Charlot

Charlie Chaplin renoncera-t-il  à tourner Le Dictateur ? 

Publié le Mis à jour le

charlot

Chaplin abandonne Le Dictateur… Telle est la nouvelle qui circule dans tous les studios de Hollywood depuis hier. On ne verra pas Charlot dans ce film que le monde entier attendait avec curiosité. 

Depuis neuf mois déjà, le film était en « gestation ». Chaplin, disait-on, veut présenter dans cette bande sensationnelle, une caricature du Führer de la plus grande Allemagne et stigmatiser à sa façon les exagérations et la vanité des séides qui appliquent sans discernement ses idées. Les menaces dont il fut l’objet depuis le jour où son projet fut connu, et probablement les protestations officieuses ou officielles du Troisième Reich, sont sans doute à l’origine de l’abandon du film en cours. 

Le personnage inventé cette fois par Chaplin était non pas exactement celui d’un dictateur, mais celui d’un petit israélite enfermé dans un camp de concentration. Comme il ressemble trait pour trait au Führer, des ennemis de ce dernier ourdissent un complot.  Ils enlèvent par surprise le dictateur et lui substituent le prisonnier. 

Son premier décret annonce la dissolution du parti nazi, celle des milices brunes et autres et la libération de ses frères de race. Mais la vie officielle d’un dictateur est fatigante. Surmené par les inaugurations, les exhibitions et les acclamations, l’Israélite de jadis regrette l’obscurité du camp de concentration. Mais une femme a compris son désarroi. Grâce à elle, il échappera à sa prison dorée, et l’aide, à s’enfuir en Suisse, où il redeviendra lui-même. 

L’abandon est-il définitif ? On sait que Charlie Chaplin est capricieux, tout autant que volontaire. On prétend ici que son abandon n’est peut-être pas tellement définitif et que, comme il n’a jamais manqué de courage, il se pourrait que, bravant les dangers et l’opinion, il présentera peut-être  Le Dictateur à l’écran au moment où on s’y attendra le moins. 

« Paris-soir. » Paris, 19/11/1938.

Publicités

Cirques

Publié le

cirque-fernando.

Après Pezon, Fernando est mort, et ces noms prestigieux qui ont émerveillé notre jeunesse, ces noms évocateurs de cercles enflammés que franchissent les fauves, d’écuyères faisant des grâces sur le cheval pie, de clowns à l’accent anglais et de trapèzes volants, font songer malgré soi à tout un passé oublié.

Chez Fernando eurent lieu les débuts sensationnels de numéros qui parurent ensuite sur les grandes pistes, le Cirque Fernando étant à ce moment ce que la Gaîté-Rochechouart d’antan, celle de Mme Varlet était au Caf’Conc’ : la pépinière. Aujourd’hui les enfants préfèrent au Cirque, les matinées du cinéma, Max, Rigadin et Charlot ont remplacé les vedettes de ce monde si spécial du cirque. Musidora a fait oublier Jeanne Plège, Rita del Erido est devenue Mme H. D., le cirque se meurt, ceci a remplacé cela.

Le talent des clowns, leur puissance comique n’étaient pas ce qu’un vain peuple pense :
des pitreries et nous en donnons comme preuve l’opinion de Maurice de Feraudy.

Le sociétaire qui ne va jamais au théâtre, que lorsqu’il joue se rendit un jour au cirque avec un de ses amis, le fils du général L… (l’ancien ministre de la Guerre et camarade de promotion du colonel de Feraudy). Le comédien regardait avec attention les jeux de physionomie de Footit, écoutait ses répliques et ne disait mot.

– Eh bien, tu t’amuses, interrogea L…
— Oui, répondit de Feraudy et je trouve que ce Footit a bougrement plus de talent que beaucoup d’entre nous parmi les meilleurs.

Et cet avis du vice doyen actuel était aussi celui de Mounet-Sully.

« Le Strapontin. » Paris, 1917.

Concurrence

Publié le

charlie-chaplin

Une des plus importantes chapelleries de New York avait récemment affiché sur tous les murs de la ville des placards portant l’inscription suivante :

« Charlie Chaplin ne porte exclusivement que les chapeaux de notre marque… »

Mais l’effet que la chapellerie en question attendait sans doute de cette réclame ne se produisit pas. Une maison concurrente imagina, hélas ! de faire coller au-dessous de chacune de ces affiches un papillon sur lequel on lisait ces simples mots :

« C’est d’ailleurs pourquoi il fait se tordre de rire le monde entier… »

« Chantecler : littéraire, satirique, humoristique. » Paris, 1932.

La belle-mère de Charlot

Publié le Mis à jour le

charlot.

New York, 16 janvier. Charlie Chaplin, à la suite des poursuites que sa femme a intentées contre lui, s’est montré si affecté qu’il doit garder la chambre. Les médecins déclarent que son état n’est pas grave.

Les puritains d’Amérique font une campagne tendant à interdire la production de films où paraît Charlie Chaplin. Celui-ci, très déprimé, affirme aux journalistes, qu’il était innocent des crimes qu’on lui reprochait et que c’était sa belle-mère qui menait toute l’affaire afin de s’emparer de sa fortune. Il affirme, notamment, qu’il est faux qu’il ait eu des relations extra-conjugales avec cinq actrices. Il s’est contenté de les admirer… en artiste !

La presse croit que la maladie de Charlie est un prétexte pour échapper aux interviews. Pauvre garçon !

« La Revue limousine : revue régionale. »  Limoges, 1927.
Illustration : « Charlot s’évade. » 1917.

Mauvais public

Publié le Mis à jour le

charlie-chaplin

Charlie Chaplin se fait tenir scrupuleusement au courant des succès et des critiques que remporte son film : « Les lumières de la ville » dans les divers pays du monde.

On lui apprit une dernière semaine que l’accueil du public italien lui était défavorable. En effet, à Rome, son imprésario a été dans l’obligation de baisser de moitié le prix du spectacle ; à Milan et à Gênes, « City Lights », au bout de huit jours, a été retiré de l’affiche.

 Charles Spencer Chaplin n’en a pas paru surpris :

Peut-être, riront-ils davantage, a-t-il murmuré, quand ils verront « Charlot dictateur »…

« Chantecler. »  Hanoï, 1932.