur chemin. Les cahots de la voiture raniment le patient tout à fait et quelques gorgées d’eau-de-vie, administrées à la première auberge venue, achèvent cette oeuvre de Samaritain.

Tout à coup, l’homme pendu disparaît de la taverne; il s’est esquivé, en emmenant le cheval et la voiture de ses sauveurs, stupéfaits d’une aussi noire ingratitude. Cependant, ils montent résolument deux chevaux empruntés à la taverne, poursuivent le voleur incorrigible et sont assez heureux pour le rattraper non loin de l’endroit où ils l’avaient sauvé.

Que faire ? La potence était là, la corde encore suffisamment longue. Voilà donc nos deux Magyares qui se mettent à rependre leur Tzigane et à faire très soigneusement ce que le bourreau avait fait très négligemment.

L’histoire est arrivée il y a une trentaine d’années ; elle est authentique.

« La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1887.