cannibale

Pâté colonial

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cannibalisme

Le Wellington Evening Post du 15 décembre 1868 donne la nouvelle suivante : 

Le gouvernement a appris que le cannibale Tito-Kowaru, qui dépasse en scélératesse tout ce que l’on a pu voir jusqu’ici dans la Nouvelle-Zélande depuis le début de sa colonisation, a envoyé aux tribus intérieures de cette île un pâté fait avec la chair de nos pauvres compatriotes qui ont succombé à The-Front.

Il est à peine besoin de dire que cet acte horrible avait pour but d’influencer la férocité des indigènes de l’intérieur, dont ce monstre appelle l’assistance. Quelques petites tranches de cet horrible mets sont parvenues jusqu’au district de Waikato, et l’on en a vu parmi les tribus qui habitent le voisinage du lac Tanpo. 

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Le cannibalisme dans les îles allemandes de l’Océanie

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1920-Cannibales-Iles-Salomon

Lorsque les Allemands ont voulu fonder un empire colonial dans la Mélanésie, ils ont décidé que la Nouvelle-Irlande et la Nouvelle-Bretagne s’appelleraient désormais le Nouveau-Mecklembourg et la Nouvelle-Poméranie. Ces deux îles et leurs dépendances ont reçu le nom d’archipel Bismarck, et comme si cet hommage, rendu à la gloire du chancelier, ne suffisait pas, le nom de mont Bismarck a été donné au pic le plus élevé du Kaiser’s Willhem Land, c’est-à-dire de la portion assignée à l’Allemagne dans le partage de la Nouvelle-Guinée.

Les noms ont changé, mais les moeurs des insulaires ne se sont pas adoucies sous l’influence d’une domination européenne. Il semble même que le cannibalisme, expulsé du reste de la terre, se soit réfugié à l’ombre du drapeau allemand. Le témoignage d’un voyageur anglais, qui a récemment visité ces dépendances lointaines de l’empire des Hohenzollern, ne laisse malheureusement aucun doute sur les scènes abominables qui se renouvellent à de courts intervalles, dans une contrée soumise à un gouvernement civilisé.

Après avoir doublé la pointe méridionale de la Nouvelle-Poméranie, M. Alan Burgoyne et ses compagnons de voyage passèrent près de l’île Adèle, dont le nom est peu connu en Europe, mais éveille de lugubres souvenirs parmi les navigateurs qui s’aventurent dans le voisinage des côtes de la Nouvelle-Guinée. Herbertshöhe est la capitale du cannibalisme. Les quarante Européens qui vivent dans cette future métropole de la Mélanésie allemande, sont obligés de se tenir sur une continuelle défensive. Ils ne peuvent sortir de l’enceinte fortifiée, qui protège leurs demeures, sans se mettre en danger de mort. Une centaine de Boukas, recrutés dans d’autres îles de l’Océanie et armés de fusils Mauser, montent la garde autour de cette forteresse de commerçants et de fonctionnaires. Deux mitrailleuses, pivotant sur des plate-formes de bois, sont toujours prêtes à repousser les assaillants.

Il est recommandé aux voyageurs qui visitent cette ville inhospitalière de ne pas se laisser prendre aux démonstrations d’amitié que leur prodigueront les indigènes. Un cannibale doit être traité comme une bête féroce. Il ne faut jamais le laisser approcher par derrière, car ses instincts sanguinaires peuvent à chaque instant reprendre le dessus. Les fonctionnaires, cantonnés dans une enceinte fortifiée, peuvent, à la rigueur, ne pas trop exposer leur vie, à la condition de se résigner à une captivité à peu près absolue, mais les planteurs ont beau palissader les abords de leurs demeures, ils ne peuvent s’absenter un instant sans courir le risque de trouver en rentrant chez eux les plus épouvantables surprises.

Les anthropophages de l’archipel Bismarck tuent leurs victimes avant d’en faire leur nourriture; leurs voisins, les insulaires de l’archipel des Épices, préfèrent les dévorer vivantes. Il y a deux ans, un bâtiment de commerce, qui s’était engagé dans le détroit de Pitt, non loin du groupe d’îles hollandaises, le plus rapproché de l’extrémité ouest de la Nouvelle-Guinée, envoya une douzaine d’hommes sur la côte voisine pour faire des provisions de bois et d’eau.

A peine les matelots européens eurent-ils débarqué sur le rivage que les indigènes les entourèrent, et, après les avoir liés à des arbres, se mirent à tailler à vif, dans leur corps, des morceaux de chair, qu’ils dévorèrent aussitôt, toute palpitante. Puis ils eurent soin d’enduire d’une couche de poix les blessures, afin d’arrêter l’effusion du sang. Le lendemain et les jours suivants, le supplice de ces malheureux, dépecés et mangés tout vifs, recommença et ces scènes abominables cessèrent au moment où l’épuisement et la douleur eurent mis fin à la vie des victimes. Le reste de l’équipage assistait impuissant à cet épouvantable martyre, car il n’y avait à bord aucune arme à feu.

« A travers le monde. » Hachette, Paris, 1905.