Charles Baudelaire

Le tombeau de Baudelaire

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Ce jour-là, était un anniversaire de la disparition de Baudelaire. On aurait pu espérer que quelques-uns de ceux qui se réclament, à tous propos, du poète maudit, auraient pris, plaisir à se réunir ce jour-là autour de sa tombe. Il n’en fut rien… Quelques fervents vinrent cependant déposer sur la pierre une fleur, une pierre et murmurer quelques prières…

La plupart de ceux qui veulent honorer Baudelaire, ignorent même où il fut enterré. Car la tombe un peu dramatique qui, dans le cimetière Montparnasse, passe pour contenir ses restes ne les contient pas. Le démon prétentieux qui la surmonte, avec son masque tourmenté et grimaçant convenait à merveille pour servir d’affiche à la dernière demeure de celui qui scandalisa si fort les mœurs bourgeoises, voici trois quarts de siècle…

Mais celui qui ne connut point le repos pendant sa vie, ne le connut point aussitôt après sa mort… On batailla autour de son cadavre, et la mère de Baudelaire finit par obtenir la possibilité de déménager les restes de son fils et de leur donner une sépulture à son goût. Baudelaire est donc enterré à l’autre bout du cimetière et ce tombeau ne reçoit la visite que de quelques initiés.

Qu’importe ! La ferveur des dévots n’en est point à une erreur près. Et tout est dans l’intention… L’ombre du poète n’a qu’un tout petit chemin à suivre pour errer et venir recueillir les lauriers et l’encens des admirateurs mal informés… et les morts, s’ils aiment encore la gloire, doivent flairer de loin la bonne odeur de la louange et des regrets.

« L’Africain : hebdomadaire. »  Alger, 1931.
Illustration : détail d’une peinture magnifique de El Hanni Thami, lhomme-hirondelle.

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Prélude

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Certaines personnes appellent Baudelaire. : « Le poète vierge ». Voici une anecdote qui démentira ce jugement pour le moins bizarre.

Le poète des Fleurs du mal fut un jour invité à faire une conférence à Bruxelles. Les mères hésitèrent longtemps à y conduire leur fille mais la curiosité l’emporta et la salle était comble lorsque Charles Baudelaire apparut. Il débuta ainsi :

Mesdames, messieurs, c’est la première fois que je prends la parole en public. Je croyais être très ému mais je m’aperçois que celle virginité n’est pas plus difficile à perdre qu’une autre.

Instantanément, le vide se fit dans l’amphithéâtre.

« Les Maîtres de la plume. »  Paris, 1923.
Illustration : portrait de Charles Baudelaire par Gustave Courbet.

Image du Blog fr.pickture.com/blogs/mycenes