chirurgie esthétique

La fabrication des nez en Amérique

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Un riche Américain privé de son nez, avait acheté le bras d’un ouvrier solide et bien portant, pour y prélever la petite quantité de chair, qui était nécessaire au complément de sa figure. On la lui avait même vendu assez cher.

C’est sans doute pour ne pas avoir à supporter cette dépense, que, voulant gratifier d’un nez un individu qui n’en avait jamais eu, un chirurgien se servit du doigt de l’individu même; toujours en Amérique, à Philadelphie. Il pratiqua entre les yeux du patient une ouverture triangulaire, où il plaça son petit doigt, dont, auparavant, il avait enlevé l’ongle; il cousit la peau de la face à la peau du doigt et le disposa avec l’inclinaison nécessaire pour bien représenter le nez.

Puis le buste fut enveloppé dans une masse de plâtre, afin de rendre la main absolument immobile, tandis que la tête était aussi tenue en place par un appareil spécial.

Et maintenant, il faut attendre trois semaines, au bout desquelles on espère que les os seront soudés entre eux. On procédera alors à l’amputation d’une phalange du petit doigt, et on habillera l’ossature avec la peau du front et du cou.

Ce ne sera peut-être pas joli, joli; mais le patient pourra se moucher comme tout le monde… si l’opération réussit.

« Touche-à-tout. Revue hebdomadaire. »  Paris, 1904.

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Suzanne Noël, pionnière de la chirurgie esthétique

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Née en 1878, à Laon, Suzanne Gros doit attendre d’être mariée pour entreprendre des études de médecine et est nommée interne des hôpitaux de Paris en 1912. Ayant perdu son premier mari des suites de la guerre, elle se remarie avec le Dr André Noël qui se suicide après la mort de leur fille unique. Malgré ces tragédies, Suzanne Noël fonde de nombreux clubs Soroptimist, (le Rotary féminin) contribuant à assurer l’implantation définitive du mouvement en Europe et est une des premières femmes à pratiquer la chirurgie esthétique.
Suzanne Gros naît à Laon, dans l’Aisne, dans une famille bourgeoise. Après son mariage, elle déménage en 1897 à Paris où elle entame en 1905 des études de médecine avec le soutien de son mari, lui-même médecin. En 1908, elle est nommée externe des hôpitaux de Paris dans le service du professeur Morestin, pionnier de la chirurgie maxillo-faciale, puis prolonge cette expérience en entrant en 1909 dans le service de dermatologie du professeur Brocq à l’hôpital Saint-Louis.
Reçue à l’internat en 1912, elle approfondit ses connaissances dans le domaine de la chirurgie maxillo-faciale ; elle est notamment amenée à soigner la cantatrice Sarah Bernhardt à la suite d’un lifting pratiqué aux Etats-Unis et ayant abouti à un demi-échec. Durant la Grande Guerre, elle est autorisée à exercer sans avoir soutenu sa thèse et s’occupe des « gueules cassées ».
Remariée suite au décès de son mari en 1918, elle perd sa fille unique en janvier 1922 et son second mari en 1924. La chirurgie esthétique occupe dès lors une place fondamentale dans sa vie : elle soutient en 1925 sa thèse, étend ses activités de chirurgie, jusque-là confinées au visage, aux autres parties du corps (remodelage des seins, des fesses, des cuisses, dégraissage de l’abdomen, des jambes), ce qui l’amène à inventer des techniques (dégraissage par aspiration) et des instruments (crâniomètre, gabarits) encore utilisées aujourd’hui. Elle reçoit en 1928 la Légion d’honneur « pour sa contribution à la notoriété scientifique de la France sur la scène internationale ».
Suzanne Noël est également passée à la postérité comme fondatrice du premier club Soroptimist en Europe, avec l’objectif de défendre les droits des femmes ; personnalité internationale de premier plan, elle fonde successivement les clubs Soroptimist de La Haye, Amsterdam, Vienne, Berlin, Anvers, Genève, les clubs baltes, ceux d’Oslo, Budapest, et même ceux de Pékin et Tokyo.
Après sa mort en 1954, les chartes des nouveaux clubs Soroptimist sont remises au nom de Suzanne Noël et une bourse portant son nom est instituée pour aider une femme médecin à se spécialiser en chirurgie plastique.
http://www.bu.u-picardie.fr