Carmélites

Dévotion modérée

Publié le

Gedeon-Tallemant-des-Réaux.

Gédéon Tallemant des Réaux rapporte de sa première période épiscopale une anecdote qui ne le montre pas confit en dévotion.

Visitant un monastère de Carmélites où la supérieure faisait des difficultés pour lever son voile, il lui dit quand elle s’y fut décidée et  qu’elle lui eut découvert un visage fort jaune:  

Vrayment, ma mère, il falloit bien faire tant de cérémonie pour monstrer ce visage d’omelette ! Baissez, baissez votre voile !

Et il lui tourna le dos.

« Académie des sciences morales et politiques. » Paris, 1893.
Publicités

Changement de condition

Publié le

madame-louise

Passant à Saint-Denis, raconte  Madame de Genlis, j’entrai avec émotion dans le couvent des Carmélites, où une princesse, la fille d’un roi de France, (Louis XV) venait de s’enfermer pour toujours. Je demandai à la voir… Madame Louise permit les questions et y répondit brièvement, mais avec bonté. Je lui demandai quelle était la chose à laquelle, dans son nouvel état, elle avait ou le plus de peine à s’accoutumer.

« — Vous ne le devineriez jamais, m’a-t-elle répondu en souriant : c’est à descendre seule au petit escalier. Dans les commencements c’était pour moi comme un précipice effrayant. J’étais obligée de m’asseoir sur les marches, et de me traîner pour descendre. »

En effet, une princesse qui n’avait jamais descendu que le grand escalier de marbre de Versailles, en s’appuyant sur le bras de son chevalier d’honneur, et entourée de ses pages, a dû frémir en se trouvant livrée à elle-même, sur les bords d’un escalier bien haut, bien raide, et formé en colimaçon.

« Musée des familles. »  Charles Delagrave, Paris, 1897.