Canada

Le général Tom Pouce à Bade

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Phineas Taylor Barnum et Charles Stratton

Le général Tom Pouce qui va arriver à Bade est bien réellement, dit le programme que nous avons sous les yeux, celui qui, il y a douze ans, fut couvert de caresses et de baisers par les plus jolies femmes de Paris, et qui fut reçu par le roi Louis-Philippe et la famille royale. 

Il paraît effectivement que le doute n’est pas possible, car plusieurs personnes qui l’ont visité alors, l’ont parfaitement reconnu sur les photographies qui sont exposées à la librairie des Demoiselles Marx. Son esprit et son intelligence seuls ont grandi depuis cette époque, car sa taille n’a pas dépassé trente et un pouces anglais (quatre-vingts centimètres), et il ne pèse que vingt-neuf livres (quatorze kg).  

Laissons, du reste, parler le Times, qui vient de rendre compte de l’exhibition du général Tom Pouce dans l’Alhambra de Londres : 

« Le général Tom Pouce, cet ancien favori du public, a reparu lundi dernier, 24 juillet, et a reçu l’accueil le plus cordial. Ce petit héros à grand renom , preuve évidente du peu de matière qu’il faut pour loger une individualité humaine, revient à nous sans que le temps ait ajouté une ride à son front, ni la centième partie d’un pouce à sa taille. Il est toujours plein d’esprit, de vivacité, et ses proportions parfaites n’ont point été altérées. Il a ajouté à ses mérites un talent mimique dans le genre de la célèbre artiste Barney Williams, et ses chants sont remarquables par l’expression et l’intelligence. Son aplomb  et ses reparties heureuses sont depuis longtemps appréciées par ceux qui le connaissent, et ceux qui ne le connaissent pas, n’ont rien à craindre de son aspect qui est très agréable. »

Voici quelques détails que nous pouvons donner comme authentiques : 

Le petit général mignon, ou gentilhomme en miniature, comme l’ont fait surnommer ses heureuses proportions et ses gracieuses manières, est né dans les Etats-Unis d’Amérique, en la ville de Bridefort. A peu près comme le petit Poucet, avec cette différence que l’un est le héros d’un conte et que l’autre est une réalité, Charles Stratton cessa de croître dès l’âge d’un an et fut un sujet d’alarmes pour une famille presque pauvre qui lui dut plus tard sa fortune. 

En 1843, le célèbre Barnum, le Roi de la réclame, si connu par ses exploitations artistiques et son voyage en Amérique avec Jenny Lind, découvrit ce petit personnage et l’ajouta à son musée de New York, où des milliers de visiteurs s’extasièrent devant le plus petit être humain qui fut jamais. 

En 1844, Barnum l’amena à Londres avec sa famille. 

Le général parut trois fois devant Sa Majesté la reine Victoria et la famille royale. Plus de 600,000 personnes l’ont visité dans la salle égyptienne, à Piccadilly. 

En 1846, il visita, comme nous l’avons déjà dit, Paris, où son succès fut colossal. On l’a vu dans la salle des concerts Musard (rue Vivienne). 

Il joua le petit Poucet au Vaudeville, avec Mme Lagrange, dont nous avons dernièrement admiré la grâce et le talent dans le rôle de la marquise d’O, et qui, alors âgée de sept ou huit ans, jouait le rôle d’un petit frère du petit Poucet et chantait très gracieusement une petite romance, dans la petite pièce faite tout exprès pour notre petite célébrité. Tom Pouce eut l’honneur de visiter une foule de princes de tout rang, et fut comblé de cadeaux par les plus illustres personnages de notre temps (le programme annonce qu’on nous fera voir ceux qu’il tient des têtes couronnées). 

En 1847, Barnum et lui retournèrent en Amérique en emportant chacun 600,000 fr. Après avoir visité Cuba et le Canada, ils revinrent, en 1857, en Angleterre. 

Le général Tom Pouce n’a jamais mis le pied sur le sol germanique. Pour la première fois, dans sa vie, il vient en Allemagne. Les repoussantes petites individualités qui se sont parées de son nom et de son titre pour tromper le public, n’étaient que de mauvaises contrefaçons de cette petite monnaie humaine. 

Le célèbre Barnum, qui l’a toujours dirigé, l’accompagne dans ce rapide tour sur le continent. Nous disons rapide, car, si nous en croyons les journaux de Londres, dès le commencement de 1859, le général aurait l’intention de regagner son pays natal, de rentrer dans la vie privée et de se livrer à la pêche à la ligne comme un simple particulier. 

Sa suite, pendant son voyage, se compose de quatorze personnes. Son équipage est le plus petit du monde. 

« Journal littéraire et artistique de la Forêt Noire et de la vallée du Rhin. » 1858.

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Aux frais de la princesse

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pigeon

Le Nyanza venait de quitter la côte anglaise depuis une journée, quand, par le plus grand hasard, un pigeon vint à tomber sur le pont du vapeur.

L’oiseau demeura à bord durant toute la traversée d’Angleterre au Canada.

Il y demeura même jusqu’à ce que le Nyanza eût atteint Montréal. Là, il abandonna le navire, et les marins ne songeaient plus à lui, quand au jour de leur départ, pour le voyage de retour, le pigeon revint, accompagné d’une pigeonne.

Il s’était accouplé à Montréal et revenait en Angleterre pour son voyage de noces.

La bête intelligente n’avait pas oublié les bons soins dont elle avait été entourée à bord du vapeur.

Paris, 1910.

La belle-mère

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Voici une jolie anecdote contée par Octave Uzanne, qui vient de faire un voyage au Canada.

— Rien n’est plus touchant, dit-il, pour nous que cette fidélité à la Patrie d’autrefois. Elle justifie notre confrère Honoré Beaugrand, de Montréal, alors maire de la ville, qui s’avisa dans un banquet officiel présidé par le gouverneur des provinces, lord Dufferin, je crois, de porter ce toast : « A notre Mère lointaine, à la France ! »

Et comme le gouverneur, moitié gêné, moitié souriant, tout en levant son verre, croyait devoir ajouter :

— Mais mon cher monsieur, que faites-vous de l’Angleterre ?<>
— L’Angleterre, milord, reprit Beaugrand, c’est notre Belle-Maman !

La leçon du Canada

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classe
Au sujet de  l’emploi du mot broadcaster et l’anglomanie qu’il révèle, le journal L’Africain du 6 juin 1930 signale la leçon de langue française qui nous vient du Canada. 

Il suffit d’ouvrir un journal canadien français pour y trouver la traduction de broadcaster. Nous proposions « radio-diffuser » : les Canadiens français écrivent irradier

Irradier est un verbe bien français qui exprime l’action de propager à travers l’espace en s’écartant d’un centre comme le font les rayons lumineux. C’est tout à fait le cas de la radio-diffusion.

Et cette leçon de français qui nous vient du Canada est assez émouvante. 

Un vœu

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Le prince de Galles, ce jour-là, passait en revue un bataillon de sa Garde, qui devait s’embarquer pour lui servir d’escorte au cours d’un voyage au Canada. Tous, superbes garçons de six pieds six pouces, raides au port d’armer, et magnifiquement équipés. Un bataillon de réellement grande allure.

Avec son affabilité habituelle, le prince, allant d’un homme à l’autre, demandait quels désirs les grenadiers avaient à exprimer avant leur départ.

Devant un vieux soldat, sept fois chevronné, la poitrine couverte de médailles, le prince de Galles posa pour la énième fois sa question.

Je souhaite que Votre Altesse Royale ne se marie pas, fit l’homme.

Le jeune prince eut un petit sursaut de surprise :

Et pourquoi donc ?

Parce que, expliqua le vieux Guard, j’ai servi sous votre grand-père, j’ai servi sous votre père, je servirai sous Votre Altesse, mais je souhaiterais pouvoir prendre, un jour, un peu de repos.

« Marianne : grand hebdomadaire littéraire. » Paris, 1933.
Illustration :Voyage du prince de Galles au Canada, à Vancouver le prince passe une revue des Canadian Scottish.Agence Rol. 1919.

Mort vivant

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Ticonderoga

Bougainville était aide de camp pendant la guerre du Canada. A l’attaque très vive du fort de Ticonderago, auquel les Anglais donnèrent inutilement, plusieurs assauts, il reçut, au plus fort de l’action, une balle au front qui le renversa.

Un officier qui le vit tomber, s’écria, en s’adressant au général de Lévis qui était peu éloigné :

Ah ! mon Dieu ! ce pauvre Bougainville vient d’être tué.
Eh bien, on l’enterrera demain avec beaucoup d’autres, répondit froidement le général, qui lui était cependant fort attaché, mais qui, dans un pareil moment, craignait, en paraissant sensible a cette perte, de décourager les soldats.

M. de Bougainville n’était qu’étourdi. Du coup, la colère lui rendit la parole. Il se relève en disant : 

Il me semble que vous vous consolez bien aisément de ma mort. Pourtant vous ne me ferez pas encore enterrer cette fois-ci.

Il guérit, en effet, et rendit son nom célèbre.

 
« Musée des familles. »  Charles Delagrave, Paris, 1896.

Au Canada, les chiens du soldat abattu à Ottawa ne savent pas que leur maître ne reviendra plus

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Une photo montrant les bergers allemands du soldat abattu devant le parlement canadien, à Ottawa, attendant tristement le retour de leur maître fait le tour du monde. Un message bouleversant qui rappelle, à l’instar de la Fondation 30 Millions d’Amis, qu’un animal n’abandonne jamais.

C’est une image très forte qu’ont diffusée, vendredi dernier, les médias canadiens. Devant l’entrée de la maison de Nathan Cirillo, le soldat canadien tué à Ottawa mercredi 22 octobre par un déséquilibré, deux bergers allemands attendent toujours leur maître, la tête sous le portail du domicile, à quelques centimètres des fleurs déposées par les passants. Le cliché, pris par un reporter du Hamilton Spectator, fait aujourd’hui le tour du monde et nombreuses sont les réactions émues des internautes du monde entier. Twittée par la journaliste Molly Hayes, la photo, accompagnée de la légende « Les chiens de Cirillo. Un spectacle si triste », a été partagée par plus de 4 000 personnes, sur le réseau de micro-blogging.

Nathan Cirillo a été tué alors qu’il était en faction devant la tombe du soldat inconnu, lors d’une fusillade perpétrée par un homme se revendiquant du Jihad islamiste. Passionné par les chiens, le jeune réserviste de 24 ans, par ailleurs père d’un enfant de 5 ans, postait régulièrement des photos de ses deux bergers allemands sur son compte Instagram. Des funérailles militaires auront lieu mardi. Nathan Cirillo sera enterré au champ d’honneur du cimetière d’Hamilton.

La Fondation 30 Millions d’Amis tient à rendre hommage au soldat canadien. Les caméras de l’émission éponyme avait filmé, en janvier 1976, l’incroyable histoire de la chienne Kim, qui tous les matins, partait au cimetière sur la tombe de son maître, décédé deux ans auparavant, et rentrait le soir chez elle. Ce rituel a duré plusieurs années jusqu’à ce qu’elle meure à son tour. Un exemple qui avait inspiré l’une des campagnes emblématiques de la Fondation 30 Millions d’Amis, et plus que jamais d’actualité : l’indéfectible fidélité de l’animal, qui lui n’abandonne jamais.

Photo : © Capture d’écran The Sun

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