condamnation

La passion du sport

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Les tribunaux du Texas, qui avaient condamné dernièrement à mort le fameux champion indien du jeu de football, nommé Wolla Toneka, viennent de lui accorder un sursis jusqu’à fin d’octobre, uniquement pour lui permettre de tenir ses engagements de la saison.

Et, dans tous les rings américains, c’est à qui jouera une suprême partie de football contre le champion qui n’a plus que six semaines à vivre. 

Wolla Toneka est né à Eagle County, il y a de cela vingt-deux ans. Il appartient à la tribu encore puissante des Choctaws. Quoique orphelin de très bonne heure, reconnu par un chef indien, il a fait d’assez fortes études et parle et écrit correctement l’anglais. 

A la suite d’une petite discussion de famille, Wolla dans un moment de vivacité a brûlé la cervelle de ses deux oncles et d’un individu nommé Henderson. 

Il sera fusillé, suivant la coutume, à l’expiration de son sursis, par conséquent dans les premiers jours de novembre, mais cela ne l’empêchera pas de jouer jusque-là au football, sous l’oeil de la police, bien entendu, contre tous les champions américains.

 Source : « L’Athlète. » Roubaix, 1897.

 

Civilité d’un juge

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Voici comment un juge américain, connu dans tout l’Ouest par sa politesse exquise, qui contraste tant avec le sans-gêne habituel des Yankees, a récemment annoncé à un meurtrier sa condamnation à mort :

« Accusé, monsieur D…, levez-vous, je vous prie. C’est là une formalité prescrite par la loi, sans cela, je me ferais un scrupule de vous déranger. Vous êtes inculpé d’un crime qualifié d’assassinat, je crois.

A mon grand regret, le jury vous a déclaré coupable. J’ai malheureusement, tout en réservant mes sentiments personnels, à vous annoncer que vous devez être pendu par le cou jusqu’à ce que vous soyez mort, mort, mort ! Maintenant, je vous prie, rasseyez-vous. Permettez-moi encore une question : à quelle heure vous serait-il le plus convenable d’être pendu ? »

« Le Voleur illustré. » Paris, 1869

Singulier condamné à mort

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tribunal-revolutionLe Tribunal Révolutionnaire condamna, le dimanche 17 novembre 1793, un chien à la peine de mort. Un chien !

Ce jour-là, un ancien recruteur du nom de Saint-Prix prenait place sur les gradins. Peu de monde dans la salle. La fournée était médiocre. On se réservait pour de plus beaux feux de file. Ce Saint-Prix était accusé de propos contre-révolutionnaires. Une de ses voisines s’était informée s’il allait monter sa garde, ce à quoi il avait répondu :

Je ne suis pas fait pour monter la garde avec des gueux et des scélérats.

Et il avait ajouté avec un soupir de regret :

J’aime mieux l’ancien régime que le nouveau.

Ce délit le menait devant des juges impitoyables, qui frappaient sans appel. Ils avaient condamné des accusés coupables de moindres forfaits. La sentence à l’égard de Saint-Prix fut celle qu’on attendait, mais cette sentence frappait en même temps le chien du recruteur. Cette bête avait été dressée à signaler les inconnus s’approchant du logis de son maître. Un jour, un porteur d’un ordre de garde pour Saint-Prix fut harponné au mollet par la bête vigilante. Ce témoignage la condamna, et le lendemain, lundi, 18 novembre, le jugement était mis à exécution. Les Archives nationales ont conservé les pièces de ce singulier procès et c’est d’après elles que nous allons reconstituer son épilogue.

Une lettre jointe au procès-verbal en informait Fouquier-Tinville, le jour même.



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Vers midi, le commissaire du comité de surveillance des Tuileries, nommé Claude-Charles George, était parti avec l’inspecteur de police Pierre-Louis Hostaux, vers une maison nommée Le Combat du Taureau, qui, quoique le procès-verbal soit muet à cet égard, était vraisemblablement un cabaret ou une hôtellerie, car il est dit que cette maison est tenue par le citoyen Maclart. A l’arrivée des deux hommes, le citoyen Maclart se trouvant absent, sa femme reçoit les visiteurs. Solennellement, ils exhibent à la femme étonnée l’ordre du Tribunal Révolutionnaire qui ordonne l’exécution du chien. On la somme, au nom de la loi, de présenter la bête, formalité à laquelle elle se soumet sans répliquer. Elle va dans la cour de la maison, détache la bête de la niche où elle dormait, et l’amène devant le commissaire et l’inspecteur.

A ce moment un grave débat surgit entre les personnages. Lequel des deux assommera la bête ? Sera-ce Pierre-Louis Hostaux ou Claude-Charles George ? L’un et l’autre s’y refusent, et la citoyenne Maclart ne peut décidément accomplir, elle, ce à quoi se refusent les deux hommes. Sans doute, pour mettre fin à la discussion, leur propose-t-elle un moyen terme. A quelques pas de là, au Combat, se trouve un poste de gardes nationaux. Là, on pourrait requérir un homme qui exécuterait le jugement. L’ingénieuse proposition de la citoyenne Maclart est adoptée, et George, son ordre du Tribunal Révolutionnaire toujours à la main, court au poste.

Pendant ce temps, la bête jappe, saute, gambade. Bientôt le commissaire de la section des Tuileries revient, accompagné du citoyen Bonneau, sergent de la section des Arcis, de garde au poste. On peut malaisément croire que le sergent ait accepté la proposition de George. Sans doute celui-ci l’a-t-il simplement requis comme témoin. Quoi qu’il en soit, il accompagne le commissaire, et devant la citoyenne Maclart et en présence du sergent, le chien de Saint-Prix est abattu à coups de bâton.

Et, gravement, les quatre assistants signent le procès-verbal de cette exécution. La femme Maclart se charge sans doute de l’inhumation du cadavre. Le sergent regagne son poste, les deux envoyés de la section des Tuileries, leur comité. Justice est faite.

Hector Fleischmann. »Anecdotes secrètes de la Terreur. » Paris, 1908.

Palmes et rubans

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On les a distribués les rubans violets par milliers, lors du 14 juillet, mais assez honnêtement. Il faut reconnaître que l’administration, cette année, a réagi contre la facilité déplorable avec laquelle on distribuait les palmes, et dont voici un exemple :

A Nîmes, M. Gaston Doumergue fit accorder un jour les palmes au gardien du Jardin de La Fontaine, parce que celui-ci se plaignait de ne pas les avoir.

Comment ! s’écria M. Doumergue quand il connut le désir de cet excellent homme, j’ai été cinq fois Ministre de l’Instruction publique et il y a encore des Nîmois qui n’ont pas les palmes ? Ce n’est pas admissible ! Vite, qu’on les donne au gardien de La Fontaine.

Souhaitons que si l’on met bon ordre au gaspillage des palmes académiques, on veille aussi au respect dû à la Légion d’honneur. On jase fort, à ce propos, de la déception d’un poète qui usa en vain de ses relations à la préfecture et à la mairie, paraît-il, pour avoir un ruban rouge au titre « Régionalisme…. » Il y a des gens qui ont tous les toupets !…

Nous espérons bien que l’ opinion publique dénoncera ces petites intrigues. La mendicité est interdite. Il ne suffit pas de s’être fait nommer par un groupe d’amis président de quelque petit club ou d’avoir montré (dans un dessein bien personnel) une vague activité lyrique, pour mériter ce que d’autres ont acquis par leur génie, leur dévouement ou leur courage.

Si l’on veut honorer le Régionalisme en Limousin, qu’on décore Jean Nesmy, qui vient d’être couronné par l’Académie française; qu’on décore René Farnier, véritable artisan de la renaissance du terroir.

Ceux-là d’abord. On verra plus tard, pour les mendiants…

« La Revue limousine. » Limoges, 1926.

Un mari battu légalement

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Dans l’état de Maryland, pays du tabac, on vient de passer à tabac un mari convaincu d’avoir battu sa femme. Le coupable pour lequel on a rétabli la peine du fouet, est un Allemand ivrogne et brutal, nommé Eisemberger.

Nu jusqu’à la ceinture, attaché à un poteau dans la cour de la prison, il a reçu treize coups de fouet dont chacun a laissé sa trace sur la peau, sinon dans l’esprit du condamné.

Le brave Allemand a promis de ne plus recommencer, mais c’est un serment d’ivrogne et il est probable que John Eisemberger devra présenter à nouveau son échine aux verges légales.

« Le magazine Français. » Paris, 1903.

Le mariage ou la corde au cou

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Il existait autrefois dans le canton de Vaud un usage favorable aux criminels, et que l’on trouve rappelé dans le coutumier manuscrit de ce pays. Il est conçu dans les termes suivants:

« Si quelques hommes ou femmes à marier viennent à commettre crimes, pour lesquels ils soient jugés à mort, icelle adjudication nonobstant, s’il vient une fille ou un fils, selon le sexe de conjonction, qui n’aurait été marié, requérir à la justice le condamné pour l’avoir en mariage, il lui sera délivré sans prendre mort, et abandonné en liberté et franchise, etc., etc. »

La personne qui délivrait ainsi le criminel en l’épousant était aussi tenue de payer les frais du procès.

Pendant le dix-septième siècle, un jeune homme, coupable de vol, fut condamné à être pendu a Romont. une fille voulant lui sauver la vie, se rend au lieu de l’exécution, réclame la coutume du pays en faveur du patient, en s’offrant à l’épouser. Ce malheureux était déjà sous le gibet. Il regarde celle qui lui apportait avec tant de générosité une espérance de salut, et l’ayant fixée un instant, il frappe sur l’épaule du bourreau:

Compère mon ami, lui dit-il, allons notre petit train; elle est borgne.

Puis montant lestement l’échelle, il subit sa sentence.

Exécutions en effigie

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effigie

L’usage des exécutions en effigie était jadis à peu près général. Il nous venait des Grecs, chez lesquels on faisait communément le procès aux absents. S’ils étaient condamnés, comme nous disons aujourd’hui, par contumace, on suppliciait leur image, ou bien on écrivait leurs noms, avec la sentence, sur des colonnes dressées dans la place publique.

On cite à ce propos le fait dérisoire du roi de Castille, Pierre, dit le Cruel, qui, voulant se faire passer pour juste, et montrer qu’il était passible des mêmes peines que ses sujets, livra un jour son effigie à la justice, pour qu’on lui coupât la tête en expiation d’un meurtre qu’il avait commis dans un moment de colère. Il ordonna même que cette terrible exécution eût lieu devant son palais, afin qu’il put y assister, spectacle qui, naturellement, dut lui procurer une distraction assez originale.

Henry Estienne, le célèbre imprimeur, poursuivi pour son Apologie d’Hérodote, qui contenait de violentes attaques contre l’Église romaine, prit la fuite et dut errer assez longtemps sans trouver un asile sûr. Il fut condamné à être brûlé en effigie. Depuis, ayant connu la date du jour où cette sentence avait été exécutée, et se rappelant qu’au même moment, il vagabondait en plein hiver, il disait en plaisantant :

« Je n’ai jamais eu si froid que le jour où je fus brûlé. »

« Curiosités historiques et littéraires. » Eugène Muller, C. Delagrave, Paris, 1897.