captif

Le billet

Publié le Mis à jour le

bagnard

Il y a environ soixante-dix ans, un billet de cinq livres sterling de la banque d’Angleterre fut envoyé en paiement à un marchand de Liverpool. En l’examinant à contre-jour pour s’assurer qu’il n’était pas faux, le caissier distingua de minces traits rougeâtres sur les marges et entre les lignes d’impression.

En les regardant à la loupe, il reconnut que c’étaient des caractères d’écriture tracés avec du sang. Après de grands efforts, il parvint à discerner les lignes suivantes :  

« Si ce billet, tombe entre les mains de John Dean de Longhille, près Carlisle, il lui apprendra que son frère est captif à Alger. » 

Immédiatement,on lit venir le nommé Dean, et on se procura les renseignements et les secours nécessaires pour libérer le prisonnier. Onze ans s’étaient écoulés depuis le jour où il avait écrit sur le billet en se servant, d’un morceau de bois taille menu et trempé dans son sang.

Il vivait encore quand on vint le racheter, mais les misères et les privations avaient épuisé ses forces et il mourut peu de jours après son retour dans son pays.

Paris, 1891.

Publicités