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La bouillotte

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Au temps où l’on ne connaissait pas encore le chauffage général des trains, les wagons étaient munis de bouillottes en hiver.

Un secrétaire municipal d’une commune, ne connaissait pas encore ce nouveau genre de

chaufferette. Aussi un jour qu’il se trouvait dans le train, regardait-il avec curiosité un voyageur de commerce se chauffant les pieds sur la bouillotte du compartiment. Au bout d’un certain temps, il dit à son vis-à-vis :

Vous avez là quelque chose de bien commode, mossieu…
La bouillotte, très commode, en effet… ça ne me quitte jamais en voyage.
Ah vous appelez ça une bouiotte… Est-ce pas un peu pesant ?
Non, pas trop.

A la prochaine station, le voyageur de commerce prend sa petite valise et saute à bas du wagon.

Hé ! mossieu ! vous oubliez votre bouiotte, lui crie le paysan.
Eh bien, comme je n’en aurai plus besoin de longtemps, et qu’elle vous plaît, je vous la donne.

Arrivé à destination, notre secrétaire municipal emporte bravement la fameuse bouillotte sur son épaule aux yeux ébahis des voyageurs et des employés de la gare.

Hé ! là-bas, qu’est-ce que vous faites ? lui crient ces derniers, voulez-vous bien remettre cette bouillotte où vous l’avez prise.
C’est bon ! c’est bon ! elle est à moi, ce mossieu qui vient de descendre me l’a donnée.

Et on eut mille peines à lui faire comprendre qu’on s’était moqué de lui.

« Le conteur vaudois : journal de la Suisse romande. »  1934.
Illustration : Cuthbert Hamilton.

Le bois des ministères

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scieurs-lutins

Si vous passez en ce moment devant les ministères, vous y verrez des ouvriers en train de scier des bûches à la vapeur. Car, malgré ce temps de république et de simplicité, c’est avec du bois, chauffage de luxe, que messieurs les ministres et leurs principaux fonctionnaires luttent contre le froid.

Mais cela s’arrête aux chefs de bureau et au-dessous les employés n’ont droit dans leur bureau qu’au bon vieux coke vulgaire. La hiérarchie est très protocolaire dans ces grandes administrations. De même qu’elle marque les distances avec le bois et le charbon, elle ne donne aux employés intermédiaires que des allumettes de bois, alors que les directeurs et les chefs de bureaux ont droit à l’allumette de cire. Quant aux employés, ils n’ont droit à des allumettes d’aucune sorte.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905. 

Economies

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L’Administration des postes a décidé de réduire la dépense en charbon des wagons-poste. Naturellement, on procède aux statistiques.

Un inspecteur, muni d’un thermomètre, effectue chaque jour un voyage sur une ligne. A chaque station, il descend de son wagon de première classe, monte dans le wagon poste, brandit son thermomètre, prend des notes, remonte dans le wagon de 1ère classe. Il lui est alloué 25 francs supplémentaires par jour.

N’aurait-on pu confier le thermomètre au chef du personnel ambulant ? On eût économisé une place en première classe. Cela eût certainement été moins illusoire que l économie que l’on réalisera dans le chauffage des wagons-poste. L’inspecteur serait resté à son bureau et les finances de la République s’en seraient mieux trouvées.

« Le Carnet de la semaine. »  Paris, 1917.
Illustration : Wagon poste. Le tri du courrier dans un wagon. Photographie de presse.Agence Rol. 1913.