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Incongruité

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Avant l’avènement du régime constitutionnel en Russie, il advint que Gorki fut emprisonné pour avoir participé à des manifestations dans la rue. Fédor Chaliapine raconte, à ce propos, une anecdote bien caractéristique : 

Quand on lui eut donné de l’encre et des plumes, Maxime Gorki, dans son cachot, se mit à écrire une comédie en cinq actes du genre le plus drolatique. Et ce travail le divertit lui-même à tel point qu’il lui échappa des éclats de rire bruyants. Cette hilarité insolite en un tel lieu attira  l’attention de la sentinelle qui se promenait dans le couloir. A un moment donné, le prisonnier vit le visage étonné du soldat s’encadrer dans le guichet de la porte verrouillée. Et Gorki rit encore plus fort.

Quand il fut mis en liberté, il avait déjà écrit trois actes.  

Gabriel Bernard. « Pages de gloire. » Paris, 1916.

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Discipline militaire

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Le public ne connaît qu’imparfaitement les règles de la discipline militaire auxquelles sont soumises les troupes casernées à la Tour de Londres. Une cérémonie plaisante est celle qui a lieu tous les soirs pour la fermeture des portes.

Le gardien, les clefs en main , se met en marche accompagné de douze hommes commandés par un sergent et un caporal. Chaque sentinelle, comme il est d’usage, crie :     

— Qui vive ?
Le gardien répond :
les clefs !
Quelles clefs ?
Les clefs de la reine Victoria.
Clefs de la reine Victoria, passez ! dit la sentinelle.

L’escorte continue sa route.

A Spurgate, le sergent et son escorte s’alignent et saluent les chefs en présentant les armes. Le gardien se découvre respectueusement et s’écrie :

Dieu bénisse les clefs de la reine Victoria  !
Amen! répond la garde.

La cérémonie se termine là.

Il y a quelque temps un grenadier écossais schismatique fut jeté au cachot, et y resta trois jours, parce qu’il avait refusé de prendre part à la prière. Le soldat disait pour se justifier qu’il voulait bien bénir la reine de tout son cœur , mais que sa conscience ne lui permettait pas de bénir les clefs de la Tour.

« Le Crime : almanach des cours d’assises pour l’année 1846. » Hinzelin et Cie, Nancy, 1846.