clairvoyance

Ascension mortelle

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alpinismeUn cas de clairvoyance tout à fait remarquable vient d’attirer l’attention des étudiants des recherches psychiques à Chemnitz, en Saxonie. Ce qui rend le cas spécialement intéressant est le fait que le clairvoyant, astronome et  astrologue, frère du grand astronome Geheimrat Professor Dr. Meyermann, chef de l’observatoire à l’Université de Gottingen, commença ces investigations par l’examen d’une photographie.

Le problème consistait à déterminer si un alpiniste, perdu dans les montagnes vivait  encore. Monsieur Meyermann, au premier coup d’œil jeté sur la photographie, déclara que l’alpiniste était mort; ajoutant qu’à son sens il se produisait un changement sur toutes les photographies après la mort de lapersonne. Se basant sur cette décision, le clairvoyant indiqua la place où on trouverait le corps. 

Monsieur Palitsch, inspecteur du Standesamt à Chemnitz, passa des vacances un peu tardives dans les Alpes Bavaroises. Il était accompagné par sa femme. Un jour ils décidèrent d’entreprendre l’ascension d’une montagne, de 2000 mètres de hauteur, ascension considérée comme dépourvue de danger. Le jour de l’excursion, Mme Palitsch se sentant fatiguée, son mari partit seul. Il ne revint pas. Plusieurs expéditions furent envoyées à sa recherche les jours suivants, mais sans résultat. 

Quelques jours après le retour de Mme Palitsch à Chemnitz, M. Meyermann, clairvoyant et astrologue, ami de la victime, s’offrit pour aider à découvrir là vérité sur cet accident supposé. Ayant consulté une photographie, il déclara de suite que M. Palitsch était mort. 

Comme on ne connaissait pas du tout cette partie des Alpes Bavaroises, une carte à grande échelle fut mise devant lui, ainsi qu’un mouchoir appartenant à la victime. M. Meyermann tira de sa poche un petit appareil qu’il appelle « pendulum sidéral » et, par la nature des oscillations de cette pendule au-dessus de la carte, put découvrir exactement la route suivie par le décédé. Cette route, prise par erreur, l’avait conduit vers les précipices de Hohen Kramer. Le clairvoyant, toujours au moyen de son « pendulum sidéral » (procédé plutôt rhabdomancien), détermina le point exact où se trouvait le corps. 

Bien que ni M. Meyermann, ni Mme Palitsch ne soient allés visiter ces précipices sauvages et presque inaccessibles on pût, grâce à la clairvoyance du voyant et avec l’aide de son pendule, non seulement donner une description très exacte de l’endroit, mais encore le meilleur moyen d’y accéder. Les montagnards des environs d’Untergrainau furent surpris de la précision des données, car peu d’entre eux avaient pénétré cet amas de rochers. L’expédition de recherches  trouva le corps de M. Palitsch exactement au lieu indiqué et dans la position décrite par le clairvoyant. 

La police étonnée soupçonna un assassinat, mais une investigation officielle démontra que la mort était due à un accident, et M. Meyermann prouva abondamment qu’il n’avait pas quitté Chemnitz pendant la semaine. Les officiels ont été forcés d’admettre le fait positif de ce cas de clairvoyance. 

Il est intéressant de remarquer que M. Meyermann descend d’une vieille famille des environs de Chemnitz, et que, suivant la tradition, plusieurs de ses aïeux avaient le don de la clairvoyance ou de « double vue ». 

« L’Astrosophie. Revue d’astrologie ésotérique et exotérique » Traduit de « Psychic Science » (Londres), numéro de Janvier 1931. 

Le nauscope 

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Le Gouvernement français reçut au mois d’avril 1780, un mémoire signé Baltineau, ancien employé de la Compagnie des Indes dans les îles de France et de Bourbon, dans lequel cet homme déclarait pouvoir signaler avec une certitude mathématique les navires se trouvant en pleine mer, à 260 lieues de distance.

Cette prétention parut singulière et ne rencontra que des incrédules. Toutefois, le Ministre de la Marine ordonna aux autorités de l’Ile de France, où vivait Baltineau, d’étudier la chose. Il fut convenu que le nauscope (pour employer le mot forgé par Baltineau lui-même) pré-annoncerait les arrivées de tous, les navires, durant huit mois consécutifs. La série d’expériences fut commencée le 15 mai 1782. Voici la déclaration de la Commission d’enquête :

« Sur 114 pré-annonces faites par Baltineau, signalant la présence de 216 navires, il ne s’est trompé que 4 ou 5 fois. Il justifia ces retards par les contrariétés imprévues du temps. » 

Plusieurs de ces prévisions sont véritablement merveilleuses. Le 20 août 1782, Baltineau affirma que plusieurs navires, se trouvaient à la distance de 4 jours de l’île, retenus par des vents contraires. Ce fut ainsi du 20 août au 10 septembre : le 11 septembre, la brise ayant soufflé favorablement, Baltineau déclara que là flotte n’était plus qu’à deux journées du port. Les navires ne tardèrent effectivement pas à arriver, et grande fut la surprise générale lorsqu’on sut qu’ils étaient réellement, depuis, le 20 août, restés immobiles a la hauteur des îles Rodriguez. 

S’étant embarqué pour la France, Baltineau signala en chemin 27 navires, qu’on ne tarda pas à rencontrer, et trois fois le voisinage de la terre. 

Mais le Ministère de la Marine repoussa ses offres, alléguant que les explications fournies par lui sur le moyen par lequel il découvrait les navires lointains étaient absolument insuffisantes. C’est possible, étant donné que les clairvoyants ne peuvent pas se rendre un compte exact du processus de la merveilleuse intuition qui leur est propre. Mais le Gouvernement français aurait dû attacher de l’importance aux faits, non à la théorie. 

Il importe d’observer qu’il ne s’agit là aucunement de contes à amuser les grands enfants. Le récit concernant Baltineau est tiré des  Mémoires Secrets de la Marine Française (tome XIX), gardés dans  les Archives de cette Administration. Bernardin de Saint-Pierre a parlé avec admiration et respect de Baltineau, déplorant, qu’il n’ait même pas pu obtenir une audience du Maréchal de Castries, ministre de la Marine, malgré les attestations, de l’Intendant et du Gouverneur de l’île de France, dont il était nanti. 

« Annales des sciences psychiques. » Paris, 1915.
Peinture de Geoff Hunt.

Prophéties

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Il ne s’agit pas des prédictions historiques plus ou moins célèbres, plus ou moins précises,  qu’on a rappelées depuis le début de la guerre, ni de celle d’Hermann, moine du monastère de Lehnin dans le Brandebourg, concernant la destinée des Hohenzollern, et qui date de 1240.

Il n’est pas non plus question de la prophétie de Mayence, publiée en 1854, selon un manuscrit très ancien découvert dans un vieux monastère fondé par Sainte-Hildegade, et qui annonce la Bataille du champs des Bouleaux , ni de de celle du frère Johannès, (moine inconnu) dite aussi prophétie de l’Antéchrist, qui date de 1600 sur l’Empereur-Roi qui n’a qu’un bras et qui est fils de Luther, et sur la guerre universelle à la fin de laquelle le Coq, le Léopard et l’Aigle Blanc, triomphent de l’Aigle Noir et de l’autre Aigle, et chassent le Croissant.

Toutes, la dernière surtout à cause de la singulière vérité de ses détails, ont été lues avec curiosité car, dans les époques de grandes crises, les hommes, certains du moins, sont plus accessibles au surnaturel et le désir d’entrevoir l’avenir devient pour eux plus impérieux. 

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Mais les vrais prophètes de la guerre sont, si étrange que cela paraisse, des écrivains, dont l’imagination a su déduire logiquement ce qui serait de ce qui était. Dans leurs oeuvres, ce qui n’apparaissait que comme des fantaisies, attachantes sans doute mais irréalisables, frappe maintenant comme une vision logique réalisée par les terribles conditions scientifiques imposées à la guerre moderne. Du reste, ce n’est pas « des » écrivains qu’il faut dire, c’est « un » écrivain : l’anglais H.-G. Wells, dont le plan de guerre aérienne suscite un puissant intérêt chez nos alliés. A la suite des exploits de nos avions il a recommandé on le sait, dans une lettre publique, de porter le combat dans les airs en fabriquant des milliers d’aéroplanes qui, entre autres opérations, iraient détruire Essen, le grand centre des armements allemands.

La guerre actuelle, disent les personnalités compétentes est si peu stratégique qu’elle ouvre la porte à toutes les conceptions. Les idées de Wells méritent d’autant plus, semble-t-il, d’être prises en sérieux examen que, dans la suite de ses extraordinaires volumes, si magistralement traduits pour nous par B. Kozakiéwicz et Henry-D. Davray, il a su imaginer certains moyens de combat aujourd’hui réalisés et en outre annoncer, avec une étonnante clairvoyance, les aspects de la lutte et quelles seraient les puissances qui y prendraient part. Et il prédit la défaite de l’Empire allemand, c’est à dire l’expression organisée de l’esprit agressif allemand.

Dans Anticipations, paru en 1901. (remarquez cette date), dans la Fortnightly Review, Wells a prédit une guerre des Empires du centre, contre la Russie, l’Angleterre et la France alliées. Dans la Guerre des Mondes, il a prédit, avec la Fumée noire des martiens, les gaz asphyxiants des Allemands. De ceux-ci il a décrit le brutal appétit de domination mondiale et la préparation systématique de l’agression dans la Guerre dans les airs qui aurait pu être un enseignement pour ses concitoyens, en leur indiquant ce que pouvait être la lutte… Il est impossible de citer chacune des prévisions de cet étonnant génie, une des plus frappantes est celle qui envisage les conditions de la guerre de tranchées, et la création de Cuirassés de terre, forteresses blindées et mouvantes qui les franchissent en avançant à l’aide de pieds articulés. 

wells

On s’aperçoit en lisant Wells qu’il est un précurseur scientifique autant qu’un romancier d’un intérêt incomparable. Il fut du reste, homme de sciences avant d’être homme de lettres et cela explique toute la solidité de ses conceptions, toutes leurs possibilités ingénieuses et logiques. Déjà, avec Jules Verne, nous avions entrevu que les fictions imaginées par un romancier, même par un romancier pour les enfants pouvaient devenir des réalités. Ses sous-marins et ses machines volantes n’étaient certainement pas admissibles pratiquement, mais, ils étaient du moins l’intention générale, l’indication de ce qui serait, de ce qui est maintenant, réalisé.

Il y a quelques années des admirateurs de Wells proposèrent sérieusement de fonder pour lui une chaire de Prophéties modernes. Dans ce temps-là pourtant on ne savait pas encore à quel point il découvrait l’avenir. Depuis la guerre on se rend compte qu’il fut de ceux qui avaient « vu », avec le plus de netteté, avec le plus de logique. Les Anglais vont, peut être créer un ministère de l’Aviation et les journaux viennent de décrire leur super-biplan récemment établi. Ce n’est pas un mince honneur pour un romancier que de voir prendre en considération ses rêves par les chefs qui ont la tâche formidable d’organiser l’action, c’est à-dire la victoire. Ainsi le prophète moderne non seulement entrevoit l’avenir mais peut-être encore, contribue à le préparer…

Frédéric Boutet. « L’Ambulance / Croix verte. » Paris, 1915. 
Illustration d’en-tête : « La Guerre des Mondes. » Steven Spielberg (2005).

Un don redoutable

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Stéphan- Ossowiecki

Je ne voudrais pas être à la place de M. Stéphan Ossowiecki. Cet ingénieur polonais, qui vient à Paris pour soumettre son cas à l’examen d’un jury de savants spécialisés dans l’étude des phénomènes métapsychiques, a reçu au berceau, de la fée Karabowska, la clairvoyance ou « métagnomie », c’est-à-dire le don de lire le contenu des lettres cachetées.

Je plains, très sincèrement, M. Ossowiecki. Sans doute, sa fortune est assurée. Quelque music-hall va lui faire un pont d’or. Mais quelle triste destinée ! Ce malheureux n’aura jamais d’amis. Qui donc oserait se lier avec un homme doué de double-vue ? Sait-on où peut s’arrêter ce mystérieux pouvoir, et si l’oeil capable de traverser une enveloppe n’est pas également habile à sonder les pensées ? Nous supportons, patiemment, l’indiscrétion des rayons X, parce qu’ils ne pénètrent que notre corps. Mais notre âme, elle, n’a pas le moindre goût pour la translucidité. Pour habiter une maison de verre, il faut être un sage, c’est-à-dire une espèce de dingo assez rare sans doute, car je n’ai jamais vu de maison de verre dans mes promenades à travers la vie.  

J’ajoute que M. Ossowiecki devra se résigner à demeurer célibataire. Car aucune femme ne consentirait à vivre, seulement huit jours, en compagnie d’un monsieur pour qui les pneumatiques les mieux clos n’ont pas de secrets, et qui lit dans les coeurs fermés, à livre ouvert. 

« L’Européen. » Paris, 1929.