Charles Perrault

Reconnaissance

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statue-perrault

Au coeur du Jardin des Tuileries, l’inauguration du monument de Charles Perrault, réalisé par Gabriel Edouard Baptiste Pech, a donné lieu à une scène charmante.

La fête officielle venait de se terminer, les gardiens se préparaient à fermer les grilles après le roulement de tambour traditionnel, quand un groupe de petites filles s’approche du monument. Elles tenaient une gerbe de chrysanthèmes qu’elles déposèrent sans discours au pied du monument…

Les mânes du conteur du Petit Poucet et du Chat Botté ont dû tressaillir de paternel orgueil !

Source : »Femina. » Paris, 1911.
Photo : http://www.paristoric.com/index.php/paris-d-hier/statues/statues-des-tuileries/1702-le-monument-a-charles-perrault

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Ruses innocentes

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Robert-Nanteuil.

Robert Nanteuil, le célèbre graveur du XVIIe siècle, eut, comme beaucoup d’artistes, des commencements difficiles. Né à Reims, où, en se livrant aux études qui recevaient alors le nom d’humanités, il avait acquis, presque de lui-même, une grande habileté dans le dessin, il devait chercher, pour suivre fructueusement sa vocation, un autre théâtre qu’une ville de province.

Charles Perrault qui lui donne avec raison une place dans son recueil des Hommes illustres raconte ainsi l’ingénieux expédient qu’il employa.

Comme ses talents, quoique très beaux, n’étaient pas d’une grande utilité dans son pays natal, et que, s’étant marié fort jeune, ils ne lui fournissaient pas de quoi soutenir les dépenses du ménage, il résolut d’aller chercher ailleurs une meilleure fortune. Il laissa donc sa femme et vint à Paris, où, ne sachant comment se faire connaître, il s’avisa de cette invention :

Ayant vu plusieurs jeunes abbés à la porte d’une auberge proche de la Sorbonne, il demanda à la maîtresse de cette auberge si un ecclésiastique de la ville de Reims ne logeait point chez elle. Il en avait oublié le nom malheureusement, mais elle pourrait bien le reconnaître par le portrait qu’il en avait fait. En disant cela il lui montra un portrait très bien dessiné, et qui avait tout l’air d’être fort ressemblant. Les abbés qui l’avaient écouté et qui jetèrent les yeux sur le portrait en furent si charmés qu’ils ne pouvaient se lasser de l’admirer et de le louer à qui mieux mieux.

Si vous voulez, Messieurs, leur dit-il, je vous ferai vos portraits pour peu d’argent, aussi bien faits et aussi bien finis que celui-là.

Le prix qu’il demanda était si modique qu’ils se firent tous peindre l’un après l’autre, et ces abbés ayant amené  leurs amis, les clients lui vinrent en si grand nombre qu’il n’y pouvait suffire. Cela lui fit augmenter le prix qu’il en prenait. En sorte qu’ayant amassé en peu de temps une somme d’argent assez considérable, il s’en retourna à Reims trouver sa femme, à qui il conta son aventure et lui montra l’argent qu’il avait gagné.

Ils vendirent aussitôt ce qu’ils avaient à Reims et vinrent s’établir à Paris. En peu de temps son mérite fut connu de tout le monde…

 » Musée des familles. »  Charles Delagrave, Paris, 1897.
Illustration : Autoportrait de Robert Nanteuil.

Le château de la Belle au bois dormant

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Le château d’Ussé, avec ses terrasses à la française et ses tours crénelées, surplombe de sa majestueuse silhouette les vallées de la Loire et de l’Indre

Le château d’Ussé se dresse à la lisière de la sombre et mystérieuse forêt de Chinon. Semblant tout droit sorti d’un conte de fées, il domine majestueusement les vallées de la Loire et de l’Indre de sa haute silhouette blanche.

C’est sur les ruines d’une ancienne forteresse de bois qu’il fut construit. Cette dernière fut elle-même édifiée en 1004 par le premier seigneur connu des terres d’Ussé, le redoutable Viking Gelduin. En 1455, Jean V de Bueil, vaillant capitaine de Charles VII, fit bâtir un premier château fort en pierre de tuffeau. On peut en admirer encore aujourd’hui les magnifiques et hautes tours crénelées, toujours coiffées de leurs clochetons. La construction devait s’étaler ensuite sur plusieurs époques, aux XVe et XVIIe siècles, réunissant autour d’une majestueuse cour d’honneur les styles gothique, Renaissance et classique.

château d'Ussé

Le château médiéval primitif fut donc ainsi transformé en une charmante et agréable résidence de plaisance. En 1664, le marquis de Valentinay, ami de l’écrivain Charles Perrault, créa de magnifiques terrasses à la française dessinées par Le Nôtre, l’architecte des jardins de Versailles. Une tradition locale prétend que, de passage à Ussé, Charles Perrault, inspiré par le romantisme des lieux, y écrivit le conte de la Belle au bois dormant.

château d'Ussé
Les jardins à la française

En longeant le chemin de ronde, on découvrira les salles intérieures du château, entièrement consacrées à la triste histoire de la princesse Aurore. La méchante fée Carabosse, furieuse de ne pas avoir été invitée au baptême de l’enfant, lui jettera un sort. La jeune fille devra mourir, à l’âge de 16 ans, en se piquant la main avec le fuseau de son rouet. Mais les bonnes fées transformeront cette malédiction en un sommeil de cent années, au bout desquelles le prince charmant donnera à la princesse le baiser qui mettra fin à l’enchantement.

« La France mystérieuse. »  Sélection du Reader’s Digest, 2001