calcul

Meat eaters

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Le grand « statistiqueur », M. le baron Charles Dupin, fait servir sa méthode aux calculs les plus singuliers.

Nous finirons par savoir, au juste combien, durant l’espace d’une minute, il se mange de bouchées dans l’univers connu. Voici déjà qu’il est arithmétiquement prouvé qu’un Anglais mange 143 livres de viande par année, tandis qu’un Parisien n’en mange que 86 livres : d’où l’on devrait conclure qu’un Anglais est à un Parisien ce que 143 est à 86.

Il faut vérifier maintenant si la digestion se fait mieux à Londres qu’à Paris.

« Le Gastronome : journal universel du goût. » Paris, 1830.

Le boss des maths

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jedediah-buxtonEn 1754, la Société royale de Londres examina un simple ouvrier nommé Jedediah Buxton, qui était né en 1703 à Elmeton (Derbyshire) et qui, ne sachant ni lire ni écrire, quoique son père fût maître d’école, faisait de tête les opérations les plus compliquées.

Buxton multipliait, additionnait, soustrayait sans aucun effort, quelle que fût l’importance des nombres proposés, et il était employé par tous les gens de son quartier comme un barème vivant. s’il se trouvait dérangé dans un calcul par une circonstance quelconque, il le reprenait l’incident passé et le menait à bonne fin. Le calcul était devenu pour lui une obsession et une manie. Tout lui était prétexte à opérations, et le sens véritable des choses, comme leur charme, finissait par lui échapper.

Comme il était venu à Londres, on le mena au théâtre de Drury Lane, où le célèbre Garrick jouait Richard III. Le rideau baissé, on demanda à Buxton si le jeu des artistes, les ballets et la musique lui avaient fait plaisir, et au lieu de répondre, il apprit à ses interlocuteurs que les danseurs et les danseuses avaient fait 5202 pas et que les acteurs avaient prononcé 12445 mots. Il donna également le nombre des mots prononcés par Garrick seul… nombre qui fut reconnu exact.

Si l’on venait à parler en sa présence d’un laps de temps quelconque, il se mettait aussitôt à supputer mentalement le nombre des heures, des minutes et des secondes que cette période représentait. il ramenait, paraît-il, toutes les longueurs a un étalon bizarre qu’il s’était donné, l’épaisseur d’un cheveu, et la promenade n’était pour lui qu’une source intarissable de calculs.

Buxton trouva cependant le temps de prendre femme et il eut même plusieurs enfants. Loin de mourir prématurément, comme la plupart des phénomènes, il vécut jusqu’à l’âge de soixante-dix ans.

 « Revue encyclopédique Larousse. »  Paris, 1892.

 

Calcul et mathématique

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Un journal raconte que, dans, un scrutin de l’Académie française, le grand mathématicien Henri Poincaré, qualifié d’ « honneur des chiffres », fit une erreur de calcul  qu’un littérateur rectifia.

Quel singulier préjugé se retrouve sous la plume du publiciste, qui veut que le mathématicien soit un calculateur émérite, comme le public juge souvent qu’un calculateur prodige doit être un grand mathématicien ! Mais Giacomo Inaudi ne comprenait rien aux théorèmes de la géométrie ni aux abstractions de l’algèbre.

Un mathématicien est peut-être l’homme qui use le moins des calculs arithmétiques, car il a des procédés qui lui permettent de s’en passer, quand ce ne serait qu’une simple table de logarithmes qui en épargne singulièrement; et le calcul intégral est plus loin du calcul arithmétique, que la peinture de Rembrandt de la peinture en bâtiments. 

Peut-être Henri Poincaré aura-t-il occasion de corriger une faute d’orthographe au littérateur qui a corrigé sa faute de calcul. Et l’un ne sera pas plus étonnant que  l’autre.

« Demain. »  Dr Toulouse, Paris,1912.