chien

Esprit pratique

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gare

Un chasseur, M. Ubaldo Orna, avait pris le train à la gare de Vérone, pour se rendre à Roverbella, et s’y livrer aux douceurs de la chasse. Son chien l’accompagnait.

En cours de route, dans une station intermédiaire, M. Orna descendit pendant quelques minutes sur le quai, mais au moment du départ du train, il ne retrouva plus son chien qui s’était égaré un instant. Le train se remit en marche. Le chien essaya un moment de le suivre en aboyant, puis comprenant qu’il ne pourrait jamais suivre ce « train » d’enfer, il revint à la gare d’un air résigné. Il s’installa philosophiquement sur le quai, et attendit.

Quelque temps après, un train survint en sens inverse, dans la direction de Vérone, Notre intelligent quadrupède sauta dans un compartiment et revint à Vérone, où il réintégra le domicile de son maître.

Chien et chat

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Le Journal de Dieppe rapporte un acte de sauvetage accompli par un chien de Terre-Neuve A Dieppe. 

C’était jour du Mardi-Gras, vers onze heures du matin, un chien de Terre-Neuve poursuivait un chat. Ce dernier ne trouva d’autre moyen, pour se soustraire à cette poursuite, que de se jeter dans l’avant-port, en face de la poissonnerie. Mais le chien, obéissant A son instinct, se précipite dans le port pour sauver la victime. Celle-ci, qui ne paraît pas comprendre les intentions du Terre-Neuve, l’accueille à coups de griffes, de sorte que le sauveteur est obligé de le happer pour l’amener  à bord d’une barque. Les matelots de cette barque rejetèrent le pauvre chat dans le port, et le chien, toujours dévoué, se jeta à l’eau après la victime, et parvint à la sauver une seconde fois. 

Chien et chat, de nouveau sur le pont de la barque, eurent une altercation qui fut fatale au malheureux chat. Celui-ci, exaspéré par les tribulations qu’il subissait depuis quelques instants, donna quelques coups de griffes à son sauveur, qui, outré de cette ingratitude, étrangla son protégé sans autre forme de procès. 

« Le Journal de Dieppe. » 1869.

Comme chien et chat

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Azor et les saucisses

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Il remplissait l’office d’un domestique. Tout le quartier le connaissait et les fournisseurs étaient au fait de ses allures, car il se présentait chez eux avec un papier attaché à son collier, et sur lequel était inscrit ce qu’on devait lui remettre. Un jour il fut envoyé chez le charcutier, avec mission de rapporter six saucisses, qui furent soigneusement enveloppées dans un papier et qu’il prit dans la gueule.

L’animal s’en allait réfléchissant, car, ne l’oubliez pas, les chiens pensent, et le fumet appétissant des saucisses lui montait au nez, en éveillant son appétit. Il avait grande envie d’en manger une, une seule. Mais elles étaient comptées, et l’on se fût certainement aperçu du larcin. Et pourtant quelle tentation ! Comment faire ? N’y avait- t-il pas un moyen d’accorder le devoir avec la gourmandise, sans encourir la correction dont il avait si grand’peur ?

Une idée lumineuse vint au chien. Les saucisses étaient comptées, oui ! mais elles n’étaient pas mesurées sans doute. Toutes les saucisses n’ont pas la même longueur. Cette pensée fit construire tout un plan dans sa cervelle et il l’exécuta sur-le-champ, avec l’adresse d’un écolier en maraude.  Au lieu de suivre le chemin ordinaire dans lequel passait beaucoup de monde, il avisa une ruelle déserte, bordée de grands jardins, et il y entra. Une fois caché là, dans l’enfoncement d’une porte, il se livra aux délices du fruit défendu. Chaque saucisse fut délicatement mordillée aux deux bouts, puis il les replaça toutes tant bien que mal dans le papier et retourna triomphant chez son maître.

Le crime fut enfin découvert, mais le moyen de gronder l’animal après un pareil trait ? L’eussiez vous fait ? Je ne le crois pas. Quant à moi, je n’en aurais pas eu le courage.

E. Sanfourche »Les chiens, les chats et les oiseaux : traité d’hygiène. » Paris, 1866.

Le chien

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chien

Le chien est l’ami de l’homme, c’est le plus intelligent des animaux domestiques. Son flair remarquable le guide et lui permet de retrouver sa maison ou son maître lorsqu’il s’en est éloigné. Ses aboiements joyeux accueillent ce dernier lorsqu’il rentre au logis, mais ses aboiements furieux écartent l’intrus qui cherche à pénétrer dans la maison.

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Le chien du Mont Saint-Bernard recueille les voyageurs égarés dans la montagne. Le basset, tout en longueur, est un excellent chien de chasse. Le bouledogue, en dépit de sa tête hargneuse, est souvent un animal très doux. Le caniche, avec son air de faux lion, est le pitre des chiens. Le lévrier peut attraper les lièvres à la course.

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Autrefois, le chien du régiment défilait dans les revues et s’en allait à la guerre : il gardait le camp et n’était jamais puni de salle de police. Aujourd’hui, le chien policier poursuit les malfaiteurs, leur plante ses crocs dans les jambes et les maintient jusqu’à l’arrivée des agents ou des gendarmes dont il est le courageux auxiliaire.

 « L’Arche de Noé. » Texte et dessins de André Hellé, 1925.

Le chow-chow

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C’a été la nouveauté de l’exposition canine. Le chien chow-chow rend les plus grands services aux explorateurs du Nord et aux chercheurs d’or de l’Alaska.

C’est grâce à eux que Nansen a pu vivre dans sa fameuse exploration; non seulement ils l’ont transporté, mais quand il faillit mourir de faim, il les mangea les uns après les autres, malgré le chagrin qu’il en éprouvait.

Les chiens chow-chow servent aux indigènes à une foule d’usages : quand on les dételle, par exemple, ils vont à la pêche au saumon pour leur maître et le lui apportent fidèlement, se contentant des débris qu’il veut bien leur jeter. Ils sont de petite taille, très vifs et ressemblent un peu au chien loulou, qui accompagnait en jouant les antiques diligences.

Ils adorent les enfants, et M. de Parville raconte, qu’à l’exposition des Tuileries, une nourrice et un bébé ayant pénétré dans le couloir sur lequel se trouvaient leur cage, tous sautèrent aux barreaux, avec frénésie, pour embrasser l’enfant.

« Touche-à-tout. »  Paris, 1904.

Singulier condamné à mort

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Le Tribunal Révolutionnaire condamna, le dimanche 17 novembre 1793, un chien à la peine de mort. Un chien !

Ce jour-là, un ancien recruteur du nom de Saint-Prix prenait place sur les gradins. Peu de monde dans la salle. La fournée était médiocre. On se réservait pour de plus beaux feux de file. Ce Saint-Prix était accusé de propos contre-révolutionnaires. Une de ses voisines s’était informée s’il allait monter sa garde, ce à quoi il avait répondu :

Je ne suis pas fait pour monter la garde avec des gueux et des scélérats.

Et il avait ajouté avec un soupir de regret :

J’aime mieux l’ancien régime que le nouveau.

Ce délit le menait devant des juges impitoyables, qui frappaient sans appel. Ils avaient condamné des accusés coupables de moindres forfaits. La sentence à l’égard de Saint-Prix fut celle qu’on attendait, mais cette sentence frappait en même temps le chien du recruteur. Cette bête avait été dressée à signaler les inconnus s’approchant du logis de son maître. Un jour, un porteur d’un ordre de garde pour Saint-Prix fut harponné au mollet par la bête vigilante. Ce témoignage la condamna, et le lendemain, lundi, 18 novembre, le jugement était mis à exécution. Les Archives nationales ont conservé les pièces de ce singulier procès et c’est d’après elles que nous allons reconstituer son épilogue.

Une lettre jointe au procès-verbal en informait Fouquier-Tinville, le jour même.



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Vers midi, le commissaire du comité de surveillance des Tuileries, nommé Claude-Charles George, était parti avec l’inspecteur de police Pierre-Louis Hostaux, vers une maison nommée Le Combat du Taureau, qui, quoique le procès-verbal soit muet à cet égard, était vraisemblablement un cabaret ou une hôtellerie, car il est dit que cette maison est tenue par le citoyen Maclart. A l’arrivée des deux hommes, le citoyen Maclart se trouvant absent, sa femme reçoit les visiteurs. Solennellement, ils exhibent à la femme étonnée l’ordre du Tribunal Révolutionnaire qui ordonne l’exécution du chien. On la somme, au nom de la loi, de présenter la bête, formalité à laquelle elle se soumet sans répliquer. Elle va dans la cour de la maison, détache la bête de la niche où elle dormait, et l’amène devant le commissaire et l’inspecteur.

A ce moment un grave débat surgit entre les personnages. Lequel des deux assommera la bête ? Sera-ce Pierre-Louis Hostaux ou Claude-Charles George ? L’un et l’autre s’y refusent, et la citoyenne Maclart ne peut décidément accomplir, elle, ce à quoi se refusent les deux hommes. Sans doute, pour mettre fin à la discussion, leur propose-t-elle un moyen terme. A quelques pas de là, au Combat, se trouve un poste de gardes nationaux. Là, on pourrait requérir un homme qui exécuterait le jugement. L’ingénieuse proposition de la citoyenne Maclart est adoptée, et George, son ordre du Tribunal Révolutionnaire toujours à la main, court au poste.

Pendant ce temps, la bête jappe, saute, gambade. Bientôt le commissaire de la section des Tuileries revient, accompagné du citoyen Bonneau, sergent de la section des Arcis, de garde au poste. On peut malaisément croire que le sergent ait accepté la proposition de George. Sans doute celui-ci l’a-t-il simplement requis comme témoin. Quoi qu’il en soit, il accompagne le commissaire, et devant la citoyenne Maclart et en présence du sergent, le chien de Saint-Prix est abattu à coups de bâton.

Et, gravement, les quatre assistants signent le procès-verbal de cette exécution. La femme Maclart se charge sans doute de l’inhumation du cadavre. Le sergent regagne son poste, les deux envoyés de la section des Tuileries, leur comité. Justice est faite.

Hector Fleischmann. »Anecdotes secrètes de la Terreur. » Paris, 1908.