cercueil

Reine des abeilles

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abeillesLes mœurs, l’industrie, l’intelligence des abeilles ont excité, de tout  temps, l’admiration des hommes. Les anciens pensaient qu’il y avait en elles un rayon de la divinité, et ce qu’ils en ont dit paraîtrait incroyable, si ces merveilles ne se renouvelaient journellement sous nos yeux.

Une femme de distinction, déjà avancée en âge, vivait sur un petit bien aux environs de Nantes. Elle y passait toute la belle saison, et s’en retournait ensuite à la ville. Cette dame affectionnait les abeilles, et en possédait une importante quantité. Elle prenait un plaisir infini à procurer à ces petites bestioles  les douceurs dont elles raffolaient.

Dans les derniers jours de mai, une maladie la fit revenir à Nantes. Peu après, elle mourut. Toutes les abeilles, par un instinct inconcevable, se sont alors rassemblées sur son cercueil qu’elles n’ont abandonné qu’au moment de l’inhumation.

Un voisin de la dame, s’étant aperçu de l’arrivée de cet essaim, a eu quelque doute. Celui-ci, s’étant rendu promptement à la campagne, a trouvé les ruches absolument désertes.

Source : « Dictionnaire encyclopédique. » Paris, 1791.

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Le testament

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albert-ankerSamuel Giorgi était un enfant trouvé, un de ces nombreux enfants abandonnés, que l’on ramasse pour les déposer dans un hospice.

A une époque que nous ne pouvons préciser exactement, il fut transporté à l’hospice de Foggia, la ville des jardins et des fontaines. Là, un employé à soixante francs par mois, vieux, myope et ennuyé, le dota d’un nom, d’un prénom et d’un numéro. Puis nous ignorons totalement ce qui lui arriva, nous ne sommes pas en droit de connaître comment il traversa toutes les vicissitudes de la vie.

L’enfant trouvé de Foggia, favorisé par une heureuse destinée, réussit à conquérir sa place dans le monde, il amassa une immense fortune et se créa une famille. 

A Legnano, où il demeurait, il passa la meilleure partie de sa vie, et comme il n’avait jamais fait de dette, il ne voulut pas en laisser après sa mort. Lorsque vint pour lui l’heure du trépas, il pensa qu’il devait acquitter l’unique dette qu’il avait sur la conscience. Dette non commune, de nature tout à fait exceptionnelle, dette de gratitude. 

Il est évident de Giorgi ne prit pas le temps d’aller quérir un notaire. Il se contenta d’écrire ses dernières volontés sur une simple feuille de papier à lettres, léguant une grande part de sa fortune au profit de l’hospice de Foggia, l’institut où il trouva : berceau, refuge et vie. 

Quand la mort le prit, il partit heureux d’avoir payé l’unique dette qu’on aurait pu lui reprocher. 

Pour sa propre satisfaction, il parut oublier sa nombreuse famille, mais cette dernière découvrit la lettre dans les vêtements que Samuel portait encore à l’heure de sa mort, et pensa qu’il serait utile de détruire le document dictant ses dernières volontés. Une vieille, la belle-mère du défunt, proposa à tous les parents réunis et qui prirent connaissance de la lettre fatale, de la faire disparaître afin de pouvoir diviser entre eux la fortune de Giorgi. 

Se groupant tous dans la chambre même où se trouvait le cadavre, les parents se promirent réciproquement le secret. Dans la nuit, ils allumèrent les cierges, et, en présence du mort, firent le partage du riche testament. Selon le degré de parenté, chacun eut sa part et jura de nouveau le secret. 

Le lendemain matin, Samuel, cloué dans son cercueil, prit le chemin du cimetière accompagné par les pleurs et les regrets de tous ceux qui, quelques heures auparavant se partageaient sa fortune. Mais, quand les parents voulurent entrer en possession de leur richesse, le mort, Samuel lui-même, l’enfant trouvé, eut une idée tout à fait géniale. 

Dans le calme d’une nuit de décembre, il prit son apparence humaine, remit les habits qu’il avait lors de la cérémonie funèbre et dont ses pieux parents le revêtirent pour la dernière fois et alla rendre visite à deux de ses belles-sœurs qui avaient participé au partage de ses biens. Les deux sœurs furent réveillées en sursaut et eurent la terrifiante surprise de se trouver en présence de Samuel Giorgi. Au dire des deux dames, le fantôme leur fit d’amers reproches et des malédictions de toutes sortes. 

Dès que l’apparition s’évanouit, les deux sœœurs dénoncèrent, sous l’anonymat, la lettre détruite et le complot. L’autorité judiciaire procéda à une enquête autant à Legnano qu’à Foggia et le résultat ne fut pas ébruité. On apprit, toutefois, que l’hospice de Foggia entra en possession de son héritage et que de nombreuses arrestations furent opérées.

« L’Astrosophie. » Traduit du « Monda Occulta », Naples, numéro de Janvier-Février 1931. 
Peinture: Albert Anker.

De plus en plus fort 

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houdini

Le célèbre illusionniste américain, Houdini, avait juré qu’il accomplirait, à l’aide de subterfuges dont il a seul le secret, des faits aussi extraordinaires sinon davantage, que ceux que promettait d’accomplir le fakir égyptien, Rahman Bey, actuellement à New York. 

Son pari fut pris au sérieux et Rahman Bey déclara qu’il se laisserait descendre au fond de l’Hudson, enfermé dans un cercueil étroitement étanche. Mais cette performance fut accomplie dans des conditions telles qu’elles ne satisfirent point les experts. Houdini, piqué au jeu, déclara qu’il allait faire la même chose.

Effectivement, on l’enferma dans un cercueil qui fut ensuite plongé dans le fleuve Hudson à une profondeur  considérable. Houdini avait demandé que l’on ramenât le cercueil sur la berge après une heure et demie de plongée. Une heure et demie après, en effet, le cercueil fut ramené à flot et rouvert. Houdini en sorti aussi gaillardement que quand il y était entré, ayant seulement les jambes un peu engourdies. 

Et voilà ! dit-il simplement. J’ai accompli cet exploit grâce à un truc de magicien dont je possède le secret. 

Mais il refusa de dévoiler ce fameux secret. 

Le docteur Carrington, membre de la Société des recherches psychiques, qui assistait à cet événement, a déclaré « n’y rien comprendre ». Des médecins venus de l’hôpital Bellevue ont dit à leur tour qu’il était impossible à un homme normal de vivre enfermé dans le cercueil scellé où Houdini avait pu continuer à vivre… pendant une heure et demie. 

« Les Spectacles d’Alger. » Alger, 1932.

Tcheser-Ka-Ra, la momie fatale

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egypte

Le British Museum de Londres possède le cercueil de la momie égyptienne de Tcheser-Ka-Ra, grande prêtresse de Amen Ra, divinité du Soleil. Or, ce cercueil a été la cause de nombreux malheurs pour tous ceux qui l’ont approché et de nouveau on signale des méfaits qui lui seraient imputables.

Des deux porteurs chargés de convoyer le fatal sarcophage au musée anglais, l’un mourut dans la même semaine, l’autre se cassa le bras. Enfin, dans le mois où fut installée Tcheser-Ka-Ra sous les vitrines de la salle égyptienne, deux gardiens décédèrent subitement.

On parla beaucoup de cette étrange affaire, et les directeurs du British Museum eurent toutes les peines du monde à trouver des gardiens qui restassent dans le hall. L’un d’eux y consentit; il avait servi en Egypte et savait comment il faut traiter les momies. Il se souvenait du sort d’un de ses officiers qui, s’étant emparé d’un sarcophage sur lequel était écrit : « Celui qui troublera mon sommeil mourra écrasé, » avait ri de cette prédiction en faisant l’esprit fort. Ce même officier était mort peu après, écrasé par un éléphant au cours d’une partie de chasse.

dieux-egyptiens.

Aussi ce gardien du musée affectait-il une grande déférence lorsqu’il parlait de Tcheser-Ka-Ra.

Il faut la traiter poliment, disait-il, et elle ne vous fera pas de mal.

Il avait raison. Un ouvrier d’art anglais, Herbert Browne, récemment chargé de faire une petite réparation au cercueil, se vanta auprès de ses camarades de ne pas croire à « ces histoires de brigand » et paria qu’il donnerait deux coups de marteau sur le haut du sarcophage. Il tint parole et par deux fois tapa sur le bois.

Quelques jours après, sans raison apparente, il tomba paralysé du côté droit.

« Le Véritable almanach du merveilleux. »  Paris, 1913.

 

Les duellistes et le fabricant de cercueils

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Carl Larsson
Carl Larsson

Napoléon n’aimait pas les duels ; il les empêchait d’autant qu’il avait besoin de tous ses officiers pour vider ses querelles avec l’Europe, bien autrement importantes que les querelles particulières de quelques amour-propres froissés. Lorsqu’il apprenait qu’une affaire d’honneur avait eu lieu dans son armée, il en témoignait tout haut son mécontentement. 

On ne sait quel propos un peu léger avait été tenu par un capitaine des chasseurs de la vieille garde sur le compte de la sœur d’un de ses camarades, comme lui capitaine dans ce régiment. Ce dernier voulut qu’il adressât en présence de sa famille assemblée des excuses à sa sœur, et l’autre s’y refusait, prétendant qu’il n’y avait eu de sa part aucune offense.

On résolut de se battre. On se rendit au bois de Boulogne, car la mode voulait déjà à cette époque que ces sortes d’affaires se vidassent là. Ses témoins, qui étaient également des officiers de la garde, essayèrent une dernière fois le rôle de pacificateurs ; mais les deux champions ne voulurent rien entendre, les efforts des témoins semblant au contraire les irriter davantage.

Les épées sont donc tirées, lorsqu’un ouvrier, que jusqu’alors personne n’avait aperçu, s’avance, et, s’adressant aux combattants., leur dit d’un ton piteux :

Hélas ! mes chers officiers, je suis un pauvre menuisier sans ouvrage et père de famille.

Eh ! mon brave homme, retirez-vous, s’écrie l’un des témoins, nous n’avons pas le temps de vous faire l’aumône : vous voyez bien qu’on va se battre.

C’est pour cela, mes braves officiers, que je viens vous demander la préférence.

Quelle préférence ? 

Celle de faire les cercueils de ces deux braves officiers ; je suis un pauvre menuisier : père de famille, et sans ouvrage.

A ces mots, les deux champions immobiles et indécis, se regardent, un éclat de rire leur échappe à tous les deux en même temps ; puis il se tendent la main et s’embrassent amicalement. Chacun des assistants ayant ensuite donné une pièce de 20 fr. au pauvre menuisier, père de famille et sans ouvrage.

On alla terminer le différend, la fourchette à la main, chez Gillet, restaurateur, à la Porte-Maillot, l’un des plus grands pacificateurs de ce temps-ci. 

Cette affaire n’ayant fait couler que le Champagne, l’empereur n’en sut rien. Mais à quelques jours de là, un officier supérieur dans les dragons de l’impératrice, bien que n’ayant pas la réputation d’être excessivement brave, n’en eut pas moins un duel très sérieux avec un officier de la garde, qui le blessa dangereusement d’un coup de pistolet.

Le grand maréchal en apprend la nouvelle à Napoléon.

Sire, lui dit-il, ce pauvre a bien décidément une balle dans le ventre.

Lui, une balle dans le ventre !.. Allons donc, c’est impossible !… à moins cependant qu’il ne l’ait avalée.

« Les souvenirs d’un vieux de la vieille. » Arthur Halbert d’Angers, Paris, 1845.

L’argent dans les flammes

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feu-follet-cimetière

Il y a de cela très longtemps, au temps où on enterrait encore les morts dans les cimetières des églises de village, un riche avare fut enterré en l’église Saint Pierre, dans la rue Na Poříčí.

Après sa mort, on ne revit plus ses nombreux bijoux et ses ducats, perdus dieu sait où, au grand malheur de ses descendants. Peu de temps après, on se rendit compte que chaque nuit, vers minuit, une petite flamme jaune apparaissait au-dessus de la tombe de l’avare. Il était clair pour le vieux fossoyeur qu’il s’agissait d’un trésor enfoui, et que la couleur jaune de la flamme représentait l’or.

Il en parla à son fils, sacristain de l’église Saint Pierre, mais l’avertit que s’ils voulaient creuser pour trouver le trésor, ils devraient se procurer un grand chapelet et réciter soixante-douze Notre père et trente Je vous salue Marie. Ce chapelet devait être placé sur la tombe de manière à ce qu’il entoure la flamme, afin de l’empêcher de perturber les hommes en train de creuser.

A minuit, le père et le fils se rendirent sur la tombe de l’avare et le vieux fossoyeur maîtrisa la petite flamme avec une grande habileté. En creusant, ils atteignirent le cercueil de l’avare, dans lequel ils découvrirent les nombreux bijoux et ducats qui reposaient sous l’oreiller du mort. L’avare resta avare même après sa mort, tentant de voler tout le monde et de garder son or avec lui dans sa tombe. Le fossoyeur et le sacristain utilisèrent le trésor pour les pauvres et c’est ainsi que l’avare, sans le vouloir, fit don de son trésor bien gardé aux pauvres.

http://www.digital-guide.cz/fr/realie/tresors-de-prague/vi-largent-dans-les-flammes/