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Le banquet des chevaux

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Ces jours-ci a eu lieu aux environs de Londres le banquet annuel des chevaux âgés ou infirmes de la maison de retraite édifiée pour eux, à Acton, par les soins du duc de Portland.

Ne riez pas, c’est absolument sérieux. Il y a près de huit ans que le « Home of Rest » existe, et chaque année, à pareille époque, les trente pensionnaires de l’établissement d’Acton, sont régalés d’un véritable banquet, où figurent, outre la meilleure avoine, des petits pains, des carottes, des pommes, des gâteaux et mille sucreries. Tout cela est servi sur une table où sont disposées le nombre voulu des mangeoires, et les invités de marque qui assistent à ce singulier repas ne manquent jamais de le corser par quelque gâterie supplémentaire. Cette année, une jeune femme, Mme Gore, n’avait-elle pas eu l’idée de distribuer aux vétérans d’Acton un plum-pudding monstre ! Le plus âgé des pensionnaires du Home of  Rest s’appelle Bones, et il vient des horse guards de la reine et a trente-sept ans.

L’entretien et la nourriture de chaque animal sont assurés par les organisateurs de cette institution, unique en son espèce.

« Arcachon-journal. » Arcachon, 1899.

Go fast

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Vers neuf heures du soir, boulevard des Italiens, à la hauteur de la rue Drouot, un charretier, Louis M…, conduisant une voiture attelée de deux chevaux, passait au galop en suivant la partie gauche de la chaussée.

Interpellé par un gardien de la paix, ce charretier a refusé de s’arrêter et de donner son nom. L’agent l’ayant cependant rejoint, a arrêté ses chevaux et voulait prendre le relevé de la plaque ; mais le charretier a pris la fuite en frappant ses chevaux à coup redoublés de son fouet et en entraînant le gardien qui est tombé après un parcours de cent cinquante mètres environ.

Celui-ci, se relevant, sauta alors dans une voiture de place qui allait dans la même direction et rejoignit de nouveau le charretier place de la Trinité, et de là, aidé de deux de ses collègues du 9ème arrondissement, il le conduisit au bureau du commissaire de police du quartier de la Chaussée-d’Antin. Le charretier refusait de marcher et opposait la plus vive résistance aux agents.

Le commissaire de police a consigné ce charretier à sa disposition et a fait conduire la voiture à son propriétaire, par un commissionnaire.

« Le Rappel. »  Paris, 1889.
Illustration : montage personnel.

Inauguration de mangeoires

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Des personnalités parisiennes ont fondé une Société dont le but est d’installer un peu partout des mangeoires pour les petits oiseaux. Celles-ci, en toutes saisons, seront abondamment fournies en grains.

L’inauguration de la première de ces mangeoires a eu lieu, vendredi, au parc Monceau.

Alors il paraît que de vieux chevaux ont protesté parce qu’on n’avait pas « inauguré » leurs râteliers. Il ne reste plus qu’à enregistrer la protestation des dentistes exigeant la présence d’un conseiller municipal à chaque fois qu’ils en poseront un !

« La Revue limousine. »  Limoges, 1926.

Les courses de chevaux.

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Théodore Géricault
Théodore Géricault

Le grand prix de Paris fournit à l’Evénement le thème d’une étude historique qui remonte jusqu’à Achille, instituant, après avoir rendu les derniers devoirs à Patrocle, une course en son honneur.

Le héros grec, pour stimuler l’ardeur des concurrents, fonde séance tenante plusieurs prix qui peuvent soutenir la comparaison avec ceux de la Société d’encouragement. Le premier est une femme irréprochable, habile aux travaux de son sexe, et un trépied à anses contenant vingt-deux mesures; le second, une jument indomptée, de six ans, et bientôt mère d’un mulet; le troisième, une chaudière encore blanche qui n’a point été au feu, contenant quatre mesures; le quatrième, deux talents d’or, et le cinquième une urne à deux anses qui ne va pas au feu.

En France, il existait des courses dès l’année 1370, dans le département de la Côte-d’Or. Mais il faut aller jusqu’au règne de Louis XV pour trouver les courses établies en France d’une manière sérieuse. Encore ne citent-on, à cette époque, que des paris entre gentilshommes. En 1776, des courses eurent lieu dans la plaine des Sablons. L’année d’après, plusieurs gentilshommes firent à Fontainebleau une poule où figurèrent quarante chevaux.

Ce goût naissant devint bientôt une fureur, et les gentilshommes de la cour consacrèrent à ce divertissement des sommes folles. Lorsque vint le règne de Louis XVI, ce prince s’en émut et fut contraint de prendre des mesures pour empêcher que la noblesse ne se ruinât avec les courses. Le moyen qu’il employa ne manque pas d’originalité; il se mêla parmi les parieurs et ne paria que de très petites sommes, espérant les amener à une sage modération par esprit de courtisanerie et d’imitation.

« A la dernière course, dit Mme de Genlis, M. de X… a perdu 7,000 louis, M. le comte de X… en a gagné 6,000. Le roi a parié un petit écu; c’est une leçon bien douce et de bien bon goût sur l’extravagance des paris. »

La leçon fut en pure perte, car les gros paris continuèrent.

Les courses, abolies par la Révolution, furent rétablies par Napoléon 1er. Mais c’est seulement en 1827 qu’elles commencèrent à entrer dans le mouvement ascendant qui s’est continué jusqu’à nos jours.

« La Revue des journaux et des livres. » Paris, 1885.