cocher

Le cocher des Rothschild

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fiacre

Un cocher de fiacre avait l’habitude de conduire le fils de lord Rothschild de l’hôtel paternel à Victoria et recevait pour cette course une demi-couronne.

Un jour, il eut à conduire à la même destination lord Rothschild qui ne lui remit que dix-huit pense. 

— Vous êtes un voyageur moins généreux que votre fils, observa le cocher…
— Vraiment ?… c’est probablement parce qu’il a un père riche et que je n’en ai pas, répliqua lord Rothschild.

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Cumul

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corbillard.

En voyant passer un enterrement, on a pu se demander parfois pour quelle raison le cocher du corbillard, tout en surveillant la marche lente de ses chevaux, lorgne de droite à gauche, le nez en l’air, dans une attitude méditative, les façades des maisons.

Ce n’est pas, croyez-le bien, qu’il rêve aux tristesses de sa lugubre profession ni qu’il creuse l’éternel problème du To be or not to be… Très prosaïquement, il relève, pour le compte de quelque agence de location, les numéros des maisons où se trouvent des appartements, logements, boutiques à louer et ainsi, par ce cumul bizarre, il ajoute quelque peu à ses maigres appointements.

Tout en conduisant les morts à leur dernière demeure, le cocher de corbillard en cherche pour les vivants.

« La Joie de la maison : journal hebdomadaire. »  Paris, 1892.

Pour se venger d’un cocher

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cocher

Les cochers (il y a des exceptions) ne sont pas toujours aimables. Les voyageurs auxquels ils cherchent noise cèdent presque toujours pour ne pas entrer en conflit avec eux, désireux d’éviter les torrents d’injures et les epithètes qu’ils ne manquent pas de déverser sur les clients qui n’ont pas la chance de leur plaire.

Quelquefois cependant, le client se rebiffe, et le cocher désagréable expie durement son insolence. Ceci nous remet en mémoire une aventure assez drôle, arrivée il y a quelques années à un étudiant en droit, M. V…, avocat aujourd’hui à la Cour d’appel.

M. V… avait pris, en compagnie d’un ami, un fiacre devant le Châtelet pour le conduire rue Gay-Lussac. La course, on le voit, n’était pas longue. Sur le boulevard Saint-Michel, un encombrement oblige la voiture à s’arrêter. L’ami en profite pour descendre. L’encombrement cesse, la voiture repart et arrive rue Gay-Lussac. Au moment où M. V… allait payer, le cocher lui fait remarquer avec arrogance que l’heure lui est due parce qu’il s’était arrêté en chemin pour déposer l’ami de son client.

« Parfaitement, répond M. V…, je vous dois l’heure. Mais si je vous la paye, il n’est que juste que j’en profite. Or, vous avez mis 12 minutes pour me conduire ici, j’ai donc encore droit à 48 minutes. Faites-moi le plaisir de rebrousser chemin et d’aller jusqu’au bassin qui est devant le Luxembourg, vous en ferez le tour jusqu’à ce que l’heure soit écoulée« .

Stupéfait, le cocher voulut réclamer, déclarant qu’il voulait bien se contenter de la course, mais M. V… avait changé d’avis, il voulait absolument se promener autour du bassin. Force fut au cocher d’obtempérer au désir de son client .

Les passants virent alors cette chose stupéfiante : un cocher promenant sa voiture autour du bassin, sans interruption, tandis que dans la voiture, le client, la mine satisfaite, grillait d’interminables cigarettes. Au bout de quelques tours, les curieux, intrigués par ce manège, se groupaient sur le trottoir. Leur nombre, croissant de minute en minute, trois gardiens de la paix vinrent aux renseignements.

On arrêta la voiture. M. V… s’explique et déclare qu’il lui est dû encore trente minutes. Les agents, amusés, donnent l’ordre au cocher de marcher, et, comme c’est à l’heure, l’obligent à aller au trot. Des étudiants passent, reconnaissent leur ami et vont au café voisin chercher des consommations pour le réconforter. On fait passer à M. V… dans sa voiture, des bocks, des cigares, des liqueurs au milieu de l’hilarité générale. Le cocher, furieux, veut s’arrêter, mais les agents veillent.

L’heure enfin est écoulée.

M. V… arrête la voiture, descend, et remet généreusement quarante-deux sous à l’irascible automédon dont cette course en cercle a fait tourner la tête. M. V… remercie les agents et se retire avec ses amis, pendant que les badauds couvrent de huées et de quolibets le malheureux cocher qui détale à toute vitesse.

La leçon était méritée.

« Magazine universel. » Paris, 1903.

Fouette, cocher, fouette !

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beraud_fiacreVers 1640, un ancien employé des coches d’Amiens, Nicolas Sauvage, dota Paris de ses premières voitures publiques.

Comme l’hôtel où ces voitures remisaient, au faubourg Saint-Antoine, portait l’image d’un saint Fiacre, cette image leur servit d’enseigne. De là on les nomma fiacres, et ce nom s’étendit aux autres voitures de même style que la concurrence ne tarda pas à établir.

Après être passé de l’enseigne à la voiture, la dénomination de fiacre passa encore de la voiture au cocher, ainsi qu’en témoigne le vieux dicton : « jurer comme un fiacre. »

« Les cochers sont si brutaux, écrivait déjà Saint-Evremond en 1692, ils ont la voix si courroucée, si effroyable, et le claquement continuel de leurs fouets augmente le bruit d’une manière si horrible, qu’il semble que toutes les furies soient en mouvement pour faire de Paris un enfer. »

Nous les retrouvons à peu de chose près aussi aimables dans le Tableau de Paris, de Mercier :

« Quand les fiacres sont à jeun, ils sont assez dociles; vers le midi, ils sont plus difficiles; le soir, ils sont intraitables. »

« Musée universel. »  A. Ballue, Paris, 1873.