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Ramonette au Palais-Bourbon

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guerardRamonette est un gros chat noir qui joue le rôle de pythonisse au Palais-Bourbon. Un jour de pluie, venant on ne sait d’où, Ramonette pénétra dans le salon de la Paix.

Au lieu de le chasser,le premier huissier qui le vit le caressa. Le félin mystérieux se faufila vers la buvette où l’excellent M. Coûtant, qui était, selon son habitude, en dispositions cordiales, lui jeta un sandwich. Ramonette croqua délicatement le sandwich et vint ensuite de frotter aux jambes du représentant d’Ivry. Depuis lors, toléré, caressé, nourri de jambon et de gâteaux, le chat devint gros et gras. 

Et on remarque chez lui une curieuse qualité prophétique : Ramonette sait quand va se produire la chute d’un ministère. On l’a vu pour M. Monis, pour M. Briand, pour M. Caillaux. Les jours de désastre gouvernemental, le poil de Ramonette se hérisse, ses griffes menacent et son œil gris flamboie. 

Dans le vote de la loi de trois ans, les ennemis du ministère eurent, un moment, l’espoir de triompher. M. Augagneur avait présenté un petit amendement qui, sans bruit, devait mettre le gouvernement par terre… 

Pendant qu’on dépouillait le scrutin, M. Jaurès, qui est superstitieux, se hâta discrètement vers la buvette pour consulter Ramonette. Or, jamais l’animal prophétique n’avait été de si belle humeur. 

Le leader socialiste soupira, puis retourna dans la salle des séances, pour entendre le président annoncer que l’amendement-Augagneur était repoussé…

« L’Écho du merveilleux. » Paris, 1913.
Illustration : Henri Guérard.

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Chat de tranchées 

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tranchees-ecpadUn  hôte illustre vient d’arriver au refuge de chats, de Colombes, un dédaigneux angora dont l’Histoire eût mérité d’être illustrée par Caran d’AcheCe chat, ramené à Paris par un soldat, compte deux années de front. 

Un bataillon l’avait découvert dans les ruines d’un village, et adopté. Notre matou apprit à manger du « singe », mais préféra toujours le rat. Il passait sa journée tapi dans la tranchée. Il se garait avec beaucoup de prudence des projectiles. Par exemple, quand les ombres du soir tombaient, plus moyen de le retenir ! Fanfan, le chat du régiment, parfait en  maraude ! 

Et là-bas, dans la tranchée en face, les Allemands le guettaient et rêvaient de civet
délicat ! Comment faire pour préserver Fanfan de la dent des ennemis ? 

Nos soldats eurent une idée. Ils entourèrent le cou-de Fanfan… d’un collier de cigarettes. Désormais, Fanfan devint tabou. Il allait et venait des tranchées françaises aux tranchées allemandes, comme s’il eût été muni d’un passeport pour Stockholm. 

Seulement, à son retour parmi les nôtres, Fanfan n’avait plus de collier. Une ficelle  entourait son cou, et un- papier, fixé à cette ficelle, implorait : 

— Chat rapporter cigarettes ?

« Excelsior. » Paris, 1917.
Photo d’illustration :  ECPAD

C’est le chat !

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chats

C’est le chat ! locution proverbiale née de l’accusation mensongère trop souvent portée contre la dynastie des Rominagrobis. Le chat n’est-il point, en effet, l’éditeur responsable de toutes les maladresses des serviteurs, de tous leurs gaspillages, de toutes leurs gourmandises ? Qui a brisé et a dérobé ? Qui a sali ? Qui a dévoré ? C’est le chat ! toujours le chat ! L’office et la cuisine sont remplis de chats imaginaires qui mettent tout au pillage.

Vous les voyez ici représentés et à l’oeuvre; c’est l’illustration du conte que la cuisinière racontera ce soir à sa maîtresse, Iliade peinte de cet Achille à qui tous les désastres sont attribués par l’ennemi.

Juste conséquence des fâcheuses renommées ! la calomnie a le champ libre parce que le caractère de l’accusé rend tous les crimes vraisemblables. La mauvaise réputation ne nous fait pas seulement responsables des crimes commis, mais de ceux que nous pourrions commettre. Quoi qu’en ait dit la Fontaine dans les Animaux malades de la peste, le rôle de bouc émissaire incombe moins souvent à l’inoffensif maître Aliboron qu’aux maraudeurs de garde-manger, de basses-cours ou de bergeries. À chaque méfait on dira moins : C’est l’âne ! que : C’est le renard ! C’est le loup ! C’est le chat !

Ah ! si ces derniers pouvaient jamais prendre la parole, que de mensonges domestiques ! combien de vertus hypocrites descendraient à leur tour sur la sellette ! Et hors de la cuisine même, que de choses et de personnes servent ainsi à masquer nos méchantes actions. Moralistes moroses qui accusez le siècle; esprits timides lançant l’anathème sur tout ce qui s’écrit; misanthropes qui attribuez chaque malheur à la méchanceté des hommes; satiriques anathématisant tour à tour l’enthousiasme, la poésie, l’amour: n’imitez-vous pas la servante trompeuse ? n’avez-vous point aussi votre chat, sur lequel tout retombe aveuglément ? Hélas ! ce n’est point seulement à la cuisine que l’on s’efforce de charger un autre de ses propres sottises. Le monde entier n’est occupé que de cela.

Chacun cherche sur qui ou sur quoi il peut rejeter sa faute; celui qu’on accuse toujours le dernier c’est soi-même, et tous les hommes pourraient prendre pour devise, comme la cuisinière de notre artiste, la phrase populaire et symbolique : C’est le chat !

« Almanach du Magasin pittoresque. »  Paris, 1855.

Chien et chat

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Le Journal de Dieppe rapporte un acte de sauvetage accompli par un chien de Terre-Neuve A Dieppe. 

C’était jour du Mardi-Gras, vers onze heures du matin, un chien de Terre-Neuve poursuivait un chat. Ce dernier ne trouva d’autre moyen, pour se soustraire à cette poursuite, que de se jeter dans l’avant-port, en face de la poissonnerie. Mais le chien, obéissant A son instinct, se précipite dans le port pour sauver la victime. Celle-ci, qui ne paraît pas comprendre les intentions du Terre-Neuve, l’accueille à coups de griffes, de sorte que le sauveteur est obligé de le happer pour l’amener  à bord d’une barque. Les matelots de cette barque rejetèrent le pauvre chat dans le port, et le chien, toujours dévoué, se jeta à l’eau après la victime, et parvint à la sauver une seconde fois. 

Chien et chat, de nouveau sur le pont de la barque, eurent une altercation qui fut fatale au malheureux chat. Celui-ci, exaspéré par les tribulations qu’il subissait depuis quelques instants, donna quelques coups de griffes à son sauveur, qui, outré de cette ingratitude, étrangla son protégé sans autre forme de procès. 

« Le Journal de Dieppe. » 1869.

Comme chien et chat

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Un naufragé

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Une crue un peu forte s’est produite pendant la nuit, et le fleuve a recueilli un certain nombre d’objets imprudemment déposés trop près de ses rives, poutres, futailles vides, et autres matériaux susceptibles de flotter.

Sur une de ces épaves un chat miaule déplorablement, et tous les cœurs sensibles, affiliés ou non à la Société protectrice des animaux, se demandent avec angoisse quel courageux sauveteur se portera au secours de l’infortuné félin.

« À travers Paris. » Texte et dessin de Crafty.  Paris, 1894..

Whittington et son chat

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Richard-Whittington

La souris joue un rôle dans les traditions de l’Angleterre. Tout le monde connaît l’histoire de Whittington et de son chat. Le jeune Richard Whittington était, dit la chronique, un pauvre enfant qui vint un jour à Londres pour chercher fortune.

Reçu par charité dans la maison d’un marchand, il acheta, sur ses premières économies, un chat dont il mit à profit les services pour débarrasser sa chambre des souris qui s’y permettaient toute sorte de libertés. Le marchand ayant armé un navire qui allait visiter les côtes de l’Afrique, exigea que tous les employés de la maison fournissent quelque chose à la cargaison. Whittington alors apporta tout ce qu’il possédait dans le monde son chat.

On riait, mais le chat fit merveille. Au bout de quelques mois, le maître appela Whittington dans son cabinet et lui annonça le succès inespéré qu’avait obtenu cet article de marchandise. Le chat avait été acheté un prix fou par un roi d’Afrique dont le palais était infesté par les souris. Il est inutile de dire que le chat était un animal inconnu dans ces contrées.

Whittington, enrichi, fut plus tard comblé d’honneurs, et devint, dit-on, maire de la cité de Londres.

« La Semaine des enfants. »  Paris, 1866.