calendrier

La saint Glin-Glin

Publié le Mis à jour le

saints

Parmi les saints du calendrier, plusieurs ont été inventés de toutes pièces. D’ailleurs, leurs historiens (les hagiographes, comme on les appelait au Moyen Âge) ont été les premiers à en convenir. De leur temps la « Vie des saints » s’appelait La Légende dorée. 

L’origine de ces personnages est curieuse parfois. Ainsi saint Martin vient de aster marinus (astre marin), qui était le génie protecteur des navigateurs romains. Vers la même époque, venu le jour de l’an les Romains se souhaitaient une « perpétuelle félicité » , ce qui, en latin, se dit perpétuam felicitatum. Plus tard, le jour de l’an ayant changé de date et le latin tombant en désuétude, on fit de ces deux mots deux noms propres : Perpétue et Félicité

Quant à saint Glin-Glin… c’est un saint plus récent, mais qui, lui, a été « authentifié » par un jugement si nous en croyons l’anecdote suivante rapportée par un almanach du siècle précédent. 

Il y avait alors un débiteur facétieux qui avait promis à son créancier de le rembourser à la saint Glin-Glin. Ce débiteur, comme beaucoup de ses pareils, se faisant tirer l’oreille, fut cité devant le tribunal compétent. Là le juge, facétieux lui aussi, déclara que saint  Glin-Glin n’était pas un personnage imaginaire. Sa fête tombait le 1er novembre, fête de la Toussaint, c’est-à-dire de tous les saints connus ou inconnus, et le débiteur fut condamné à payer. 

Paya-t-il, c’est moins sûr, mais ceci, comme dit Kipling, c’est une autre histoire. 

« Almanach des coopérateurs. » Limoges, 1936.

Publicités

Une légende

Publié le Mis à jour le

calendrier

Je vous propose une jolie légende anglaise pour apprendre aux enfants pourquoi le mois de février n’a que vingt huit ou vingt neuf jours.

Février était au commencement du monde, un joueur enragé et pas veinard. Un jour qu’il s’était ruiné, il voulut, comme on dit au cercle, courir après son argent. Mais comme il n’en avait plus, il ne trouva rien de mieux a proposer à ses partenaires habituels que de leur céder un de ses jours. Janvier et Mars qui, en qualité de voisins les plus proches, étaient les partenaires en question, acceptèrent l’enjeu.

Février perdit la partie, comme toujours… et paya.

Et voilà pourquoi Janvier et Mars ont chacun trente et un jours, tandis que le pauvre février n’en a que vingt huit aux années ordinaires et vingt neuf aux années bissextiles.

La réforme du calendrier en Angleterre

Publié le Mis à jour le

réforme-calendrier

On sait que la réforme du calendrier, dite réforme grégorienne, se fit en l’année 1582, en retranchant dix jours du mois d’octobre. Plusieurs Etats répudièrent d’abord cette modification , bien qu’elle fût très rationnelle; et notamment les Etats protestants, car, remarque finement un savant, « il valait mieux pour eux ne pas être d’accord avec le soleil que de l’être avec la cour de Rome ».

Les Anglais tout naturellement furent du nombre des dissidents, et, en 1751, alors que toute l’Europe occidentale, même dans ses parties protestantes, suivait le calendrier Grégorien dont l’année commençait le 1er janvier, ils suivaient encore le calendrier Julien, et avaient gardé la vieille coutume de commencer leur année au 25 mars, ce qui rendait assez confuses leurs fréquentes relations avec les autres peuples. En 1751 donc, lord Chesterfield, alors premier ministre, proposa au Parlement un bill d’acceptation du calendrier Grégorien et de l’ordre de datation usuelle chez les autres peuples.

reforme-calendrier

Le bill fut voté, en conséquence duquel l’année 1751, qui avait commencé le 25 mars pour finir au suivant 25 mars, ne s’acheva pas, car, dès le 1er janvier, par ordre royal, on compta 1752. Si bien que l’année 1751 se trouva frustrée de 2 mois et 24 jours, qui auraient dû lui appartenir. Aussi le lord promoteur de cette réforme eut-il mainte fois maille à partir avec le populaire, qui, sitôt qu’il se montrait en public, le poursuivait, le menaçait en criant : « Rendez-nous nos trois mois ! »

« On se serait peut-être résigné, dit Arago, à perdre les onze jours, qui furent en outre supprimés en septembre 1752; mais peu de personnes consentaient, même quand tout disait que c’était une simple apparence, à vieillir subitement de trois mois entiers. »

 » Musée des familles. »  Paris, 1896.

Un procès bizarre

Publié le

cniches-tableau

Ces calendriers perpétuels assez répandus maintenant, sur lesquels on voit trois caniches tirant la langue avec laquelle ils indiquent le quantième et la date, ont donné lieu à un procès assez amusant.

Une dame P…, possédant trois caniches qu’elle affectionnait, les fit photographier. Un beau jour, elle aperçut l’effigie de ses trois caniches reproduite sur un calendrier perpétuel.

Colère de Mme P…. à l’idée que des indifférents tireraient chaque matin la langue de ses pauvres toutous. Elle intenta un procès, attaqua l’imprimeur… Mais sa demande fut rejetée par un jugement du tribunal civil de la Seine.

Le tribunal jugea que le respect dû à la personnalité canine n’allait pas jusqu’à interdire de publier l’effigie d’un chien, sans l’autorisation de son maître. Quant aux caniches, il est présumable que la décision du tribunal leur était assez indifférente.

« Le Petit Français illustré. »  A. Colin et Cie, Paris, 1899.
Illustration : montage fait maison.