Cape Clear

Les messages de Mars

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M. Marconi, l’inventeur de la télégraphie sans fil, a fait à un journal de Sydney une communication sensationnelle :

On sait, a-t-il dit, qu’il existe a Cape Clear, le promontoire le plus occidental des Iles Britanniques, une station de télégraphie sans fil. C’est là que sont reçues les dernières dépêches expédiées par les vaisseaux s’éloignant d’Europe, et les premiers appels de ceux qui s’y dirigent à travers l’Atlantique.

A cette station arrive chaque jour, après minuit, un mystérieux message intraduisible, incompréhensible. Mais toujours à un certain moment, variant de nuit en nuit, on reçoit un mot, toujours le même.

On ne peut le reconnaître que par son signe invariable. Il n’appartient à aucune langue connue. Depuis deux années, cette mystérieuse communication n’a jamais manqué de se produire, et toujours entre minuit et une heure du matin.  

L’explication que donne Guglielmo Marconi de ce phénomène est plus extraordinaire encore que le phénomène lui-même. Il croit que c’est Mars qui essaie de communiquer avec la planète-sœur.

Pourquoi le message parvient-il toujours à ce même point du globe ? Que désire nous dire Mars ? Et pourquoi cette patience obstinée à répéter chaque nuit la même chose depuis deux ans ?

« Le Radical. » Paris, 1906.

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Signaux martiens

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La planète Mars éprouve de temps en temps le besoin de nous faire des signes. Ce sont les astronomes qui l’affirment. Le fait, constaté il y a quelques années déjà, vient de l’être, à nouveau.

On assure que l’observatoire de télégraphie lumineuse de Cape Clear, en Angleterre, reçoit tous les soirs à la même heure, un télégramme mystérieux qu’enregistrent ses appareils et qu’il n’a pas encore été possible de déchiffrer, bien qu’il se compose toujours des mêmes signes, Les astronomes sont tentés d’attribuer ce télégramme inter-astral aux habitants de la planète Mars qui chercheraient à entrer en relations avec nous,

M. Camille Flammarion, consulté, déclare que la chose est très possible, attendu que les Martiens sont très probablement plus avancés que nous dans leur évolution, et qu’ils doivent avoir trouvé depuis bien longtemps le fil à couper le beurre… et même à couper le télégraphe.

Mais la politesse exige que nous répondions. J’espère que nos astronomes s’y préparent.

« La Justice. »  Paris, 1906.
Illustration : Jean Ignace Isidore Gérard.