Budapest

Une république des mendiants

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fragonardIl est à Budapest une maison habitée uniquement par des mendiants. Le propriétaire ne s’en plaint pas, paraît-il, car les loyers lui sont toujours régulièrement payés.

Les mendiants de Budapest forment, en effet, une sorte de confrérie dont les membres font preuve de la plus grande solidarité. Ceux qui se trouvent, si l’on peut dire, dans une surmisère, ne sont jamais abandonnés par leurs camarades plus heureux.

Seule, la concierge de la « maison des mendiants » voit arriver chaque terme avec effroi. Il lui faut, en effet, en porter le montant au propriétaire dans un sac énorme, car ses locataires s’acquittent tous en pièces de deux fillers (ancienne monnaie hongroise), qui ne valent que quelques centimes français mais pèsent fort lourd.

« Le Petit journal. » 1935.
Peinture de Jean-Honoré Fragonard.